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Les cirques



Constat

La France compte environ 200 cirques traditionnels possédant approximativement 1200 animaux sauvages. La situation est mauvaise : animaux laissés sans soins, mortalité élevée, dressage traumatisant, trafic de diverses espèces, etc. La répression des mauvais traitements ou des actes de cruauté infligés aux animaux domestiques, apprivoisés ou tenus en captivité, est rarement appliquée aux cirques et aux autres spectacles d’animaux. Lorsque des procédures sont engagées, les peines infligées sont trop légères. La réglementation concerne la sécurité du public, les dispositions sanitaires, le bien-être des animaux et leur condition de détention. Ces textes sont insuffisants même si l’article R.* 214-84 du code rural interdit le dégriffage et l’emploi de drogues pour les animaux participant à un spectacle. Plusieurs pays européens, depuis de nombreuses  années, comme le Danemark, la Suède ou plus récemment  l’Autriche interdisent la détention des animaux sauvages dans les cirques, ce qui souligne le retard de la France dans ce domaine.
Pour aller plus loin, nous vous recommandons de vous procurer le document guide préparé et édité par notre Fondation : « Un cirque ou un montreur d’ours dans une commune : le maire veille au respect de la réglementation ».

Captivité et transport

Les animaux détenus par les cirques, pour la présentation sur la piste ou l’exposition en ménagerie, sont très divers: lions, tigres, éléphants, ours, singes, otaries, chevaux, lamas, dromadaires, perroquets etc. Certaines espèces sauvages, comme les éléphants, sont encore capturées dans la nature. La détention des animaux, pour inconfortable et exiguë qu’elle soit dans les établissements fixes, est déplorable dans les établissements itinérants. Entre deux déplacements, les fauves restent 90% du temps dans les camions-cages, les éléphants sont enchaînés, les ruminants et les chevaux sont attachés à l’extérieur souvent sans abri pour les protéger de la pluie ou du soleil. Les animaux, du fait de leur condition de détention en espace restreint,  présentent, pour la plupart, des comportements stéréotypés anormaux ou de graves états dépressifs, en particulier pour des espèces vivant en société, comme les singes.
Les cages de verre pour les reptiles, l’eau chlorée pour les mammifères marins, les doubles-fonds réfrigérés pour les serpents, l’obscurité totale ou l’éclairement intense, le musellement sont d’autres formes de mauvais traitements. Les animaux de cirque et de ménagerie sont transportés dans des cages minuscules, ou bien ils sont enchaînés ou entravés dans des conditions qui ne leur permettent aucun mouvement. La durée des trajets est longue et incompatible avec leur bien-être.
Le transport est une des causes les plus élevées de mortalité.

Le dressage

Le dressage des animaux d’espèces sauvages est une atteinte grave à l’animal, à qui est imposé un comportement anormal parfois incompatible avec son anatomie ou sa physiologie et  ne peut se faire que par la contrainte physique. Lors des séances de dressage, le dresseur est assisté par du personnel qui l’aide à maîtriser l’animal. Le lasso, la barre de fer, le fouet, le gourdin sont des instruments utilisés régulièrement lorsque les menaces de la voix et du geste ne sont pas suffisantes. La crainte est constante chez les animaux: à la simple vue du fouet, leur rappelant les coups sur les flancs, la tête, les pattes, ils anticipent les ordres qui vont leur être donnés et adoptent des postures, des expressions faciales, des mouvements de queue et d’oreilles significatifs de la peur. La privation de nourriture est l’une des techniques utilisées par le dresseur pour obtenir ce qu’il veut de l’animal : la récompense donnée pendant le spectacle est un leurre qui sert à tromper le public sur les relations entre le dompteur et l’animal.

Les accidents

Les ours, les fauves et surtout les éléphants sont des animaux dangereux et imprévisibles pour les dresseurs mais aussi pour le public, les enfants étant particulièrement exposés. Les accidents finissent toujours en tragédie, tant pour l’homme que pour l’animal.

L’éducation

Le rôle pédagogique évoqué par les cirques est en réalité négatif, car contradictoire avec les buts de l’enseignement public des sciences naturelles, à commencer par celui de la vie des animaux et de leurs comportements dans la nature. La captivité, l’exhibition, le dressage et la mise en scène de ces animaux dénaturés  sont à l’opposé même de toute éducation civique  au respect de la vie et de la nature.

Position de la LFDA

La Fondation condamne sans réserve tout dressage d’animal sauvage, qu’il soit pratiqué par la récompense ou la punition ainsi que sa captivité. Elle considère que l’animal domestique, tel le cheval ou le chien, peut participer à un spectacle dès lors qu’il ne lui est pas imposé d’exercer un numéro contraire à son anatomie, à sa physiologie et à son comportement.
La LFDA estime que la réglementation française est largement insuffisante dans ce domaine et qu’il devrait être créé une directive européenne pour uniformiser de façon positive les conditions des animaux dans les cirques.

Propositions de la LFDA

La Fondation souhaite la mise en place d’une nouvelle réglementation contraignante aboutissant à terme à la disparition des numéros d’animaux sauvages dans les cirques et autres spectacles.
En 2000, elle a publié un rapport intitulé « La condition des animaux dans les cirques ». Cette publication  aborde tous les problèmes liés à ce sujet et propose une série de mesures à mettre en place. A titre de mesure transitoire, les cirques pourraient conserver temporairement quelques individus d’espèces sauvages dont la liste serait limitée par la réglementation, excluant celles qui supportent mal la captivité comme éléphants, ours, girafes, hippopotames, primates, otaries. Le bien-être des animaux domestiques ou non devrait être renforcé. Il serait interdit d’entreprendre le dressage d’un nouvel animal sauvage d’espèce à détention autorisée, même né en captivité, pour qu’à terme les animaux d’espèces sauvages disparaissent du monde du cirque. Toute méthode de dressage qui entraîne la peur, (par exemple l’utilisation du feu pour le dressage ou pour le spectacle), la douleur physique ou psychique chez un animal ou  qui lui impose un comportement artificiel devrait  être interdit. La Ligue propose d’inclure aussi dans cette nouvelle réglementation : l’instauration d’un certificat d’aptitude professionnelle au dressage pour une seule espèce, l’interdiction de louer les animaux du cirque à d’autres  usages (publicité, film, émissions tv, photographies) ou encore l’obligation pour tout cirque,  d’informer  à l’avance les communes de leur projet d’installation, dans un délai fixé par la réglementation afin qu’elles prévoient un lieu de stationnement adapté à leurs besoins et puissent  faire procéder à des  contrôles administratifs réglementaires préalables à la délivrance de l’autorisation de stationnement.
Même dans les conditions réglementaires actuelles, chacun peut contribuer à améliorer la situation des animaux de cirque. Par exemple, s’il est annoncé qu’un cirque présentant des animaux sauvages va s’installer dans une ville, il faut rappeler aux autorités et aux médias locaux les réglementations applicables aux cirques, (mentionnées dans la rubrique Conseils juridiques de ce site), exiger leur stricte application en réclamant le contrôle de l’établissement. D’une façon générale il faut s’abstenir d’assister à tout spectacle présentant des animaux sauvages. Il convient de sensibiliser son entourage et de privilégier les cirques sans animaux et enfin d’avertir la LFDA ou les autorités compétentes (gendarmerie, police, préfecture, direction départementale des services vétérinaires ou les gardes de l'office national de la chasse et de la faune sauvage, de toute  anomalie qui porte atteinte au bien-être  des animaux et dont on  serait  le témoin direct.

Montreurs d’ours

En France, il reste huit entreprises de montreurs d’ours dressés qui exhibent ces animaux dans des cirques et dans des spectacles de rue. La captivité et le dressage particulièrement contre-nature imposent un comportement artificiel et anormal, ce qui ne peut qu’engendrer des traumatismes physiques et psychologiques chez l’animal. Un ours exhibé en public présente un risque réel d’accident pour le public mais aussi pour les dresseurs eux-mêmes. La cession pour le dressage d’oursons nés en captivité demeure opaque même si des zoos et des cirques y jouent un rôle certain.
En 2003, la LFDA, entre autres publications, a édité le rapport « Liberté pour les ours » dénonçant les méthodes de dressage et l’exhibition des ours dans tous les spectacles ; ce document prend exemple de la Bulgarie qui a rejoint la Grèce et la Turquie en interdisant sur leur territoire la tradition des ours dansants. Il conclut par des propositions consistant à figer la situation actuelle, notamment en stérilisant systématiquement les ours dressés et en interdisant le dressage de tout nouvel ours. Ces mesures doivent amener à la disparition progressive de ces spectacles d’un autre temps.
Les montreurs d’ours sont engagés notamment pour animer des fêtes médiévales, des foires, des marchés de Noël et des centres commerciaux.
Il faut avertir la LFDA avec le maximum de détails (date, lieu, photographies) pour qu’elle intervienne auprès des organisateurs sur les conséquences de l’acceptation d’un tel spectacle. Informer les organisateurs de ces fêtes, lesquels ignorent généralement les conditions de vie des animaux ainsi que les dangers inhérents à ces spectacles, aboutit parfois à  les faire annuler et souvent à ne pas les renouveler.

Autres spectacles : publicités, émissions télévisées, cabaret, théâtre, cinéma

Publicité        

Les spots publicitaires utilisent régulièrement l’animal qui fait partie de notre patrimoine culturel, et dont la présence rassure le futur consommateur. D’une part sa symbolique est grande et universelle : vitesse du guépard, puissance de l’ours, gentillesse du dauphin, noblesse du cheval, etc. impliquant une qualité du produit vendu : fiabilité, esthétique, résistance. D’autre part, le publicitaire peut rendre l’animal ridicule et lui faire dire n’importe quoi sans craindre la censure. L’animal est malgré lui un « bon vendeur » et toutes les espèces sont mises à contribution, de l’animal domestique (chien, chat, cheval) aux espèces sauvages. Les animaux  proviennent de zoos, de cirques, de sociétés de location ou encore de propriétaires particuliers. Le tournage d’une publicité nécessite un dressage contre nature et des heures d’attente dans des cages ou à l’attache, des transports parfois longs, et la présence de personnels inconnus de l’animal et manquant souvent de compétences. La répétition des prises de vue dure plusieurs heures avec, en particulier pour les individus d’espèces sauvages, un stress permanent dû aux bruits et aux odeurs inhabituels, à la chaleur et à la lumière intenses des studios. Plusieurs sociétés de production utilisent des images de synthèse très réalistes qui ont l’avantage d’éviter cette utilisation abusive des animaux vivants. Dans tous les cas, le consommateur  reste le décideur final, et il lui est simple de sanctionner telle ou telle marque en refusant d’acheter tout produit dont la promotion publicitaire a fait appel à un animal sauvage vivant, dressé ou non, captif ou capturé.

Émissions télévisées, cabarets et théâtres

Des chaînes de télévision, des cabarets, par exemple pour une revue de magie  ou des théâtres pour les besoins d’un spectacle, s’adressent aux mêmes loueurs que pour les publicités. Sur le plateau de l’émission ou la scène du spectacle,  l’animal stressé par l’ambiance inhabituelle, peut présenter un danger pour les animateurs et les spectateurs.  De leur côté les animaux peuvent être victimes d’accident, électrocution  par les câbles de projecteurs, empoisonnement par des produits utilisés dans les décors. Ils sont de plus involontairement malmenés par les présentateurs… Les animaux sont toujours  les « souffre-douleurs » de ces émissions de variétés ou  de divertissements qui pensent leur présence nécessaire  pour provoquer le rire ou la peur. Certaines productions dites de  téléréalité vont jusqu’à faire  vivre des candidats parmi des animaux ; d’autres encouragent les protagonistes à les tuer pour s’en nourrir.
Par ailleurs, les séries cultes, montrant des scènes d’agression sur des animaux peuvent exercer une influence nocive sur certains jeunes téléspectateurs, qui peuvent reproduire les comportements violents auxquels ils ont assisté.
Lorsqu’une émission  ou un spectacle est dégradant pour l’animal, susceptible de le blesser ou de mettre sa vie en danger, ou banalise la violence, il faut écrire au directeur de la chaîne diffusant ce programme ou à celui de l’établissement de spectacle en expliquant vos réactions de manière ferme mais argumentée et courtoise, en adressant une copie de ce courrier à la Fondation LFDA.

Cinéma

A partir de 1978, la LFDA, avec le soutien de la comédienne Suzanne Flon (qui fut vice- présidente de la Ligue) a lancé la Déclaration des professionnels du cinéma en faveur des animaux qui a recueilli des centaines de signatures* de producteurs, de réalisateurs et d’acteurs, notamment au cours du Festival de Cannes de 1983 où la LFDA était présente. Le but de cette opération était de sensibiliser le monde du cinéma au respect du bien-être des animaux enrôlés dans les films. En effet, pour des besoins de scénario, beaucoup d’animaux étaient volontairement amaigris, ou blessés ou mis à mort, et parfois dégriffés ou édentés pour satisfaire aux conditions de sécurité du tournage. Des mauvais traitements sur animaux peuvent aujourd’hui encore persister lors de certains tournages à l’étranger, mais faute de réglementation locale, il n’existe malheureusement aucun recours juridique à l’encontre des réalisateurs ou des acteurs même français qui en seraient les auteurs. En tant que spectateur, il faut se dispenser de voir un film dont le tournage a été révélé comme étant source de mauvais traitements. Aujourd’hui la qualité parfaitement réaliste des effets spéciaux, des images de synthèse et des maquettes robotisées permettent non seulement d’éviter d’utiliser les animaux vivants mais même de redonner vie à des espèces préhistoriques !

* Parmi ces signatures celles de : Anouk Aimée, Richard Anconina, Brigitte Bardot, Jean-Paul Belmondo, Claude Brasseur, Alain Delon, Catherine Deneuve, Isabelle Hupert, John Huston, Francis Huster, Klaus Kinski, Jerry Lewis, Michael Lonsdale, Lea Massari, Pierre Mondy, Monica Vitti, Michael York…


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