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Constat

En 2006, avec 10 millions de chats, 8,1 millions de chiens, 35 millions de poissons, 3,7 millions de d'oiseaux et 2,9 millions de rongeurs et de lapins, la France est le pays d’Europe qui détient le plus grand nombre d’animaux familiers par foyer. Cet engouement s’explique d’abord parce que l’animal est un lien à la vie et au monde animal, et aussi parce qu’il joue un rôle social et psychologique dont l’importance dans nos sociétés urbanisées ne cesse d’être démontrée.


Acquérir un animal

C’est un choix de toute la famille. C’est un engagement sur plusieurs années qui entraine des contraintes (frais vétérinaires, sorties régulières, vacances ou placement assuré durant ces périodes, etc.). Le mieux est d’adopter un animal dans un refuge : on y trouve des « bâtards » et aussi des animaux de race qui tous attendent de nouveaux maîtres.

Si l’on souhaite un animal avec pedigree, il faut s’adresser à un éleveur spécialisé dans une seule race, signe de sérieux. Au sujet des petites annonces dans les journaux, la Ligue des droits de l’animal attire l’attention sur l’article L.214-8 V du code rural : « Toute publication d’une offre de cession de chats ou de chiens doit mentionner soit le numéro Siret de l’éleveur s’il s’agit d’un professionnel, soit le numéro d’identification de chaque animal, soit le numéro d’identification de la femelle ayant donné naissance aux animaux ». Qu’il soit donné ou vendu par l’intermédiaire d’une annonce, l’animal doit être tatoué ou être porteur d’une puce électronique. Les annonces qui proposent plusieurs races ou des facilités de paiement sont à éviter.

Les animaleries sont le dernier endroit où acheter un animal de compagnie. Des témoignages quotidiens relatent des litiges avec ces magasins où les animaux sont fréquemment porteurs de maladies, dont des vices rédhibitoires ; dès leur achat, ils demandent des soins vétérinaires, et ils peuvent mourir peu de temps après leur arrivée au foyer. Plusieurs enquêtes judiciaires ont démantelé des trafics de chiens importés illégalement d’Europe de l’Est. Les chiots élevés dans de mauvaises conditions sanitaires étaient importés en France ; leur âge et leur origine étaient falsifiés.

Lors de tout achat des documents sont à exiger auprès du vendeur (attestation de cession, carnet de vaccination, etc.).  Consulter la rubrique « conseils juridiques » pour en savoir plus et connaître les recours juridiques possibles.


Les abandons

Même si l’abandon est considéré comme un acte de cruauté et puni par 30 000 € d’amende et deux ans d’emprisonnement (article 521-1 du code pénal), il y a chaque année, en France, 60 000 animaux abandonnés au moment des vacances. Il est important de responsabiliser les futurs propriétaires et de leur faire prendre en considération toutes les contraintes inhérentes à l’achat d’un animal. L’abandon n’est pas une fatalité, des solutions existent !


Faire garder son animal durant une absence

En premier lieu, pour rendre ce service pendant les vacances, essayer de trouver une personne de confiance, qui connaît bien les besoins des animaux domestiques.

Les pensions proposent de garder les animaux familiers, souvent dans des boxes individuels. Le tarif varie suivant la taille et l’espèce de l’animal (chien ou chat) et la durée de garde. La Fondation conseille de se renseigner sur la réputation de la pension, par exemple auprès de vétérinaires, et de faire une visite impromptue pour avoir une idée de la qualité des services proposés. Sur demande, la LFDA peut indiquer un guide pratique de toutes les pensions en France.

Certaines sociétés proposent de faire garder l’animal de compagnie sur place par des personnes âgées qui s’occupent aussi de l’entretien du domicile. D’autres organismes offrent un hébergement de l’animal en famille d’accueil. Enfin, il existe la visite à domicile : l’animal est nourri et sorti, les plantes arrosées et le courrier ramassé.

  • Ani-seniors services, 6 rue des Vignes, 91450 Etiolles, tél : 01 69 89 99 77, www.ani-seniors.fr
  • CaniMinet, 10 rue de Chantilly, 60270 Gouvieux, tél :03 44 57 20 49 – 06 09 87 04 29, www.caniminet.com
  • Seniors et Compagnie, 113-115 rue Danielle Casanova, 93200 Saint-Denis, tél : 01 48 09 09 81
  • Résidence Part’ners, tél : 02 48 74 64 33
  • Dog et cat sitter : www.animado.com ou tél : 01 40 35 71 51
  • www.dogsitting.fr ou tél : 0892 70 11 60


Les Nouveaux Animaux de Compagnie ou NAC 

On comprend par “Nouveaux Animaux de Compagnie”, des animaux d’espèces non domestiques qui deviennent, par un effet de mode notamment, des animaux de compagnie. Il s’agit non seulement de petits mammifères sauvages, oiseaux et poissons exotiques mais aussi de reptiles (tortues, serpents, lézards, voire crocodiles), ainsi que des batraciens et des araignées, etc. Ces animaux seraient issus d’élevages, mais ils sont très souvent capturés dans la nature et importés vivants d’autres continents (Afrique, Australie, Amérique, etc.).


Les propriétaires de NAC sont rapidement confrontés à la vie inadaptée en captivité de leurs pensionnaires. Certaines espèces mènent une vie nocturne, d’autres vivent dans l’eau de mer. D’autres encore demandent un régime alimentaire particulier, fruits, insectes, nectar, petits mammifères vivants. De grandes connaissances, suivant les espèces, sont requises pour offrir un milieu naturel imitant au mieux l’environnement d’origine, mais sans jamais le reconstituer parfaitement comme l’exige pourtant l’obligation de satisfaire les besoins physiologiques et comportementaux de l’espèce. Ce pourrait être le cas de spécialistes ou de scientifiques mais certainement pas d’une personne novice même passionnée. 

Ces animaux peuvent se révéler dangereux pour l’acquéreur et son environnement familial (morsures, griffures) ; ils risquent aussi de transmettre à l’homme une maladie ou une infection (zoonose). Face à ces difficultés, les propriétaires abandonnent les animaux dans la nature. Les animaux tropicaux relâchés représentent également une réelle menace pour la faune et la flore locale.

Ce commerce est avant tout un trafic d’animaux puisque l’élevage est encore trop peu productif pour faire face à la demande. Le trafic d’animaux sauvages, en termes de profits financiers, arrive au deuxième rang de la fraude mondiale après le trafic de drogues et avant le trafic des armes. Entre la capture, le stockage, les conditions de transport effroyables et l’arrivée finale chez un animalier, seul un animal sur dix en moyenne arrive vivant à sa destination. Ce trafic aggrave lourdement les menaces d’extinction rapide qui pèsent sur de nombreuses espèces.

Les espèces sauvages sont classées en plusieurs annexes suivant leur rareté et protégés par la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de la faune et de la flore sauvages menacées d’extinction) appelée aussi Convention de Washington. Les espèces classées en annexe I et II ne doivent pas être vendues dans un but commercial puisqu’elles sont rares.

Depuis les deux arrêtés du 10 août 2004, un propriétaire de NAC doit obtenir un certificat de capacité délivré par la Direction des Services Vétérinaires du département où il est domicilié prouvant sa compétence à détenir en captivité un animal sauvage. Cette réglementation vise à répertorier les propriétaires de NAC et à les responsabiliser.


Position de la LFDA

L’animal est un être vivant et sensible. Il n’est pas un jouet inerte. Responsabiliser votre entourage et vos enfants sur ce sujet est une façon aussi de leur apprendre à respecter l’individu animal. Choisir son compagnon dans un refuge est la première solution face aux abandons ; adopter est mieux qu’acheter, même à un éleveur. Depuis des années, la LFDA demande la fermeture des animaleries en période des fêtes de fin d’année pour diminuer les achats « coup de cœur » d’un « animal jouet ». Elle conseille aux propriétaires de stériliser leurs animaux, notamment les chats, pour éviter les fugues et les reproductions incontrôlées qui sont à l’origine des colonies de chats errants.

Afin de ne pas de nuire au bon équilibre psychologique des animaux, elle conseille de prendre garde aux projections affectives excessives et anthropomorphiques et de bien prendre connaissance auprès des vétérinaires comportementalistes et dans les ouvrages spécialisés, des règles de conduites à adopter à l’égard des chats et surtout des chiens pour ne pas induire de troubles du comportement désagréable voire dangereux. Elle recommande enfin  pour la santé des animaux de prendre conseille auprès des vétérinaires et dans les ouvrages pratiques pour donner aux animaux un régime alimentaire équilibré et adapté à la taille et à l’espèce.

Faire garder son animal pendant les vacances est possible. Si l’animal a la chance de partir avec ses maîtres, il faut se renseigner auprès des offices de tourisme pour connaître les hôtels, campings ou locations qui acceptent les animaux, et savoir si des plages sont ouvertes aux chiens. En cas de voyage à l’étranger, demander si les compagnies aériennes ou ferroviaires acceptent les animaux. Rappel : ne jamais laissez un animal dans une voiture même à l’ombre et la fenêtre ouverte ; le soleil tourne et la chaleur à l’intérieur du véhicule peut lui être fatal. En cas de canicule, il est nécessaire de porter les chiots et les chiens de petite taille, et de tremper les pattes des chiens dans de l’eau fraîche après la promenade.

Les animaux domestiques doivent être identifiés. La LFDA donne la priorité au tatouage par rapport à la puce électronique pour plusieurs raisons. Le tatouage est ineffaçable et il est lisible par tous ; toute personne qui trouve un animal peut lire son tatouage, téléphoner au fichier central félin ou à la Société Centrale Canine. Le tatouage facilite les recherches en cas de perte ou de vol et permet à quiconque de retrouver facilement le maître ; cela n’est pas le cas avec une puce électronique. La puce nécessite un appareil spécial pour sa lecture ; de plus, elle peut être effacée ou enlevée. Cependant, la puce est en passe de devenir une exigence européenne ; en conséquence, la double identification, tatouage et puce, est la meilleure solution.

Chacun peut agir contre la mode des Nouveaux Animaux de Compagnie en refusant d’acheter un animal sauvage, reptile, singe, insecte, poisson tropical ou oiseau exotique, qui peut provenir d’un trafic et qui n’a pas sa place en captivité. Une réglementation européenne devrait interdire la détention des animaux d’espèces sauvages par des particuliers au triple motif de la sauvegarde des espèces, du bien-être de l’animal, et de la protection de la santé publique. De même que lors de voyages, il ne faut acheter ni animaux vivants, ni souvenirs composés de parties d’animaux : ceintures en peau de serpents, sacs à main en cuir de caïman, hippocampes séchés, dents de requins, lunettes en écailles de tortue, tapis en fourrures, insectes inclus en plastique, etc. La LFDA recommande à chacun de devenir un éco-citoyen modèle qui respecte la vie en n’entretenant pas ce marché d’animaux sauvages.


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