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Actualités
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La frontière homme-animal en morale et en art
L'animal-objet,une conception en opposition au développement durable du "petit prince"
Chiens-objets,chiens sensibles, chiens dangereux
Trois quotidiens du Centre référencent et citent le Bulletin de la LFDA
Un collectif pour des cirques sans animaux
Le respect des animaux une préoccupation éthique
Chasse, suite, et un beau jour, fin...
Respect animal : en lien avec les courants philosophiques de l'histoire
A la radio, complémentarité des droits de l'homme et des droits de l'animal
Droits de l'animal : un danger ? Mais pour qui ?
Quelle est l'âme du cheval?
Les droits de l'animal, un concept dur à avaler ?
Des articles du Bulletin d'informations de la LFDA, repris dans la presse associative régionale
Pour une éducation civique à la nature
Quand le débat "Animal et Société" fait débat
"Que faisons-nous des animaux de divertissement ?"
Le chien et la loi
Bioéthique et expérimentation animale
Rencontres "Animal et société", un décevant "Grenelle" du bien- être animal
La LFDA partenaire de la plateforme nationale pour les méthodes alternatives en expérimentation animale
"Homme et Animal : de la douleur à la cruauté », le nouvel ouvrage de la LFDA référencé"
Ethique animale
Les clubs jeunes SPA à l’honneur
Les Saigneurs des Seigneurs de la mer
Le statut de l’animal aux rencontres « Animal et société »
Vétérinaires: pour ou contre une évolution du régime juridique de l'animal?
L'animal-être sensible au laboratoire
Quand le site de la fondation LFDA est conseillé
Mieux protéger l'avifaune de la Côte d'Azur
Les animaux sont-ils des choses ?
Sévices sexuels envers un animal
Vers une éducation au respect de l'animal à l'école et dans les grandes écoles
Apologie de la corrida : retour sur une maltraitance festive
Homme et animal, de la douleur à la cruauté : le thème d'un important colloque
Pour la vie des hommes… et des bêtes
Quoiqu'en pensent de célèbres amateurs de corrida
Les animaux sont-ils des hommes comme les autres ?
Les animaux ne sont pas des meubles
Cirques, zoos, parcs animaliers : des espaces en voie de disparition ?
Le droit de l'animal précisé dans un ouvrage de référence
Protéger l'animal, c'est nous sauver nous-mêmes
La LFDA soutient deux autres associations dans leur recours contre l'arrêt d'un Préfet
La LFDA au sommet inter associatif anti corrida à Lisbonne
Candidats, et les bêtes ?
Expérimentation animale : au-delà des pieux discours
Humanité, animalité : quelles frontières ?
Vers un label « bien-être animal » dans la grande distribution ?
Gouvernés sans gouvernants.
Une proposition de règlement européen sur le commerce des fourrures de chat et de chien ..
Le foie gras maigrit
La frontière homme-animal en morale et en art
L'hebdomadaire La Dépêche vétérinaire du 16 mai 2009, rend compte du nouvel ouvrage de Georges Chapouthier (directeur de recherche au CNRS et vice-président de la Fondation Ligue française des droits de l'animal) : Kant et le chimpanzé. Essai sur l'être humain, la morale et l'art, publié aux Editions Belin.
"Biologiste et philosophe, Georges Chapouthier livre, dans ce nouvel ouvrage sa réflexion sur la frontière homme-naimal et propose une nouvelle vison de l'être humain. A travers le rappel de la façon dont les différentes civilisations ont situé les animaux et en s'appuyant sur les arguments démontrant l'existence d'une animalité chez l'homme, il répond aux questions sur le stut de la morale et de l'esthétique, deux "spécificités humaines" qui pourraient bien être imprimées d'animalité."

L'animal-objet,une conception en opposition au développement durable du "petit prince"
Le mensuel Nouvelles rive gauche n°338 de mai 2009, dans son dossier sur le développement durable, publie les réflexions de Georges Chapouthier (directeur de recherche au CNRS et vice-président de la Fondation Ligue française des droits de l'animal) sur la philosophie occidentale à ce sujet.
"La philosohie qui baigne l'Occident depuis près de trois siècles remonte à l'époque classique at aux écrits de descartes? Pour Descartes, le corps est une machine, et en ce sens, ce grand philosophe fonde la biologie , qui analyse justement le corps comme un système matériel. Descartes ajoute que, à la différence des animaux, l'homme possède , outre son corps matériel, une âme, au sens chrétien du terme. C'est ce que l'on appelle le dualisme cartésien de l'âme et du corps. Cette position, souvent caricaturée par les successeurs de Descartes, aura beaucoup de conséquences négatives.
Pour l'animal, "dépourvu d'âme", elle conduira à la notion désastreuse d'animal-objet. Pour les rapports avec le monde qui nous intéressent ici la position cartésienne mal comprise a fait de l'homme( surtout blanc, mâle et occidental) le "petit prince" d'une nature sur la quelle il a avait tous les droits. Y compris celui d'en abuser.[...]Les abus et les dégradations de l'environnement commis par le "petit prince" se sont manifestés dans tous les domaines : [...]surexploiation des océans, disparition de nombreuses espèces animales et végétales, épuisement des ressoureces naturelles... A l'orée du XXI e siècle , il faut se rendre à l'évidence que la planète n'est pas inépuisable et que le "petit prince" ne peut plus y avoir tous les droits. D'où cette véritable révolution dans la pensée que constitue le "développement durable".[ ...] contraire à la philosophie qui a baigné notre civilisation depuis trois siècles[...]

Chiens-objets,chiens sensibles, chiens dangereux...
Le bimestriel Animal Santé & Bien-être n°13 de mai/juin 2009 publie sous ce titre un article de Georges Chapouthier,directeur de recherche au CNRS et vice-président de la Fondation Ligue française des droits de l'animal.
"Cela peut paraître une évidence, mais l'animal n'est ni un objet, ni un homme!
Ni un objet. Contrairement à ce qu' avaient pensé les philosophes Descartes et Malebranche, l'animal n'est pas une machine, une idée que, si je puis me permettre un jeu de mots, nous qualifierions volontiers aujourd'hui de "malbranchée"! Mais, de nos jours encore, nous traitons souvent les animaux comme des objets, que l'on songe à la manière, souvent abominable, dont certains propriétaires indignes se débarrassent de leur animal à la veille des vacances?
Ni un homme.Nous ne sommes plus au Moyen-âge où, lorsqu'un animal avait tué un humain, il était traduit devant un tribunal, défendu par des avocats, et éventuellement condamné. Nous ne croyons plus aux chiens qui parlent et se comportent exactement comme nous, sauf dans les fables ou les dessins animés. Pour nous, citoyens du XXIe siècle, l'animal appartient à une troisième catégorie, ni objet, ni homme: celle d'être sensible. Un être doué d'une sensibilité qui le rapproche de nous sans nous être totalement identique.
Donner au chien sa juste place
Mais alors sachons toujours considérer l'animal le plus proche de nous, notre meilleur ami, le chien, à sa juste place.Sans vouloir choquer ceux qui entretiennent avec leur chien une relation affective exemplaire,et dont on ne peut que se réjouir, rappelons-leur que les chiens ne voient pas le monde comme nous et qu'ils ne pensent pas comme nous. Leur vision de jour est moins bonne que la nôtre au contraire de leur bonne vision nocturne et surtout de leur extraordinaire odorat, qui les plonge dans un étonnant monde de parfums que nous avons bien du mal à imaginer. en revanche, malagré leur grande intelligence, ils ne semblent cependant pas capables de supposer que d'autres aient (aussi) un esprit . et contrairent aux chimpanzés ou aux éléphants, ils n'ont pas non plus, semble-t-il, la " conscience d'être conscients".
De la responsabilité de l'homme
Sur le plan de la morale, comme tous les animaux, ils ne peuvent être tenus à la responsabilité de leurs actes, qui reste un trait de l'humanité. C'est dans ce cadre qu'il faut considérer la question (d'actualité) de l'agression canine. Les éthologistes ont montré que, dans certains cas, l'agression peut résulter d'une mauvaise compréhension des signaux comportementaux entre les espèces, qui pourrait expliquer les cas dramatiques où, contre toute attente , des chiens réputés paisibles s'en prennent à des enfants. Malgré la forte relation affective qui les unit, un chien n'est pas un homme. Il ne faut jamis l'oublier. Mais de mauvais dressages, voire des dressages faits, par des humains dévoyés, pour encourager l'agressivité, ont des effets encore plus dévastateurs. Si le rôle des gènes ne peut être négligé dans des races sélectionnées pour la défense (mais aussi parfopis chez des animaux de races réputées paisibles),si la sélection doit s'orienter vers des animaux moins dangereux, l'éducation des chiots constitue, bien sûr, l'essentiel de la solution à cette douloureuse question.
Rappelons donc ici que, dans le cas d'agression canine, c'est en général la responsabilité des hommes qui est en cause. et que, s'il est utile de surveiller la reproduction et l'éducation des chiens( de défense ou non d'ailleurs), il reste encore plus impératif de former le sens moral de leurs propriétaires. Quand j'étais enfant, les écoles dispensaient une bien utile "éducation civique". pourquoi ne pas la reconduire en la modernisant, c'est à dire en y incluant des éléments de respect de la nature et des animaux? C'est seulement en formant convenablement les jeunes que nous pourrons aboutir à une société harmonieuse pour les chiens...et pour les humains."

Trois quotidiens du Centre référencent et citent le Bulletin de la LFDA
Les quotidiens Le Berry républicain , Le Populaire , La Montagne, le 3 mars 2009 indiquent à leurs lecteurs : "La Ligue française des droits de l'animal publie un trimestriel rédigé par des biologistes, zoologistes, professeurs de médecine, philosopohes." Et les quotidiens citent, tous les trois, un extrait d'un article de T. Auffret Van Der Kemp,(directeur de la Fondation LFDA), publié dans le N°60 de janvier 2009:" Le thon rouge qui migre de l'Atlantique à la Méditerranée pour se reproduire ne devrait pas faire l'objet de captures au delà de 15 000 tonnes/an . Mais les prises déclarées ont été de 28 500 tonnes et les frauduleuses estimées à 32500 tonnes, s'indigne la Ligue française des droits de l'animal, mettant en cause la pêche industrielle."
La Montagne dans son édition de Brive du 14 avril cite également un extrait d'un article de T. Auffret Van Der Kemp du Bulletin d'informations de la LFDA N° 61 d'avril 2009: " En décembre, la belette et la martre avaient été retirées de la liste des espèces nuisibles. La Fédération nationale des chasseurs ayant vivement protesté, s'indigne la Ligue française des droits de l'animal, en février 2009, les deux mustélidés ont été réintégrés dans la liste des nuisibles et ... cela par le même ministre qui les en avait sorti." Le quotidien cite aussi l' article " Le bio français en carafe" de Jean-Jacques Barloy et Jean- Claude Nouët: " La Ligue française des droits de l'animal rappelle que le bio français avait été, en 1985, le premier officialisé en Europe et qu'il perésentait alors 60% du bio européen pour moins de 1à % aujourd'hui. la France importe 30% de son lait bio."

Un collectif pour des cirques sans animaux
Le trimestriel L'info-journal de la Fondation Brigitte Bardot du 1er trimestre 2009 informe ses lecteurs que
"[...]Plusieurs organisations( FLFDA, SNDA, FBB, SPA,FNE, Code-animal, Fondation 30 millions d'Amis et Fondation Assistance aux Animaux) se sont réunies autour d'un texte commun adressé, en novembre dernier,à la Directrice de l'eau et de la biodiversité du ministère de l'écologie, . Depuis cette date ce collectif attend une réponse...Pour le collectif, il est clair que les cirques sont incapables de maintenir les animaux sauvages dans des conditions compatibles avec leurs besoins biologiques et comprtementaux et de garantir leur sécurité. C'est pourquoi il réclame l'identification électronique de tous les animaux détenus ainsi que leur extinction progressive par stérilisation, sans possibilité de renouvellment. Par ailleurs, certaines espèces sont à l'évidence particulièrement exposées à de mauvaises conditions de vie:hippopotames, girafes, primates, éléphants, de sorte qu'il ne devrait plus être délivré de certificat de capacité pour détenir ces espèces. Bien décidées à maintenir la pression , les organisations se sont de nouveau réunies début février 2009, pour intervenir auprès de Monsieur le ministre Jean-Louis Borloo et lui exposer les principales revendications du coelvctif. Le courrier a été cosigné par 7 organisations déjà précités à l'exception de la FNE s'étant retirée in extremis du collectif. En parallèle, un communiqué de presse signé de ces 7 organisations a été adressé aux médias.[...]

Le respect des animaux : une préoccupation éthique
Le bimestriel Animal Santé & Bien-être n°12 de mars/avril 2009 publie sous ce titre un article du Pr Jean- Claude Nouët, président de la Fondation Ligue française des droits de l'animal.
"La Déclaration universelle des droits de l’animal (ou DUDA) a été proclamée le 15 octobre 1978 à la Maison de l’UNESCO à Paris, en présence de plusieurs ambassadeurs et de nombreuses personnalités scientifiques, littéraires, artistiques et politiques.
Cette déclaration résulte d’une réflexion philosophique et scientifique internationale. Elle édicte, en termes de « droits », les principes généraux d’une éthique applicable au niveau mondial et aux conduites de l’homme à l’égard de la vie animale.
L'équilibre entre la place de l'homme et celle du monde animal est bien marqué dès le préambule de ce texte qui souligne que “ le respect par l’homme des animaux est inséparable du respect des hommes entre eux ”. Il s’agit donc bien de respect, c’est-à-dire d’une préoccupation éthique.
De la protection au respect des animaux
Composée de dix articles, la Déclaration universelle vise à faire reconnaître des droits essentiels, qui sont le droit à l’existence de toutes les espèces animales de la planète dans le respect des équilibres naturels, le droit de tout animal apte à ressentir la douleur de ne pas souffrir par la faute de l’homme, et le droit au bien-être de tout animal dont l’homme est responsable.
Au nom et au nom de ces droits, elle condamne les exploitations génératrices de mal être, souvent de mauvais traitements, voire de sévices graves et d’actes de cruauté. Tels sont les systèmes industriels de productions animales, les transports traumatisants, les abattages sans étourdissement préalable; les expérimentations abusives sur les animaux vivants, les jeux cruels (corridas, combats de chiens, combats de coqs), la chasse et la pêche de loisir; la détention et le dressage d’animaux sauvages pour les cirques; la captivité d’animaux sauvages dans les zoos, delphinariums, aquariums ; les abandons et les trafics d’animaux de compagnie.
En application du droit pour toute espèce de vivre sur Terre sans être menacée d’en disparaître par la faute de l’homme, la DUDA dénonce la pêche industrielle intensive, les massacres (cétacés, éléphants, phoques..), le commerce et les trafics d’animaux sauvages capturés (c’est-à-dire volés à la nature), ainsi que les pollutions et les déforestations.
La Déclaration universelle se conclut par un appel à la promulgation de lois, et à l’instauration d’une éducation devant conduire « l’homme, dès son enfance, à observer, à comprendre et à respecter les animaux ».
Depuis trente ans, cette Déclaration a fortement contribué à modifier l’attitude de nos sociétés envers l’animal, passant d’une simple « protection » à un « respect » de l’animal et de sa sensibilité, et elle a inspiré, surtout en Europe, plusieurs textes législatifs ou réglementaires en faveur du bien-être animal comme de la préservation des espèces.
Un centre de réflexions éthiques
La Fondation Ligue française des droits de l’animal, reconnue d'utilité publique, est l’organisation la plus active dans la diffusion et la mise en application de la Déclaration universelle. Elle n’est pas, à proprement parler, une organisation de « protection animale ». Elle est un centre de réflexions éthiques, d’informations pluridisciplinaires et de propositions juridiques, qui regroupe philosophes, juristes, religieux, historiens, et scientifiques de diverses disciplines, biologie, médecine, art vétérinaire, zoologie, paléontologie, etc. Concrètement, dans ses actions, elle cherche toujours à combattre les causes, sans s'attarder à dénoncer seulement les effets, de façon à traiter les problèmes à leur source, et à proposer des solutions de remplacement.
En ce qui concerne les animaux de compagnie, la Ligue des droits de l’animal n’entre pas en concurrence avec les nombreuses associations qui s’en préoccupent. Elle se concentre sur deux problèmes de fond, qui concernent les refuges et les adoptions.
L’appel au secours de refuges en difficulté financière est souvent entendu. Il s’agit en général, de refuges dépendant d’associations locales implantées au sein d’une population trop peu nombreuse pour assurer, malgré sa générosité, des ressources financières et des moyens humains suffisants. Le seul drame est le devenir des animaux qui y sont recueillis. Comment sauver les refuges en grande difficulté ? La Ligue des droits de l’animal demande un audit général sur les refuges, ce qui donnera la vision globale de situations très variées. Elle préconise de créer par réglementation un fonds national d’entraide financé collectivement par l’ensemble des organismes de protection des animaux de compagnie à proportion de leur budget (car il est juste que les plus riches aident les plus démunis, le but de tous étant d’assurer le bien-être des animaux recueillis), ce qui permettrait de résoudre les problèmes de sauvetage d’un refuge en difficulté aigue, et comme de participer au financement de refuges en difficulté financière chronique, par la prise en charge d’un salarié ou la fourniture d’aliments par exemple.
Le deuxième problème est celui des dates de certaines campagnes d’adoptions. Depuis près de trente ans, la Ligue des droits de l’animal suggère aux associations de ne pas proposer d’adoption au moment des fêtes de fin d’année. Elle n’a pas été écoutée, au prétexte que c’est là un moyen de stimuler des adoptions. Outre que des campagnes peuvent être ouvertes à tout autre moment, cette habitude a pour effet très nocif de perpétuer l’image de l’animal-jouet, de l’animal-cadeau, c'est-à-dire de l’animal-objet, pourtant combattue par ces associations elles-mêmes. De plus, elle a pour grave inconvénient d’empêcher de réclamer par réglementation l’arrêt à cette époque de l’année, des ventes de tout animal dans les animaleries, et au même motif.
La création d'une "haute autorité publique"
La Fondation LFDA se consacre plus particulièrement aux trois domaines qui sont en France les plus générateurs de souffrances animales : l’élevage industriel (près d’un demi milliard d’animaux), la chasse (de l’ordre de 40 millions d’animaux tués par an) et l’expérimentation (2.5 millions d'animaux par an). Elle promeut l’élevage biologique avec accès au plein air au lieu de la production animale industrielle et concentrationnaire, l'éco-tourisme avec observations organisées des animaux dans leur milieu naturel, les fermes pédagogiques, les expositions et spectacles vidéos numériques au lieu des zoos aquariums et delphinariums, les modes d’expérimentation scientifique internationalement validés évitant les tests toxicologiques, pharmaceutiques et les tests industriels réglementaires sur animaux vivants.
Remontant autant que possible aux causes initiales du malheur animal, la Fondation LFDA réclame la réforme du code civil et du code de l’environnement, qui doivent être adaptés à la nature d’être sensible des animaux par l’adoption d’un régime juridique nouveau.
Elle demande que la protection animale ne soit plus sous la dépendance de la production animale au ministère de l’agriculture, et que la préservation des espèces ne soit plus gérée par une sous-direction du ministère de l’écologie qui s’occupe de la chasse. Et pour cela elle réclame la création d’une « haute autorité publique », indépendante et couvrant tous les domaines d’utilisation des animaux, notamment par le contrôle de l'application de la réglementation.
Tant que des réglementations dites de protection animales tiendront compte, en priorité, du profit ou de la distraction des hommes, le sort des animaux ne changera pas. Seules de grandes réformes de fond, conçues sur des bases éthiques, et justifiées par les connaissances scientifiques, pourront modifier les conduites de l’homme envers l’animal. Le pouvoir politique n’en a pas encore manifesté l’intention réelle. Pourtant, reconnaître que l’animal a des “droits”, c’est finalement vouloir une Terre vivante et une humanité généreuse, ce dont l’homme profiterait, lui aussi.

Chasse,suite,et un beau jour,fin...
Le bimestriel La Voix des Bêtes n°2113 de janvier/février 2009 publie en éditorial un article du Pr Jean- Claude Nouët, président de la Fondation LFDA .
"
La France est le « premier pays cynégétique européen », s’enorgueillit la Fédération nationale des chasseurs. Pourtant la France n’a pas de quoi être fière de ce record, dû au million quatre cent mille titulaires du permis de tuer. Les chasseurs sont responsables chaque année de la mort de 50 millions d’animaux qui ne demandaient qu’une chose : continuer à vivre, tant bien que mal, plutôt mal dans le peu de nature que nous leur laissons. Mais cela ne va pas durer encore très longtemps, c’est une enquête CSA qui le dit : alors que plus de la moitié des chasseurs dépassent les 55 ans, seulement 5% d’entre eux ont 25 ans.
Faisons un peu d’arithmétique : 5% de 1,4 million, cela fait 70.000, et 70.000 jeunes qui chassent sur 65 millions de Français, cela fait 1 pour 1000. On voit mal comment ce millième réussirait à imposer la pérennité du massacre de la faune, pendant que les plus de 55 ans vont passer … l’arme à gauche.
Et comment ce millième pourrait résister à l’évolution des mentalités, et en particulier à la prise en compte inéluctable des droits de l’animal. A ce propos, il faut rappeler que la Gazette officielle de la chasse du 3 avril 1992 avait déjà titré Une menace contre la chasse : le droit de l’animal sous la signature de Me Charles Lagier, alors conseil juridique de l’Union nationale des chasseurs. Déjà, le droit de l’animal faisait peur. Cela n’a pas changé : on l’a constaté lors des Rencontres Animal et Société, où les chasseurs et leurs représentants notamment Thierry Coste, et surtout Charles Lagier (toujours lui !) ont exploité toute occasion pour défendre et justifier la chasse, et tirer à vue sur la moindre allusion à l’existence de la souffrance de l’animal sauvage (alors que les chasseurs n’avaient rien à faire dans ces Rencontres, puisqu’il avait été décidé que le sujet de la chasse n’y serait pas abordé !). Allons, encore quelques années de patience, la chasse de loisir disparaîtra.
Si ce ne sont pas le bon sens et la morale qui la condamneront, ce seront les modifications climatiques et écologiques, et surtout les profonds bouleversements économiques qui y mettront fin ."

Respect animal : en lien avec les courants philosophiques de l'histoire
L'hebdomadaire La Dépêche Vétérinaire du 6 décembre 2008 rend compte de la conférence que Georges Chapouthier, Vice-président de la Fondation LFDA, a donnée à l'Institut scientifique et technique de l'animal en ville, sur le thème "Le respect de l'animal dans l'histoire et les religions".
"Bénéficiant d'une double formation, biologiste et philosophe, l'intervenant est l'auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels L'animal humain et Humanité, animalité : quelles frontières ?. Dans son exposé, il a traversé les siècles en évoquant les différents courants de pensées dont a fait l'objet l'animal, certains protecteurs, d'autres beaucoup moins.
"L'Occident en réfère à deux grandes racines philosophiques : juive, caractérisée par un grand respect pour l'animal, et grecque, avec d'un côté un courant très favorable à l'animal, soutenu par des philosophes comme Pythagore, et de l'autre un courant beaucoup moins protecteur, soutenu par Aristote ou Hippocrate.
Animal objet
Au Moyen-Age, la société se réfugie dans le fait religieux et se montre par conséquent moins favorable à l'animal. Le respect de l'animal oscille entre l'animal "petit homme", ce qui s'exprime notamment au niveau littéraire par des ouvrages comme Le roman de renard, et l'animal objet.
Au XVIIe siècle, la pensée cartésienne d'animal objet, amplifiée jusqu'à la caricature par les disciplines du philosophe comme Malebranche, l'emporte. Elle sera supplantée, au XIXe siècle, par le développement de la biologie qui fait de l'animal un objet de connaissance ... et de vivisection.
Animal être sensible
La philosophie orientale et extrême-orientale s'est toujours montrée plus favorable à l'animal, en liaison notamment avec des croyances hindouistes et bouddhistes en la métempsychose (réincarnation en un animal).
"Notre philosophie occidentale actuelle est encore très imprégnée de philosophie post-cartésienne même si émerge un concept opposé, celui de l'animal sensible" a conclu Georges Chapouthier. Le rapprochement du respect animal est étayé aujourd'hui par des arguments scientifiques (correspondance génétique avec l'homme, études comportementales...), a-t-il ajouté." 
A la radio, complémentarité entre les droits de l'homme et les droits de l'animal
A l’occasion du 60e anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et de du 30 e anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Animal, la chaîne radio Fréquence Protestante, lors de son émission Partage du 1er décembre Odile Moinon s’est entretenue avec Jean Marie Coulon, magistat administrateur de la Fondation Ligue française des droits de l’animal et membre de la Commission nationale consultative des droits de l’homme sur la complémentarité entre droits de l’homme et droits de l’animal.
L’enregistrement intégral de l’émission d’une durée de 27 minutes pouvait être écouté sur le site www.frequenceprotestante.com à la rubrique « Ecoute à la demande/ Emisssions du 1er décembre /Partage Animaux .

Droits de l'animal : un danger ? Mais pour qui ?
Le mensuel La Sauvagine de novembre 2008, publie un commentaire "intéressant" sur la déclaration universelle des droits de l'animal.
" Une pleine page du quotidien Le Monde en date du 15/10/2008 était consacrée à la Fondation Ligue Française des Droits de l'Animal. Cette page, entièrement financée par de nombreux et généreux donateurs, reprenait la Déclaration Universelle des Droits de l'Animal au motif de son 30ème anniversaire. [...] L'équipe de La Sauvagine a noté tout particulièrement le contenu de l'article 4-2 qui intéresse plus précisément la chasse : " la privation prolongée de sa liberté, la chasse et la pêche de loisir, ainsi que toute utilisation de l'animal sauvage à d'autres fins que vitales, sont contraires à ce droit." Tout un programme. Ca fait peur non ? "

Quelle est l'âme du cheval?
Le mensuel Cheval magazine d'octobre 2008, sous la plume de Florence Leray, s'interroge sur "l'âme" des chevaux et fait notamment appel à Georges Chapouthier, vice-président de la Fondation Ligue française des droits de l'animal,pour apporter ces commentaires philosophiques et scientifiques sur cette question.
[...]"Par son nom même, l'animal est associé à une forme d'âme . "C'est sans doute la raison pour laquelle, il a pu si souvent être combiné à l'homme ou aux dieux pour former des entités mixtes", explique le philosophe et biologiste Georges Chapouthier[...]Le cheval tout comme nous , est un mammifère. en celà il est en quelque sorte notre cousin. [...]S'il est clair que seul l'être humain a pu jusqu'à présent fabriquer des ordinateurs ou encore écrire un traité de morale, Georges Chapouthier explique que: "Ce qu'ont montré les recherches scientifiques, c'est que, même dans le domaine de la culture et des productions de l'esprit, on trouve dans l'animalité les ébauches de l'humanité". Les principes moraux eux-mêmes puiseraient leur origine chez les animaux! "C'est Darwin qui a vu juste : "La différence d'intelligence entre hommes et animaux les plus évolués, aussi grande soit-elle, est une différence de degré et, non de nature".[...] Comme l'explique Georges Chapouthier, il est probable que la conscience émerge par paliers chez les animaux. Le cheval,animal évolué, aurait ainsi une "conscience d'accès" et une "conscience phénoménale". La première est "une conscience fonctionnelle des représentations du monde. Pour le cheval, cela signifie par exemple se souvenir des lieux où il sait pouvoir trouver de la nourriture ou encore des lieux à éviter, par exemple le domaine d'un propriétaire qui l'a maltraité.La seconde est "l'impression subjective qu'un organisme ressent quand il est éveillé." Cette "impression" pourrait être à l'origine de la souffrance chez les chevaux, c'est à dire une certaine forme de conscience liée au vécu de la douleur."Nous ne devons pas seulement respecter et protéger les animaux par simple principe de bonté, mais parce qu'ils ont, en tant qu'animaux, des droits",estime Georges Chapouthier.Dire que seul l'être humain a des droits, car il est le seul à avoir des devoirs n'a pas de sens. Qu'en serait-il alors du droit des nourrissons ou des personnes dans le coma? Ni homme, ni objet, le cheval est un être sensible. en cela il a des droits que nous nous devons de respecter.[...]

Les droits de l'animal, un concept dur à avaler?
Le mensuel La voix des Bêtes de septembre - octobre 2008 publie sous ce titre un article de Georges Chapouthier, Vice-Président de la Fondation LFDA et directeur de recherche au CNRS.
" On parle de plus en plus des droits de l’animal. Dans une société largement fondée, comme la nôtre, sur la notion de droits, il est sans doute heureux que des droits viennent protéger les différentes facettes de l’animalité des abus qui pourraient lui être infligés par une espèce, la nôtre, qui, au cours de son histoire, n’a pas toujours brillé par son attitude morale et pourrait certainement mieux faire. Mais la notion même de « droits de l’animal » semble difficile à admettre par beaucoup de nos contemporains. Je voudrais en donner, dans les pages qui suivent, quelques exemples caractéristiques qui permettront, dans le même temps, en rectifiant certaines affirmations erronées, de présenter le droits de l’animal pour ce qu’ils sont et de les replacer par rapport aux droits de l’homme.
Situons d’abord notre propos. Il y a deux manières de comprendre la notion de « droits de l’animal » (1). Selon une conception assez largement répandue dans les pays anglo-saxons à la suite des thèses du philosophe Jeremy Bentham, la « libération animale » (selon l’expression de Peter Singer) passe par la reconnaissance que les animaux comme l’homme ne différent pas dans leur aptitude à la douleur et donc qu’en ce qui concerne cette question ils doivent être traités sur un pied d’égalité avec les hommes : tout refus de cette égalité serait une faute morale appelée « spécisme » et comparable au racisme à l’intérieur de l’espèce humaine.
Selon la conception défendue en France par ceux qui s’inspirent de la Déclaration universelle des droits de l’animal, et dont je me réclame, la demande de droits visant à protéger les animaux se positionne clairement par rapport aux droits de l’homme. Elle ne prive pas pour autant l’espèce humaine de défendre d’abord ses droits propres, comme le ferait toute espèce, si ceux-ci sont menacés. Par « ses droits propres » il faut entendre ses droits fondamentaux (à la vie, à la santé, à l’éducation…) et pas, bien entendu, des droits à l’« amusement » comme le « droit » de chasse ou celui d’assister à une corrida, deux cas où la vie, la santé ou l’éducation de l’espèce humaine dans nos pays n’est nullement menacée. A l’exception des cas où les droits fondamentaux de l’espèce humaine sont menacés, la Déclaration universelle des droits de l’animal demande que les animaux soient traités avec respect et puissent vivre selon les besoins de leur espèce. Donc, puisque, dans une relation entre deux entités, les droits d’une entité imposent des devoirs à l’autre, la requête est finalement que l’espèce humaine s’impose par la loi de nombreux devoirs, contraignants même pour ceux des hommes qui n’aiment pas les animaux. Nous y reviendrons en conclusion.
Ce qui pourrait apparaître comme un souhait moral de bon sens, et à l’honneur de notre espèce, semble mal « passer » chez beaucoup de nos contemporains. Donnons en quelques exemples.
Préserver la corrida : De quoi ? Comment ?
J’emprunte ce titre à l’article que mon collègue Jean-Pierre Digard a publié dans le bulletin de la Fédération des Sociétés Taurines de France (2). On peut, comme moi, trouver ignobles les courses de taureaux et penser que l’espèce humaine ne s’honore pas du tout en se délectant de la mort d’un animal, torturé « avec art ». Mais là n’est pas la question. Dans le cours de son article, Digard, éminent ethnologue et humaniste convaincu, souhaite régler leur compte aux droits de l’animal. Ainsi pour lui, la Déclaration universelle des droits de l’animal est une « obscène parodie de la Déclaration des droits de l’homme ». Digard ajoute que l’idée de bien-être animal est « absurde (sauf pour des motifs sanitaires et de qualité). » Il affirme que les sondages qui suggèrent que davantage de respect de l’animal résulte d’une demande sociale sont « simulés ou truqués »…
Je vois mal en quoi vouloir se soucier notamment d’êtres sensibles à la douleur, en adoptant une déclaration bâtie sur le même principe que celle des droits de l’homme est « obscène ». L’obscénité morale me semble résider plutôt dans l’administration de la douleur gratuite (comme lors de la course de taureaux), que dans le souhait de la faire disparaître. De la même manière, je ne vois pas en quoi se soucier du bien-être animal pour des raisons autres que la qualité de la viande, est « absurde ». Dans les laboratoires de recherche, par exemple, toute une série de mesures vise à améliorer les conditions de vie des animaux d’expérience. Pour leur bien-être à eux, et pas pour la qualité des recherches. De même les abattoirs visent à donner aux animaux une mort sans douleur. Pour eux, pas spécialement pour les qualités de la viande. Qualifier d’absurdes de tels efforts, encore très insuffisants, reviendrait à se désintéresser totalement de la douleur des animaux. Il est vrai que, dans son article, nulle part Digard ne mentionne ce fait essentiel : que beaucoup d’animaux sont des êtres sensibles à la douleur, différents des objets inanimés, différent de la chose. L’élève de Descartes, Malebranche, battait des chiens en affirmant que leur cri était en tous points comparables à une horloge qui sonnait l’heure ! Ne pas mentionner la sensibilité animale, n’est ce pas faire implicitement allégeance à ces thèses « malebranchées » ? Quant aux « sondages truqués », Digard devrait se reporter aux sondages cités en (3) et émanant des instances européennes.
Digard va même plus loin : « L’idéologie animalitaire, dit-il, idéalise la nature et diabolise l’homme… Le droit des hommes à élever et à utiliser des animaux, ne serait-ce que pour s’en nourrir, est ainsi nié » Jamais la Déclaration universelle des droits de l’animal n’a affirmé une chose pareille. Il évoque aussi : « L’absurdité de l’idée selon laquelle il faudrait libérer des animaux domestiqués par l’homme depuis des millénaires… » . Jamais la Déclaration universelle des droits de l’animal n’a effectué une telle invraisemblable requête. Il estime qu’on ne peut accorder des droits à des êtres « alors qu’ils ne sauraient avoir des devoirs ». Il ne peut ignorer cependant que de nombreux êtres humains bénéficient (fort heureusement) de droits sans avoir de devoirs : comateux, handicapés profonds, enfants en bas âge, embryons… Comme on l’a vu plus haut, des droits pour ces êtres impliquent en réciproque des devoirs des hommes (valides) à leur égard. Mais, dans leur vécu à eux, les droits qu’ils possèdent (c'est-à-dire qui leur sont attribués par l’humanité) ne supposent pas de devoirs. On ne voit pas bien pourquoi l’humanité, si elle le souhaite, ne pourrait pas attribuer des droits aux animaux. C’est d’ailleurs ce qu’elle fait déjà sans arrêt dans la pratique, dans les innombrables lois et décrets qui visent à protéger les animaux de nombreux sévices et que, curieusement, Digard ne mentionne pas du tout.
Il resterait à se demander pourquoi Digard effectue tant d’affirmations suspectes ou erronées, pourquoi il attribue à la Déclaration universelle des droits de l’animal des prétentions qu’elle n’a pas, pourquoi, au nom d’un humanisme que nous partageons avec lui, il n’éprouve pas la moindre pitié ou sympathie pour les animaux souvent victimes de traitements abominables.
Un problème très répandu
Si j’ai commencé par les propos de Digard, c’est parce que, publiés dans un organe de presse que beaucoup d’amis des animaux considèrent comme parmi les plus excessifs et inadmissibles, à savoir une tribune favorable aux courses de taureaux, ils offraient un caractère d’exemple. Mais Digard n’est pas le seul, loin de là, à avoir des difficultés à assimiler les droits de l’animal.
Prenons l’exemple de deux de nos journalistes les plus éminents. Dans les colonnes du Monde, Jean-Yves Nau (4) s’inquiète de ce qu’il appelle le « bête humanisée »,
un animal à qui on tend à appliquer des termes qui, selon lui, devraient être réservés aux hommes comme « euthanasie » : « il y a peu, on aurait, plus simplement ‘abattu’ ou ‘piqué’, sans autre forme de procès… », dit-il. Dans cette reconnaissance d’une parenté entre l’homme et l’animal, Nau se demande s’il ne s’agit pas « d’une nouvelle forme de régression collective ». Bigre ! Une régression que de voir dans les animaux les plus évolués des êtres sensibles, comme nous, à la douleur et autre chose que des objets ? Personnellement j’y verrais plutôt un progrès moral ! Dans les colonnes du Nouvel Observateur (5), Michel de Pracontal, qui est l’un de nos meilleurs journalistes scientifiques, écrit : « dans toutes les démocraties modernes les droits s’accompagnent de devoirs ». Comme je l’ai dit plus haut à propos de Digard, il ne peut ignorer que ce n’est pas toujours le cas (rappelons la situation des comateux, handicapés profonds, enfants en bas âge, embryons…). Un peu plus loin, il insiste sur « l’impossibilité à transposer à l’animal le droit et la loi, notions créées par et pour l’homme ». Notions créées par l’homme, sans aucun doute ! Pour l’homme ? Certainement pas, si l’on en juge par les innombrables lois qui protègent déjà les animaux et les espèces vivantes. Ajoutons une boutade qui montrera que les lois ne sont pas créées seulement pour les hommes. Le port du Pirée, en Grèce, est une « personne morale » qui possède des droits. Je doute fort que Michel de Pracontal veuille croire que le Pirée est un homme !
Terminons ce survol par l’article publié dans Libération (6) par Pascal-Henri Keller, professeur de psychologie clinique à l’Université de Poitiers, qui va, dans sa critique des droits de l’animal, jusqu’à critiquer « l’animalité de l’homme », une critique qu’avec le développement des sciences et des thèses évolutionnistes, on croyait limitée aux seuls obscurantistes et intégristes religieux de tous poils : « Pour penser la place de l’homme dans le monde sans détour par le monde animal… il faut… beaucoup d’audace », dit-il fièrement. Il faut surtout beaucoup d’aplomb ! Refuser le « cousinage » entre l’homme et le chimpanzé relève presque de la provocation. Mais cousinage n’est pas identité. Si les frontières entre l’humanité et l’animalité sont très poreuses (7) (y compris sur le plan pathologique, puisque les maladies comme celle de la « vache folle » ne rencontrent pas, hélas, les frontières de Pascal-Henri Keller), l’homme, du fait de son cerveau performant, a un mode d’être culturel qu’il est le seul à posséder.
Dire cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas aussi des modes de fonctionnement culturels chez divers groupes d’animaux (dialectes de chant chez certains oiseaux, transmissions de maniements d’outils dans certaines populations de chimpanzés, etc., voir référence 7), mais que les activités culturelles de l’homme, par leur complexité extrême, lui permettent un mode d’être, scientifique et artistique, sans équivalent sur notre planète. L’homme est à la fois, animal et non-animal, même s’il a longtemps voulu gommer sa face animale. Fier des performances de son cerveau, il devrait aussi être, comme le dit André Langaney, « animal et fier de l’être ». Et ne pas refuser une forme de protection par des droits à ses cousins animaux moins doués et moins bien lotis que lui !
Conclusion
Un farouche adversaire des droits de l ‘animal écrivait à leur propos qu’ils étaient : « des idées pernicieuses qui ne passeront pas ! » (8), suggérant que la notion de droit de l’animal tendait « à gommer la différence qui existe entre l’homme et l’animal ». Je pense que les idées vraiment pernicieuses dans ce domaine sont celles qui vont à l’encontre de la morale et … du bon sens. Jamais la Déclaration universelle des droits de l’animal n’a visé à gommer la différence qui existe entre l’homme et l’animal, mais simplement à donner à l’animal une meilleure protection vis-à-vis de certains hommes, et, par suite, à notre espèce dans son ensemble, une meilleure attitude morale à l’égard des animaux. Plus précisément, la Déclaration universelle des droits de l’animal ne fait, au fond, que réclamer deux droits fondamentaux : le droit pour toutes les espèces animales, vertébrés et invertébrés, de ne pas disparaître par la faute de l'homme, le droit pour tous les animaux vertébrés et pour quelques invertébrés à système nerveux céphalisé, sensibles à la douleur, de ne pas souffrir par la faute de l'homme. Rien dont notre espèce ne puisse être fière et qui, dans tous les cas, ne met pas en cause les droits de l’homme.
En réponse à ce que nous avons tenté dans le présent article, à savoir de montrer les nombreuses incompréhensions ou étonnantes déviations que suscite cependant la notion de « droits de l’animal », tentons de résumer nos thèses sous forme de quelques propositions :
1) L’animalité de l’homme ne supprime pas ses caractéristiques culturelles particulières : l’homme est, à la fois, animal et non-animal.
- Le droit et les lois sont créés par l’homme.
- L’homme peut parfaitement, comme il l’a déjà fait, les attribuer à d’autres entités que les hommes eux-mêmes.
- Les droits attribués à une entité ne sont pas toujours liés à des devoirs de la part de cette entité.
- Dans cet esprit, rien ne s’oppose à ce que, dans un souci moral, l’homme donne des droits particuliers aux animaux, à condition que la spécificité de l’homme et ses droits particuliers soient clairement affirmés.
En d’autres termes, il importe finalement, et le point est essentiel, de ne pas confondre et mélanger les droits de l’homme et les droits de l’animal. Et de laisser à chacun la place qui leur revient dans la loi.
Tout en étant sensible à la douleur animale et en cherchant à la réduire par les lois et les règlements, il importe donc de rester humaniste. C’est d’ailleurs ce qui ressort du remarquable rapport de Suzanne Antoine, président de chambre honoraire à la cour d’appel de Paris (9). Tout cela semble de bon sens. Mais les exemples cités plus haut montrent bien que ces thèses restent encore pour certains de digestion bien difficile ! "
Références et notes
(1) Georges Chapouthier, Au bon vouloir de l’homme, l’animal, Denoël, Paris, 1990
(2) Jean-Pierre Digard, Bulletin de la Fédération des Sociétés Taurines de France, Février 2007
(3) Attitudes des consommateurs vis-à-vis des animaux de ferme, Euro-baromètre spécial 229, Juin 2005 ; Plan d’action communautaire relatif au bien-être et à la protection des animaux d’élevage, Edinstitut, CIV, Janvier 2006
(4) Jean-Yves Nau, La bête humanisée, Le Monde, 25 Août 2006
(5) Michel de Pracontal, Des droits pour les bêtes, Le Nouvel Observateur, 4-10 Janvier 2007, p 13
(6)Pascal Henri Keller, On n’est pas des bêtes, Libération, 24 Novembre 2006, p 31
(7) Jean-Claude Nouët, Georges Chapouthier (sous la direction de), Humanité, Animalité : quelles frontières ?, Editions « Connaissances et savoirs », Paris, 2006
(8) René Lacaze, Editorial, La gazette officielle de la Chasse et de la Nature, 11 Juillet 2003, p 3
(9) Suzanne Antoine, Rapport sur un régime juridique de l’animal, Site internet du ministère de la justice, http://www.justice.gouv.fr/publicat/rapport/rapport-animal-0505.pdf

Des articles du Bulletin d'informations de la LFDA repris dans la presse associative régionale
Le trimestriel Région verte n° 90 et n° 91 du troisième et quatrième trimeste 2008 reprend dans ses colonnes 3 articles de Jean-Jacques Barloy publiés dans le Bulletin d'informations de la fondation LFDA n°58 de juillet 2008. Il s'agit respectivement des articles intitulés "Débrousaillage et préservation des oiseaux" et de "Grippe aviaire" et "Une ferme dans le désert"
Pour une éducation à la nature
Le quotidien L’Alsace du 19 août 2008 s’appuie sur un des messages du président du Bulletin d’informations de la Fondation Ligue française des droits de l’animal, pour réclamer que chaque enfant bénéficie dès le début de sa scolarité d’une éducation à la connaissance de la nature et des animaux.
« De l’aveu même de Nicolas Hulot, écrit Jean- Claude Nouët dans le bulletin de janvier 2008 de la Ligue française des droits de l’animal, le Grenelle a été faible sur la biodiversité et l’éducation. Ce dernier point constitue une lacune majeure. Ce sujet fondamental n’était pas à l’ordre du jour, donc rien n’est proposé […] pour l’instauration d’une éducation civique à la connaissance de la nature à tous les niveaux de l’enseignement […]. Et dans cette hypothèse, il convient de ne pas placer la charrue avant les bœufs.
Il arrive que dès l’école maternelle, on ait recours à un intervenant spécialisé qui apprend aux enfants à trier les déchets. C’est juste, mais nous ne cessons de proclamer qu’avant de se coltiner les déchets, de plus en plus nombreux, l’enfant doit pouvoir mesurer les enjeux. Nous devons lui monter par exemple la mésange bleue et la primevère, lui donner un enseignement précis de la belle biodiversité qui l’entoure, avant d l’engager dans la lutte contre la pollution multiforme.[ …] L’éducation à l’environnement ne peut constituer une matière, mais elle doit imprégner toutes les autres , ne cesse-t-on d’affirmer. Chaque enfant doit bénéficier d’au moins une classe verte, pendant sa scolarité obligatoire, affirmait-on voici quelques temps. Au jourd’hui, cette activité si bénéfique relève pratiquement d’un parcours de combattant administratif pour l’enseignant décider à se lancer. Il faut faire d’avantage.

Quand le débat "Animal et société" fait débat
Le quotidien La Croix du 24 juin, dans le contexte des travaux du groupe « Statuts juridiques de l’animal » des Rencontres « Animal et société » et des propositions de la Fondation LFDA pour un régime juridique cohérent de l’animal, publie un débat, recueilli par Denis Sergent, entre le professeur universitaire de philosophie, Elisabeth de Fontenay et le directeur de recherche émérite en anthropologie Jean-Pierre Digard, sur la question faut-il un nouveau statut pour les animaux.
- Selon Elisabeth de Fontenay, « Aujourd’hui, philosophes, anthropologues et juristes sont dans l’embarras pour définir le statut juridique de l’animal. Dans le droit français en effet ; selon le code civil, on ne distingue que deux catégories : le bien ou la personne. Dans ce cadre, qu’est-ce que l’animal ? Le considérer à la fois comme un bien et un être sensible (comme le reconnaît le code rural depuis 1976) semble pour le moins contradictoire. L’approche éthique de cette question pose le problème d’un droit des animaux. On peut insister sur le fait que les hommes ont des égards et des devoirs vis-à-vis des bêtes. Mais, tant que le législateur n’intervient pas (sous forme de lois, de réglementations, de directives), rien ne sanctionne les écarts et les abus de comportement.
Aussi certains spécialistes du droit civil, comme Jean-Pierre Marguénaud(1) professeur à l’université de Limoges, reconnaissent-ils que l’animal a déjà dans le droit français un statut intermédiaire entre les biens et les personnes, et travaillent en même temps à développer ces nouveaux droits. Il faudra, bien entendu, légiférer selon les espèces concernées, distinguer des droits des poules de ceux des vaches ! Ce sont évidemment là des distinctions dérangeantes par rapport à l’exigence d’universalité du droit. Cette démarche débouchera en effet sur un « droit gradualiste » en fonction des espèces animales, avec toutes les contradictions et les difficultés que cela peut comporter.
Au-delà de la révision du statut des animaux, demeurent les questions liées notamment aux conditions d’élevage industriel. La France, qui va présider l’Europe pour les six mois à venir, va être obligée de mettre en œuvre les directives européennes que nous sommes loin d’appliquer scrupuleusement. »
- Selon Jean-Pierre Digard, « Les animaux sont des êtres vivants sensibles. Néanmoins, cette affirmation doit être pondérée. Le règne animal étant composé de plusieurs dizaines de millions d’espèces allant des protozoaires aux primates, les notions uniques de sensibilité, de souffrance et de stress n’ont dès lors pas beaucoup de sens. Gommer cette différence en persistant à parler de l’animal en général est donc réducteur et porteur de difficultés gigantesques de mise en pratique du droit. La définition d’un nouveau statut n’est donc pas possible.
Par ailleurs, la sensibilité de l’animal étant déjà inscrite dans le code rural, pourquoi les associations de protection de l’animal veulent-elles une inscription au code civil ? a ce jour, les animaux peuvent être la propriété des hommes et faire l’objet d’échanges commerciaux. C’est ainsi que l’élevage peut exister. Un nouveau statut créerait plus de problèmes qu’il n’en résoudrait. La Fondation Brigitte Bardot ou la Fondation Ligue des droits de l’animal tentent de minimiser leur objectif, mais elles ne manqueront pas de s’en réclamer pour tenter d’imposer des contraintes aux activités d’élevage ou d’utilisation des animaux, à caractère économique ou de loisir. Ce changement de régime juridique de l’animal est proposé dans le rapport de Suzanne Antoine, magistrate à la retraite et trésorière de la Fondation Ligue des droits de l’animal, remis au ministre de la justice en 2005. Il stipule notamment la création soit d’une catégorie particulière de bien, soit d’une catégorie intermédiaire entre les biens et les personnes.
De plus, ce ne sont pas les animaux en tant qu’individus qui comptent, mais les espèces ou les races. Ainsi, serait-il plus raisonnable de protéger, comme le fait le Société d’ethnozootechnie, la biodiversité des races domestiques dont certains effectifs diminuent pour des raisons économiques, appauvrissant ainsi le patrimoine génétique.
En outre, protéger la biodiversité exige parfois d’éradiquer une espèce invasive. Mais parler ainsi n’est pas politiquement correct. Finalement, une pensée uniquement éthique, teintée de sensiblerie et mue par un courant philosophique trop orienté vers le respect intégral de la nature, brouille les frontières entre l’homme et l’animal, comme on a pu encore le voir à la villette avec l’exposition intitulée « Bêtes et hommes ». »
(1). Actes des colloques organisés par la fondation LFDA
L’hebdomadaire L’Aurore Paysanne du 5 juin 2008 a cru bon faire état de la peur de certaines organisations agricoles face aux demandes de prise en compte du bien-être animal formulées par des associations de protection animale, dont la Fondation LFDA, dans le débat public « Animal et société », organisé actuellement par le ministère de l’agriculture.
« La place de l’animal dans nos sociétés…Vaste question devenue au fil des ans un véritable sujet de société. Sujet qui fait aujourd’hui l’objet d’une vaste consultation publique façon «Grenelle de l’environnement ». Au-delà des réunions régionales qui se tiennent première quinzaine de juin et qui regroupent scientifiques, vétérinaires, agriculteurs et membres d’association de protection animale, tout citoyen est appelé dans le même temps à faire entendre sa voix sur le site www.animaletsociete.com. Un moyen d’expression jusqu’ici quasi monopolisé par les associations de protection animale. Attention danger ! « La question de la place de l’animal dans nos sociétés (…) est indissociable, à mes yeux, des enjeux nouveaux de l’agriculture, de la pêche et de l’alimentation dont j’ai la charge en tant que ministre (…) » souligne Michel Barnier dans le propos introductif que l’on peut lire sur ce site. Des enjeux qu’ont bien compris les nombreuses associations ayant déjà apporté leur contribution au débat. Dans le livre ouvert au public, l’association « Vive le Chat » se dispute la vedette avec « Chev-Ane », « Palmizen », la Fondation Ligue française des droits de l’animal ou encore Protection Mondiale des Animaux de Ferme. Un conglomérat d’opinions qui tend, pour l’essentiel, à faire valoir le fait que l’animal, dans sa généralité, ne jouit pas aujourd’hui de toute la considération qui lui serait due. Le débat qui anime aujourd’hui les participants du débat « Animal et société » a, à quelques jours du lancement du baccalauréat 2008, un petit air d’épreuve de philosophie. Gandhi, Einstein, et même Hitler, sont mis à contribution sur le site tandis qu’au Droit de l’Homme » semble de plus en plus vouloir répondre un droit de l’animal. La fin de l’exception humaine ? Et si nous n’en sommes pas encore là, la notion de « statut » de l’animal, avec tout ce qui s’y rattache, fait son petit bonhomme de chemin à grand renfort d’arguments jouant sur la corde sensible humaine […]la frontière qui séparait jusqu’ici l’homme et l’animal s’estompe. Et voilà le « je pense donc je suis » de Descartes remis en cause. De genre, l’humanité devient une espèce comme une autre…Sur le fond, on notera que l’approche et l’interprétation de la notion de bien-être animal ont évolué en même temps que la société […] Comme le soulignait Eugène Schaeffer, président de l’ACTA (association de coordination technique agricole) […] « La prise en compte du bien-être ne doit pas faire oublier que l’élevage reste inscrit dans une logique de marchés. Certaines organisations semblent persuadées qu’en précisant sur une étiquette le mode d’élevage et le fait que l’animal n’a pas été maltraité (une notion très difficile à caractériser) le consommateur aura une préférence pour ce produit et sera prêt à payer plus cher » […] En résumé, à force de ne jurer que par le bien-être animal, on en oublierait presque dans l’équation le facteur humain…Et une fois le processus lancé, il est très difficile de faire marche arrière ! »

"Que faisons-nous des animaux de divertissement?"
Le mensuel Sciences humaines de juin 2008, dans un très important dossier consacré aux Animaux et nous, donne la position du président de la Fondation LFDA sur les zoos.
« Moins sanglants [que les corridas], les zoos posent également problème. Jean- Claude Nouët (Zoos, in Boris Cyrunik (dir.), Si les lions pouvaient parler. Essais sur la condition animale, Gallimard, 1998) insiste sur le stress chronique des animaux et les comportements pathologiques auxquels les conduit la coupure avec leur milieu naturel. Automutilation, affectations cutanées, obésité, dépression ou troubles digestifs sont légion et les bêtes assommées à coup de psychotropes. Comme beaucoup d’autres, J-C. Nouët conteste le rôle éducatif ou même scientifique du zoo : il n’ouvre comme champ d’étude que celui, vaste il est vrai, des pathologies mentales, organiques et comportementales. L’argument de la préservation des espèces ne serait guère meilleur : les animaux en captivité ne sont que des caricatures animales et si quelques espèces se reproduisent dans les zoos, beaucoup n’y parviennent pas. »

Le chien et la loi
Le trimestriel Dogs de juin 2008, dans un dossier consacré aux droits des chien, signé Elen Pouhaer, fait référence aux travaux de la Fondation LFDA ,et tout particulièrement d’une de ses juristes, sur la protection juridique des animaux domestiques.
« Avec plus de 8 millions de chiens, la France se situe au premier rang européen quant à la population canine. Ceux- là, sont désormais de plus en plus perçus comme des membres à part entière de la famille. A ce titre, ont-ils des droits ? Avons-nous des devoirs envers eux ?
C’est au cours du XIXe siècle que la notion juridique de protection animale émerge. En France, dès 1850, la « loi Grammont » sanctionne les mauvais traitements infligés en public aux animaux domestiques. « Après la seconde guerre mondiale, la population s’est urbanisée, explique Suzanne Antoine, magistrate et membre fondatrice de la Ligue française des droits de l’animal (LFDA), qui a publié de nombreux articles et ouvrage à ce sujet et est également l’auteur du rapport sur le régime juridique de l’animal remis en 2005 au ministère de la Justice. Le besoin de conserver des liens avec la nature s’est concrétisé par la présence de nombreux animaux de compagnie dans les foyers : chiens, chats, mais aussi hamsters, lapins, oiseaux…Une sensibilité nouvelle à la condition animale est apparue. C’est en 1976 que pour la première fois, l’animal domestique est explicitement reconnu en tant qu’être sensible dans la loi française l’article L214 du Code rural). Le Code pénal, qui reconnaît également la sensibilité de l’animal, réprime sévices et mauvais traitements. En 199, le Code civil distingue l’animal du « corps inanimé, mais celui-là reste considéré comme un bien meuble susceptible d’être déplacé, au même titre qu’un objet. »[…]

Bioéthique et expérimentation animale
Le bihebdomadaire Les Affiches Moniteur d’Alsace et de Lorraine du 20 mai 2008, dans un dossier consacré à la bioéthique, signé Patrice Battistini, fait état d’un des constats portés par la Fondation LFDA sur l’expérimentation animale, tout à fait à l’écart des mouvements extrémistes. Bioéthique et expérimentation animale
[…]« La réponse par la peine de mort d’un être humain pour expier définitivement ses crimes, on le sait , fait l’objet d’une vive critique, en ce que son acceptation nous renverrait à notre origine animale dont nous ne nous démarquerions pas.
Pourtant, au contraire, certains cherchent à tendre vers une similitude entre l’animal et l’homme, non en rabaissant l’homme au rang d’animal, mais en voulant élever la condition animale. Ainsi, la question de la nature animale se pose de plus en plus avec la mise en avant de ce qu’on qualifie parfois des « terroristes du droit des animaux » qui s’attaquent à l’expérimentation animale par tous les moyens.
Pour Tipu Aziz (neurochirurgien), de telles expérimentations sont utiles et les plus grandes avancées médicales résultent d’expérimentation animale comme le vaccin contre la rage, les tri-thérapies pour le sida ou les techniques de transplantations cardiaques. Sans compter pour Georges Chapouthier (vice-président de la Ligue française des droits de l’animal) « dans l’état actuel des connaissances, on ne peut pas se passer complètement de l’expérimentation animale ». Et Dominique Quinio de rajouter que « passer directement à des essais sur l’homme semble encore utopique et ce saut pourrait poser de graves questions éthiques. »Pour Dominique Lecourt( professeur de philosophie à l’Université de Paris VII), « la conception strictement biologique de l’être humain à laquelle les militants du végétarisme adossent leur philosophie promeut une version étriquée de la vie humaine. Elle ignore que seule la part non animale, la part affective, culturelle, historique de l’être humain peut donner sens et valeur à l’idée scientifique qu’il est un animal ». Si nous avons à refuser les mauvais traitements infligés aux animaux, « il ne s’agit pas de droits et d’intérêts, pas davantage de compassion. » « Il s’agit de la valeur de la valeur de tout ce dont l’être humain s’enrichit qui fait de la présence des animaux dans sa vie. »[…]

Rencontres "Animal et Société", un décevant "Grenelle" du bien-être animal
Le quotidien La Montagne du 11 mai 2008, fait état de la lettre de déception adressée par 8 des ONG dont la fondation LFDA participant aux rencontres « Animal et société » au ministre de l’agriculture qui les a organisées.
« Avant les élections municipales et cantonales, le ministère de l’agriculture avait annoncé le lancement des rencontres « Animal et société » qui faisaient suite au Grenelle de l’Environnement. Des retrouvailles prévues entre ONG de la protection animale, élus, professionnels et scientifiques afin d’engager des réflexions d’ampleur pour appréhender le bien-être animal. Qui « devaient » seulement, aux dires des associations signataires (Confédération nationale des SPA de France, Fondations Assistance aux animaux, Brigitte Bardot, Trente millions d’amis, Ligue française des droits de l’animal ainsi que Ligue pour la protection des oiseaux, Société protectrice des animaux, Société nationale pour la défense des animaux) d’une lettre adressée au ministre Michel Barnier, en date du 28 avril dernier : « nous constatons que ce qui devait être des réunions de travail s’apparentent à des rencontres et non à des négociations en dépit de nombreuses propositions ». Dans les déceptions enregistrées par les associations de protection animale : absence des ministères de l’Education nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, de la justice, des élus locaux, etc. ». Les ONG demandent qu’une nouvelle gouvernance s’installe rapidement et disent compter sur une réaction prompte du ministre. »
De son côté le site Internet www.30millionsdamis.fr, le 28 avril publiait le communiqué de presse de ces 8 ONG « Rencontres Animal et société ou rien à signaler pour l’instant !». Voire rubrique actualités/ actions inter associatives.

La LFDA partenaire de la plateforme nationale pour les méthodes alternatives en expérimentation animale
Le trimestriel Sciences enjeux santé de juin 2008 mentionne la mise en place d’une plateforme nationale pour le développement de méthodes alternatives en expérimentation animale, sous forme d’un Groupement d’Intérêt Scientifique (GIS) composé de 12 partenaires dont la Fondation Ligue française des droits de l’animal, le ministère de la recherche, AFSSAPS, INERIS (Institut National de l’environnement et des risques), AFSSET (Agence Française de Sécurité Sanitaire de l’Environnement et du Travail), INSERM (Institut national de la Santé et de la Recherche Médicale), CNRS, UIC (Union des Industries Chimiques), FEBEA (Fédération des entreprises de la beauté), LEEM (les Entreprises du Médicament), OPAL (Recherche Expérimentale et Protection de l’Animal de Laboratoire), SPTC (Société de Pharmaco-Toxicologie Cellulaire).
"Cette plateforme a pour but de fédérer tous les partenaires autour de la volonté commune de favoriser la mise en place de méthodes alternatives permettant de réduire ou de supprimer le recours à l’animal de laboratoire notamment dans le développement, l’évaluation et le contrôle des produits de santé et des substances chimiques. La France rejoint ainsi les pays européens disposant d’une plate-forme nationale et réunis au sein de la plateforme européenne ECOPA (European Consensus Platform ou Alternatives). Ces plateformes réunissent les autorités compétentes, les chercheurs, les industriels et les associations de protection animale. La plateforme incitera les chercheurs français à entrer dans le processus de validation des méthodes via l’ECVAM (European Centre for the Validation of Alternative Methods) et les aidera à faire face au paradoxe auqel ils sont confrontés : ils connaissent, présentent ou évaluent des demandes d’essais portant sur des substances chimiques ou des ingrédients entrant dans la composition des produits de santé, tout en étant confrontés aux impératifs éthiques exigeant de limiter au maximum le recours de l’animal de laboratoire, voire de le supprimer à bref délai dans certain cas.
Les réglementations (REACH 7e amendement de la directive cosmétique) et les débats du récent Grenelle de l’environnement mettent en évidence cette problématique.
A la suite du lancement de cette plateforme nationale, effectué conjointement par le directeur Général de la Recherche et de l’Innovation au Ministère de la Recherche et par le Directeur général de l’Afssaps, le Comité Directeur du GIS, présidé par la représentante de l’Afssaps, a tenu sa première séance et nommé son directeur, représentant de l’INERIS le 6 mars 2008. Les travaux de cette plateforme nationale seront conduits au sein de deux sous-comités : produits de santé (dont le secrétariat sera assuré par l’Afssaps) et substances chimiques (dont le secrétariat sera assuré par l’INERIS).
La mise en place de ces deux sous-comités sera faite par un appel à candidatures d’experts compétents, qui sera prochainement publié. Cela permettra à la plateforme d’entrer dans la phase pratique de ses travaux."
Chimie Pharma Hebdo du 5 mai 2008 fait également état de l’annonce par le Ministère de la recherche et l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afsaaps) de la mise en place d’une plateforme nationale pour le développement de méthodes alternatives en expérimentation animale, constituée de 12 partenaires dont la Fondation Ligue française des droits de l’animal.
[…] « Cette plateforme a pour but de développer des méthodes visant à réduire ou à supprimer le recours à l’animal de laboratoire notamment dans le développement, l’évaluation et le contrôle des produits de santé et des substances chimiques. Les travaux de cette plateforme seront conduits au sein de deux sous comités : produits de santé et substances chimiques. La France rejoint ainsi les pays européens disposant d’une plateforme nationale et réunis au sein de la plateforme européenne ECOPA (European Concensus Plattform for Alternatives). Selon la Commission européenne, 10,7 millions d’animaux sont utilisés chaque année par l’industrie, dont plus de la moitié dans la recherche et le développement en santé humaine, 16% dans la production et le contrôle qualité des produits de santé, et 10% dans l’évaluation toxicologique et autres études de sécurité. »
Le Quotidien du Médecin du 28 avril, fait lui aussi état de cette plateforme française.
[…] « Cette plateforme, constituée en groupement d’intérêt scientifique, réunit 12 partenaires, dont l’INSERM, le CNRS, le LEEM, et la Ligue française des droits de l’animal autour de la volonté de favoriser la mise ne place de méthodes alternatives permettant de réduire ou de supprimer le recours à l’animal de laboratoire. Dirigée par le représentant de L’INERIS (Institut national de l’environnement et des risques) elle comprendra deux sous comités (avec des experts recrutés par un appel à candidature) : produits de santé et substances chimiques.
La plateforme rejoindra les structures identiques européennes au sein de l’ECOPA et les chercheurs français seront incités à entrer dans le processus de validation des méthodes via le centre européen ECVAM ( European Centre for the Validation of Alternative Methods.»
De leur côté, les sites Internet www.agoraflux.com et www.viefemme.com, le 23 avril publiaient le communiqué de presse cosigné des 12 partenaires annonçant la création sous forme de GIS la mise en place de la « Plateforme Nationale pour le développement de méthodes alternatives à l’expérimentation animale ». Voire rubrique actualités /dernières informations.

"Homme et Animal: de la douleur à la cruauté", le nouvel ouvrage de la LFDA référencé"
Le Club des vigilants dans sa rubrique " Lu, vu, entendu" d'octobre, publie un compte rendu très élogieux de l’ouvrage issu du colloque organisé par la Fondation LFDA « Homme et animal : de la douleur à la cruauté » et publié, sous la direction de Thierry Auffret Van Der Kemp (directeur de la LFDA et Jean-Claude Nouët (président de la LFDA), aux éditions L’Harmattan, en 2008.
"En régle générale, mieux vaut ne pas recommander des comptes-rendus de colloques: leur lecture est souvent fastidieuse. Cet ouvrage fait exception: les propos sont concis, les émotions réelles et les exemples à la fois précis et émouvants. Lorsque l'Homme, être vivant, considère les animaux d'élevage comme de simples machines biologiques, les animaux de laboratoire comme de simples outils et les animaux en général (à l'exceptions de quelques animaux dits "de compagnie") comme de simples objets, comme "des choses",rien ne va plus. comme l'écrit le professeur Nouët:"connaître les animaux, leur vie, leur diversité doit conduire à respecter leur sensiblité, leurs besoins, leurs espèces". C'est d'autant plus indispensable que la dignité des Hommes est elle -même en jeu : un monde oubliuex de la fraternité entre l'Homme et les autres être vivants, en arrive vite à oublier la fraternité entre humains."
Le mensuel Animaux magazine n°378 de juin 2008, de son côté, apprécie le carcatère salutaire de cette publication.
" Cet ouvrage rend compte des interventions et débats qui ont eu lieu lors du Colloque « Homme et animal : de la douleur à la cruauté » organisé par la Fondation Ligue française des des droits de l’animal, dans le cadre de l’exposition « Bêtes et Hommes » qui s’est tenue à la Grande Halle de la Villette à Paris en octobre 2007.
Le lecteur y trouvera les réponses qu’apportent les scientifiques de renom( biologistes , sociologues, médecins, philosophes…)à des questions qui relèvent autant de la science que de l’éthique ou de la morale, telles que :comment l’homme perçoit la souffrance d’autrui ? Tous les animaux peuvent-ils éprouver de la douleur physique, la souffrance psychique ? Un enfant cruel avec l’animal devient-il un adulte cruel envers l’homme ?
Par les temps qui courent où la violence est trop souvent à la une des médias cet ouvrage scientifique est salutaire."
Le mensuel Soins, la revue de référence infirmière de juin 2008, rend compte aussi de cet ouvrage.
"Tous les animaux peuvent-ils éprouver la douleur physique et la souffrance psychique ? Comment peut-on reconnaître et interpréter les signes extérieurs de la souffrance des animaux ? Comment l’homme perçoit-il la souffrance d’autrui ? Un enfant cruel envers un animal devient-il un adulte cruel envers l’homme ? Voici quelques questions abordées dans ce livre réalisé par la Ligue française des droits de l’animal et présentant les actes d’un colloque réalisé en octobre 2007 à Paris sur le thème « Homme et animal de la douleur à la cruauté ». Les différents intervenants de ce colloque, médecins, neurobiologistes, éthologues, philosophes, sociologues, historiens ou juristes, apportent chacun sous l’angle de leur discipline un éclairage sur la douleur ou la souffrance des animaux et la cruauté que les hommes peuvent exercer envers eux. Enfin, l’une des conclusions du colloque est que l’école a un rôle majeur à jouer pour prévenir et freiner l’agressivité et la violence dans nos sociétés, conduites qui semblent devenir de plus en plus répandues.
Le bimestriel Les cahiers rationalistes n°594 de mai- juin 2008, sous la plume de Pierre Attali, référence également l’ouvrage « Homme et animal : de la douleur à la cruauté ».
« Cet ouvrage relate les actes du colloque organisé le 10 octobre 2007 par la fondation Ligue française des droits de l’animal au parc de la Villette. Pour la première fois en France, des spécialistes d’horizons très différents étaient réunis sur ce thème pour apporter des éléments de réponse et de réflexion à un public issu d’horizons très divers. Dix intervenants médecins, neurobiologistes, éthologues, philosophes, sociologues, historiens, juristes ont éclairé le public sur la douleur ou la souffrance des animaux et la cruauté que les hommes peuvent exercer sur eux.
Tous les animaux peuvent-ils éprouver la douleur physique et la douleur psychique ? Le professeur Jean-Claude Nouët s’élève contre cette croyance que l’animal ne ressent ni douleur ni angoisse. Peut-être s’agit-il là d’un héritage des préjugés archaïques de Descartes et de Malebranche. La douleur peut-être comprise comme l’une des façons d’intégrer et de traduire le signal de danger, chaque animal la ressentant différemment, dans une forme et une intensité qu’il ne nous est pas possible de connaître.
Georges Chapouthier montre qu’il existe, chez les animaux, trois mécanismes de réaction nerveuse aux influences négatives de l’environnement : la nociception, la douleur et la souffrance. La nociception avertit l’organisme qu’un danger le menace. Elle est répandue dans tous les groupes d’animaux. La douleur apparaît chez tous les animaux vertébrés et vraisemblablement chez certains invertébrés. La souffrance apparaît chez les animaux où un état mental supérieur est associé à la nociception et à la douleur.
L’homme méconnaît souvent la souffrance de l’animal et lui fait violence. Il convient de distinguer la violence individuelle, acte conscient exercé par un homme, correctement réprimée par les textes, et la violence collective tolérée et même légalisée par la société. La violence individuelle est active, comme par exemple celle du chasseur tandis que la seconde est passive, mais toujours complice ; c’est le cas du spectateur d’une corrida où le sens de la responsabilité personnelle se dilue et s’efface.
Les textes protecteurs resteront impuissants tant que les mentalités ne seront pas modifiées en profondeur. L’animal n’est pas une chose, il a le droit de ne pas souffrir par la faute de l’homme, les espèces ne doivent pas disparaître, également par la faute de l’homme.
D’éminents spécialistes des sciences biologiques et des sciences humaines, dans les domaines de la neurobiologie, de l’éthologie, de la sociologie, de la philosophie, de l’histoire et du droit, ont apporté leurs réponses à des questions essentielles concernant la douleur des animaux, et les réactions de l’homme à son égard. »

Ethique Animale
A l’occasion du lancement des rencontres « Animal et société »organisées sous l’égide du Ministre de l’agriculture et de la publication aux Presses Universitaires de France de l’ouvrage « Ethique animale » du philosophe et juriste Jean- Baptise Jeangène Vilmer, les sites Internet agoravox.fr et fr.news.yahoo.com, en avril, ont mis en ligne sur 6 pages une longue interview de cet universitaire, enseignant l’éthique à l’université de Montréal. Le rôle important de la Fondation LFDA y est souligné.
[…]L’éthique animale peut-être définie comme l’étude du statut moral des animaux, c'est-à-dire de la responsabilité des hommes à leur égard. Il s’agit naturellement d’une question millénaire mais le mouvement contemporain[…]a son origine dans l’Angleterre des années 1970 […]Comment la France s’est-elle inscrite dans cette démarche de réflexions et de positionnements sur la question animale ? Elle ne s’est pas vraiment « inscrite » dans le sens où la plupart des auteurs français ignorent le débat anglo-saxon […]
Si l’éthique animale existe malgré tout en France, c’est essentiellement grâce à des organisations, et à deux d’entre elles en particulier : la Fondation Ligue française des droits de l’animal(LFDA) et les Cahiers antispécistes, auxquels je consacre une section. La distinction entre ces deux familles est assez claire.
D’un côté, la LFDA défend un welfarisme modéré qui ne remet pas en cause l’exploitation animale, en particulier l’alimentation carnée, ni le primat de l’homme.
De l’autre, les Cahiers défendent un abolitionnisme inclusif, c'est-à-dire qu’il intègre un welfarisme non spéciste, qui remet en cause l’exploitation animale et défend le végétalisme. Autrement dit, pour reprendre la ligne de séparation tracée par David Olivier dans le tout premier numéro de la revue, la LFDA relève de la défense animale, tandis que les Cahiers prônent la libération animale. »[…]

Les clubs jeunes SPA à l'honneur
L’hebdomadaire Haut Anjou du 25 avril 2008, fait état du soutien apporté par la Fondation LFDA au congrès des clubs jeunes SPA organisé à l’occasion de leur 60e anniversaire au Refuge de l’Arche à Château–Gontier. Voire rubrique « les actions inter associatives »

Les Saigneurs des Seigneurs de la mer
Le mensuel Biocontact de novembre 2008, publie sous ce titre un communiqué de Thierry Auffret Van der Kemp,Directeur de la Fondation LFDA, ingénieur de recherche, biologiste marin, en faveur de la préservation des requins menacés par une surpêche particulièrement cruelle.
« A l’occasion de la sortie française en DVD du remarquable film « Les seigneurs de la mer » de Rob Stewart, alertant le monde sur les massacres de requins qui menacent de disparition 90% de leurs espèces avant la moitié du siècle, la Fondation Ligue française des droits de l’animal
(FLFDA) rappelle qu’elle a attiré depuis deux ans sur ce sujet l’attention du Ministre de l’agriculture et de la pêche et la Secrétaire d’Etat chargée de l’écologie. Les requins figurent parmi les espèces marines les plus menacées, principalement en raison de leur surpêche, à laquelle la France contribue fortement. Les navires français ont déclaré avoir pêché 11.365 tonnes de requins en 2005 (dernières statistiques publiées) ce qui place la France au deuxième rang européen après l’Espagne. De plus la France a importé en 2006 3.334 tonnes de requins, faisant d’elle la troisième importatrice, derrière l’Espagne et l’Italie.
Des quotas trop laxistes
Les requins constituent la part la plus importantes des prises accessoires des thoniers français, les plus efficaces d’Europe, dans leurs pêches dans l’Océan Indien et au large des côtes d’Afrique de l’Ouest. Mais, malgré les menaces immédiates qui pèsent sur les requins, très peu de dispositions limitent la pêche aux requins, et les quelques quotas existants sont très au dessus des maximums recommandés par les experts scientifiques, et seules 6 espèces sont protégées dans le monde
Une centaine de millions de requins sont tués chaque année par des pêcheries industrielles et la pêche de loisir dans le monde. Ils sont particulièrement vulnérables à la surpêche, en raison de leur croissance lente et de leur maturité tardive. Dans la majorité des 470 espèces de requins les femelles ne pondent pas d’œufs comme les autres poissons : les jeunes se développent dans le ventre de leur mère, et la mort d’une femelle peut impliquer la mort de plusieurs jeunes. Au résultat, les effectifs déclinent rapidement.
Un chaînon supérieur primordial
Or les requins jouent un rôle primordial en tant que prédateurs dans les écosystèmes océaniques. Déjà apparaissent dans le monde des signes de perturbation importante des équilibres des réseaux alimentaires dans plusieurs écosystèmes marins, qui sont les conséquences directes de la disparition de populations de requins. Actuellement, l’UICN-Union internationale pour la conservation de la nature estime qu’au moins 300 des 1000 espèces de raies et de requins connues dans les eaux européennes sont en danger, et qu’au moins 150 autres vont le devenir prochainement.
L’aileronage interdit
En 2003, l’Union européenne a interdit la pratique gaspilleuse et cruelle de l’aileronage (ou finning) qui consiste à amputer les nageoires du requin, le plus souvent encore vivant, et à rejeter son corps mutilé à la mer, alors qu’il est encore vivant dans 50 % des cas ; l’animal peut agoniser entre 24 h et 3 semaines, comme il a été constaté. Mais ce règlement contient des dérogations qui rendent cette interdiction inefficace. Par exemple, le fait que les carcasses et les ailerons puissent être débarqués séparément rend impraticable tout contrôle des quantités prélevées, et tout contrôle du rapport de quantité entre nageoires coupées et carcasses débarquées.
L’Europe doit agir
Etant donné l’accession de la France à la présidence de l’Union européenne, l’importance des captures de requins par les pêcheries françaises, la forte influence de l’Europe sur les politiques mondiales de la pêche, et l’engagements pris en 1999 par l’Union au sein de la FAO-Food Agricultural Organisation de mettre en place un plan européen de gestion des populations de requins, la a demandé dès octobre 2007 au Ministre de l’agriculture et de la pêche que la France apporte son soutien à la proposition de résolution européenne pour un plan d’action européen pour la conservation des requins, élaborée par Shark Alliance.
La LFDA* rappelle que le nombre d’attaques mortelles par les requins est inférieur à une dizaine par an dans le monde entier, et que pour la seule France on compte une quinzaine de décès dus aux guêpes, abeilles et frelons. Les films « dents de la mer » et autres du même genre sont contraires à la réalité. Et les sAIgneurs ne sont pas ceux qu’on pense… »
*La Ligue française des droits de l’animal (LFDA) est un centre de réflexions éthiques, d’informations pluridisciplinaires (scientifiques, philosophiques, historiques et sociologiques) et de propositions juridiques visant à rétablir des rapports équilibrés et moins violents entre l’espèce humaine et les autres espèces animales.
Le site Internet 123savoie.com, le 9 avril 2008, sous ce titre, publie l’intégralité du communiqué de presse que la Fondation LFDA a diffusé à l’occasion de la sortie en salle du film canadien « Les seigneurs de la mer ».
« A l’occasion de la sortie en France du remarquable film « Les seigneurs de la mer » de Rob Stewart, alertant le monde sur les massacres de requins qui menacent de disparition 90% de leurs espèces avant la moitié du siècle, la Fondation Ligue française des droits de l’animal rappelle qu’elle a attiré depuis deux ans sur ce sujet l’attention du Ministre de l’agriculture et de la pêche et la Secrétaire d’Etat chargée de l’écologie.
Les requins figurent parmi les espèces marines les plus menacées, principalement en raison de leur surpêche, à laquelle la France contribue fortement. Les navires français ont déclaré avoir pêché 11.365 tonnes de requins en 2005 (dernières statistiques publiées) ce qui place la France au deuxième rang européen après l’Espagne. De plus la France a importé en 2006 3.334 tonnes de requins, faisant d’elle la troisième importatrice, derrière l’Espagne et l’Italie. Les requins constituent la part la plus importantes des prises accessoires des thoniers français, les plus efficaces d’Europe, dans leurs pêches dans l’Océan Indien et au large des côtes d’Afrique de l’Ouest. Mais, malgré les menaces immédiates qui pèsent sur les requins, très peu de dispositions limitent la pêche aux requins, et les quelques quotas existants sont très au dessus des maximums recommandés par les experts scientifiques, et seules 6 espèces sont protégées dans le monde.
Une centaine de millions de requins sont tués chaque année par des pêcheries industrielles et la pêche de loisir dans le monde. Ils sont particulièrement vulnérables à la surpêche, en raison de leur croissance lente et de leur maturité tardive. Dans la majorité des 470 espèces de requins les femelles ne pondent pas d’œufs comme les autres poissons : les jeunes se développent dans le ventre de leur mère, et la mort d’une femelle peut impliquer la mort de plusieurs jeunes. Au résultat, les effectifs déclinent rapidement. Or les requins jouent un rôle primordial en tant que prédateurs dans les écosystèmes océaniques. Déjà apparaissent dans le monde des signes de perturbation importante des équilibres des réseaux alimentaires dans plusieurs écosystèmes marins, qui sont les conséquences directes de la disparition de populations de requins. Actuellement, l’UICN-Union internationale pour la conservation de la nature estime qu’au moins 300 des 1000 espèces de raies et de requins connues dans les eaux européennes sont en danger, et qu’au moins 150 autres vont le devenir prochainement.
En 2003, l’Union européenne a interdit la pratique gaspilleuse et cruelle de l’aileronage (ou finning) qui consiste à amputer les nageoires du requin, le plus souvent encore vivant, et à rejeter son corps mutilé à la mer, alors qu’il est encore vivant dans 50 % des cas ; l’animal peut agoniser entre 24 h et 3 semaines, comme il a été constaté. Mais ce règlement contient des dérogations qui rendent cette interdiction inefficace. Par exemple, le fait que les carcasses et les ailerons puissent être débarqués séparément rend impraticable tout contrôle des quantités prélevées, et tout contrôle du rapport de quantité entre nageoires coupées et carcasses débarquées.
Etant donné l’accession prochaine de la France à la présidence de l’Union européenne, l’importance des captures de requins par les pêcheries françaises, la forte influence de l’Europe sur les politiques mondiales de la pêche, et l’engagements pris en 1999 par l’Union au sein de la FAO-Food Agricultural Organisation de mettre en place un plan européen de gestion des populations de requins, la Fondation LFDA a demandé dès octobre 2007 au Ministre de l’agriculture et de la pêche que la France apporte son soutien à la proposition de résolution européenne pour un plan d’action européen pour la conservation des requins,(voire rubrique Dernières informations sur ce site) élaborée par Shark Alliance.
La Fondation Ligue française des droits de l’animal rappelle que le nombre d’attaques mortelles par les requins est inférieur à une dizaine par an dans le monde entier, et que pour la seule France on compte une quinzaine de décès dus aux guêpes, abeilles et frelons. Les films « dents de la mer » et autres du même genre sont contraires à la réalité. Et les sAIgneurs ne sont pas ceux qu’on pense. »
Le site Internet jemesensbien.fr, dans un article intitulé « Les requins en danger », sous la plume de Marie Pagodin, reprend une partie du communiqué de la Fondation LFDA
Depuis que j’ai vu Les dents de la mer, j’ai la trouille de plonger à cause des requins. En fait, c’est eux qui sont en danger ! Le film Les seigneurs de la mer de Rob Stewart, alerte le monde sur les massacres de requins menacés de disparition.[…] Dans 5 à 10 ans, de nombreuses espèces de requins auront disparu, s’alarme le réalisateur du film. Un comble pour un animal apparu il y a plus de 400 millions d’années, bien avant les dinosaures et qui a survécu aux cinq crises majeures d’extinction des espèces !
De son côté, la Fondation Ligue française des droits de l’animal rappelle que le nombre d’attaques mortelles par les requins est inférieur à une dizaine par an dans le monde entier. Alors qu’en France, on compte une quinzaine de décès dus aux guêpes, abeilles et frelons, bien plus dangereux qu’un requin ! […]Les saigneurs ne sont pas ceux qu’on pense. Ca n’a pas l’air mais la France est en le deuxième pays européens pêcheur de requins après l’Espagne et l’Italie et le troisième pays importateur derrière l’Espagne et l’Italie ![…]

Le statut de l'animal aux rencontres "Animal et Société"
Le mensuel Animaux magazine d’avril 2008 dans son dossier consacré aux rencontres « Animal et société » organisées depuis mars par le ministre de l’agriculture et de la pêche, fait état de l’apport de la Fondation LFDA dans les réflexions juridiques et des propositions sur le statut de l’animal qui fait l’objet au sein de ces rencontres qui constitue la thématique d’un des 3 groupes de travail de ces rencontres.
[…] « L’atelier les statuts de l’animal devra se pencher notamment sur les questions juridiques et scientifiques concernant le respect de l’animal vivant et de sa protection contre la maltraitance. Il s’agira de préciser les statuts juridiques de protection de tous les animaux : de compagnie, domestiques, sauvages ou utilisés en expérimentation. Sous- jacente, la volonté de mieux prendre en compte que tout animal est un être sensible qui ne doit pas être utilisé par l’homme de façon abusive. Depuis de nombreuses années, le statut juridique de l’animal a fait l’objet de maintes tables rondes, souvent à l’initiative des associations de protection animale.
Pour l’heure, le droit français distingue les animaux domestiques des animaux sauvages. L’article 211-5 du Code rural précise que sont considérées comme espèces animales non domestiques, celles qui n’ont pas subi de modification de la part de l’homme. Les animaux sauvages libres sont considérés comme res nullus, sans propriétaires. Aucun texte de loi ne les protège stricto sensu contre la maltraitance. Tout ce qui les concerne s’inscrit dans le code de l’environnement qui ne s’intéresse qu’à la préservation de leurs espèces –non les individus.
Les animaux domestiques ou sauvages, apprivoisés ou détenus en captivité par l’homme, ont un statut ambigu. D’une part, le Code rural qui les concerne les reconnaît comme être sensibles.
Son article L.214-1 stipule Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce.
Les mauvais traitements, les actes de cruauté et les sévices sexuels à leur encontre tombent sous le coup de la loi et sont sanctionnés par le Code pénal.
Mais d’un autre côté, le Code civil français les maintient au rang de biens meubles.
Son article 528 précise que Sont meubles par leur nature les animaux et les corps qui peuvent se transporter d’un lieu à un autre, soit qu’ils se meuvent par eux-mêmes, soit qu’ils puissent changer de place que par l’effet d’une force étrangère. Etre sensible et meuble ? Les associations de protection animale luttent depuis longtemps pour que toute l’ambigüité soit levée : le Code civil doit reconnaître les animaux être sensibles. Sa réforme répondrait à l’amour et au respect que leur accordent des millions de propriétaires ! En 2004, l’Etat français a fini par se pencher sur la question. Le ministre de la justice de l’époque, M. Dominique Perben, a demandé un rapport sur le statut juridique de l’animal à Mme Suzanne Antoine, présidente de chambre honoraire à la Cour d’Appel de Paris et trésorière de la Fondation Ligue française des droits de l’animal. Juristes et associations ont été entendus. Un an plus tard, Mme Suzanne Antoine remettait son rapport. Elle proposait une alternative pour réformer le code civil : soit créer une catégorie juridique spécifique à l’animal, soit le rendre bien protégé. Depuis ses conclusions, rien n’a été entrepris. Les rencontres « Animal et société » vont –elle permettre de bousculer enfin le code civil ?

Vétérinaires: pour ou contre une évolution du régime juridique de l'animal?
L’hebdomadaire La semaine vétérinaire du 28 mars 2008, commente le résultat d’un sondage effectué par le site Planete.vet.com auprès des vétérinaires pour connaître leur opinion vis-à-vis dune réforme du statut juridique telle que celle proposée par la Fondation LFDA.
« L’animal reconnu comme un être sensible par le Code rural, est défini par le Code civil, comme un bien meuble. Modifier ou non ce régime juridique fait débat. C’est d’ailleurs le thème choisi par l’un des groupes de travail mis en place dans le cadre du grenelle de l’animal. La profession vétérinaire est impliquée dans ce débat, en raison de sa compétence et de son rôle sur le terrain. Le statut juridique de l’animal a déjà retenu l’attention des ministères, notamment au printemps 2005, alors que Nicolas Forissier, secrétaire d’Etat à l’Agriculture, présente sa politique dans ce domaine. Le 10 mai de la même année, le garde des Sceaux de l’époque, Dominique Perben, reçoit à la chancellerie, en présence de ce ministre, le rapport relatif à la réforme du statut juridique de l’animal qu’il a commandé.
Ce texte, rédigé par Suzanne Antoine, présidente de chambre honoraire à la cour d’appel de Paris et trésorière de la Ligue française des droits de l’animal, remis à grand renfort médiatique, alimente la controverse. La reconnaissance d’un statut spécifique est en effet une demande des associations de protection animale. Si le statut de l’animal a évolué, sa classification reste encore à améliorer, admet notre consœur Geneviève Gaillard, députée des deux Sèvres et présidente du groupe parlementaire pour la protection animale. Plusieurs propositions sont émises, dont la création dans le Code civil d’une catégorie à part pour les animaux, à mi-chemin entre les personnes et les biens. L’autre solution avancée est de laisser les animaux dans la catégorie des biens, mais avec une reconnaissance de leur particularité.
Mais la question soulevée est avant tout celle de l’accompagnement sur le terrain. Ainsi 35,5% des confrères n’estiment pas nécessaire de réformer le statut de l’animal. Selon eux, le problème est le manque d’application des textes existants. [….] 57,8% des vétérinaires interrogés sont favorables à une évolution du droit en faveur de l’animal, avec des adaptations et sans tomber dans une vision anthropomorphique.[…] Seuls 6,7 % souhaitent un statut qui apparente l’animal à l’homme. […] »

L'animal-être sensible au laboratoire
Le mensuel « Science et Vie » d’avril 2008, dans la seconde partie, concernant l’éthique, de son remarquable dossier « Expérimentation animale. Le grand malaise », que Caroline Tourbe, Jean-Jacques Perrier, Boris Bellanger et K. Bettayeb consacrent à sa Une, nourrit la réflexion par les remarques de Georges Chapouthier, vice-président de la Fondation LFDA, membre du Comité national de réflexion éthique sur l’expérimentation animale et par ailleurs directeur de recherche au CNRS
[…]Ce sont les conceptions du rapport entre l’homme et l’animal qui ont évolué. Héritée des thèses de Descartes, selon lesquelles le corps est une machine, la biologie de Claude Bernard représente typiquement la conception de l’animal-objet encore assez développée en Occident, résume Georges Chapouthier, biologiste et philosophe. En cela, elle s’oppose à la seconde conception qui commence à s’imposer depuis un demi- siècle : celle de l’animal-être sensible. Les raisons d’une telle évolution ? Paradoxalement, elles viennent essentiellement des progrès de la science elle-même ! Parce qu’ils ont peu à peu bousculé les distinctions que l’homme établissait vis-à-vis de l’animal. Une valse à trois temps, selon Georges Chapouthier : « Dès leurs débuts, et quoique basées sur des préceptes cartésiens, la biologie et la physiologie ont montré qu’il existait de grandes ressemblances fonctionnelles entre l’homme et l’animal ». A cet égard, la génétique a, plus récemment, joué un rôle majeur, en révélant notamment la très forte homologie entre les gènes de l’homme et ceux du chimpanzé. « En second lieu, avec la formulation de la théorie de l’évolution par Darwin, l’homme et l’animal se trouvent liés pour des raisons d’origine ». La notion de continuité entre l’homme et l’animal commence à se développer. […]. Troisième mouvement, la mise à mal du dernier bastion de l’humanité résistant encore aux assauts de l’animal : la culture. Ce rempart est en effet battu en brèche par les nombreuses expériences qui montrent que bien des animaux sont plus intelligents que ce que l’on pensait. « Si l’on analyse n’importe quel terme culturel, on peut en trouver des ébauches chez les animaux, constate Georges Chapouthier. Telle celles de l’outil, du langage, de la morale, de l’esthétique. Certes il ne s’agit que d’ébauches, mais toutes ces observations estompent la différence entre l’homme et l’animal. Et jusqu’à la conscience de soi, qui a été attribuée au chimpanzé, à l’éléphant ou au dauphin, car ils sont capables de s’identifier dans un miroir. Dans la pratique, la conception de l’animal-être sensible a entraîné au XXe siècle une vague de réflexion sur le statut de l’animal de laboratoire. Avec, à la clé, la mise en place de lignes de conduite dans l’expérimentation animale. La plus reconnue étant la règle des 3R énoncée en 1959 par le zoologiste William Russel et le microbiologiste Rex Burch. Trois « R » pour « remplacer » (l’animal par d’autres modèles), « réduire » (le nombre d’animaux), « raffiner » (les protocoles expérimentaux). Car tel est le chemin à suivre désormais pour établir un compromis entre notre besoin d’expérimenter afin de faire progresser nos les connaissances et notre aversion à devoir, pour ce faire, maltraiter des animaux, nous apparaissant toujours plus proches de nous. […] »

Quand le site de la Fondation LFDA est conseillé
Le mensuel « Ushuaïa. La nature et les hommes » de mars 2008, en réponse à une de ses lectrices souhaitant faire des recherches su Internet sur les trafics d’animaux, indique une liste de 4 sites dans laquelle lecelui de la fondation figure en première place.

Mieux protéger l'avifaune de la Côte d'Azur
Le quotidien Nice matin du 5 mars 2008 fait état des mesures de protection, notamment des oiseaux mises en place ou recommandées par la fondation LFDA.
" Depuis une vingtaine d’années, des points d’eau ont été installés dans les bois de Notre –Dame de la Garoupe pour les oiseaux et les écureuils, à l’instigation de la Ligue française des droits de l’animal, dont la correspondante régionale est l’Antiboise Paule Marchisio.
Ces équipements, déjà anciens, et dont les amis de la nature ont pu constater l’utilité, auraient bien besoin aujourd’hui d’être restaurés. La ligue régionale souhaite donc que la mairie prévoit ces petits travaux.
« Ce n’est pas une priorité absolue bien-sûr, mais cela coûte trois fois rien, et comme j’apprends que des travaux sont prévus dans ce secteur, je pense que l’on pourrait en profiter pour restaurer ces abreuvoirs » explique Mme Marchisio. La Ligue des droits de l’animal demande également que l’on tienne compte des périodes de nidification pour effectuer le débroussaillage. A trois semaines près en effet, on massacre des couvées entières ou, au contraire, on permet aux oiseaux d’assurer leur descendance.
Il faut donc y penser, que l’on soit un jardinier amateur ou un professionnel responsable des espaces publics."

Les animaux sont-ils des choses?
Le mensuel Cheval magazine de février 2008, en se posant la question à propos du cheval , répond, par la plume d’Antoinette Delylle, bien évidemment par la négative en s’appuyant notamment sur les arguments éthiques et juridiques développés par la Fondation LFDA dans ces actions et de le rapport sur le régime juridique de l’animal de Suzanne Antoine, président de chambre honoraire à la cour d’appel de Paris et administrateur de la Fondation LFDA.
« Depuis plus de trente ans, la Ligue française des droits de l’animal agit pour faire inscrire dans la loi le droit pour l’animal de ne pas souffrir ni de disparaître par la faute de l’homme. Elle milite pour la reconnaissance et la défense de droits fondamentaux des animaux. Elle est à l’origine d’une « Déclaration universelle des droits de l’animal » proclamée en 1978 à la maison de l’Unesco. Il s’agit d’un texte d’essence éthique et scientifique, qui souligne l’unité et la communauté des très vivants, ainsi que l’existence de leur sensibilité » […]
« Remis au ministère de la justice en 2005, le rapport Suzanne Antoine, consultable en ligne (www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports/index.shtml) envisage deux solutions :
1. Considérer les animaux comme des êtres vivants doués de sensibilité, et les extraire complètement du droit des biens, tout en ne bouleversant pas le régime d’appropriation.
2. Créer en plus des meubles et des immeubles, une catégorie de biens, celles des animaux, en les associant à des « biens protégés ». […] reste que la reconnaissance de l’animal comme un être spécifique serait un symbole fort. C’est peut-être l’Europe qui débloquera la situation. La communauté européenne est à l’origine du concept de « bien-être animal », un terme particulièrement révélateur de l’évolution des mentalités. Il ne s’agit plus en effet pour l’homme de se situer comme « protecteur de l’animal », mais de démarrer une recherche éthique visant à améliorer ses conditions de vie. Sous la pression de l’Union européenne, le droit français va devoir changer pour, enfin, accorder à l’animal un véritable statut. »

Sévices sexuels envers un animal
L’hebdomadaire La Dépêche vétérinaire du 16 février 2008, en faisant référence à un article de Suzanne Antoine sur ce sujet, publié dans le Bulletin d’Informations de la Fondation Ligue française des droits de l’animal n°56, décrit une première jurisprudence issue de la loi du 4 mars 2004. Celle–ci fut l’aboutissement des initiatives prises par la Fondation LFDA pour faire reconnaître par l’article 521-1 du code pénal , les sévices de nature sexuel à l’égal des autres sévices et actes de cruauté envers un animal, comme délits passibles de 2 ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende.
« La Cour de cassation de cassation a rejeté, le 4 septembre dernier, le pourvoi de Gérard L, agent de l’administration pénitentiaire, qui avait commis plusieurs actes de pénétration sur un poney lui appartenant, la scène ayant été filmée par son amie. Il s’agit de la première jurisprudence issue de la loi du 4 mars 2004 (article50) […]
La cour d’appel de Dijon avait condamné, le 27 janvier 2006, Gérard L. a un an d’emprisonnement avec sursis et à l’interdiction de détenir un animal. Suite à son pourvoi, la Cour de cassation (arrêt chambre criminelle N°06-82.785) a jugé que l’acte de pénétration était suffisant pour constituer le délit, sans qu’il soit nécessaire de rapporter la preuve qu’il avait été accompagné de fureur, de violence ou de cruauté.»

Vers une éducation au respect de l'animal à l'école et dans les grandes écoles
Le mensuel 30 millions d'amis de décembre 2007, dans son dossier 2007 L'année du pire et du meilleur pour les animaux, fait état des démarches de la LFDA en matière d'éducation à l'école et dans les grandes écoles.
«C'est en juin 2007 que la Ligue française des droits de l'animal s'est rendue au cabinet du chef du ministère de l'Education nationale, afin de lui proposer la création d'une éducation civique à la nature, dans le primaire et le secondaire. Un programme qui souhaite sensibiliser les jeunes au respect de l'environnement naturel, des animaux, à la connaissance de leur vie et aux diverses relations que les hommes entretiennent avec eux, ainsi qu'à la découverte de la réglementation et des instances administratives liées à leur protection et leur préservation».
«C'est une première en France, la prestigieuse école de Sciences Politiques de la capitale a créé une Tribune pour l'animal, au sein de son établissement. Un cycle de cinq conférences intitulé Humanité, animalité: vers une nouvelle éthique? a été ouvert par la Ligue françiase des droits de l'animal, et a permis se sensibiliser les futures élites à la condition animale et aux questions philosophiques, juridiques et scientifiques qui s'y rattachent. A quand une telle démarche de l'ENA qui forme nos dirigeants?».

Apologie de la corrida: retour sur une maltraitance festive
Dans Libération du 8 novembre 2007, le journal publie, sous la plume de la philosophe Elisabeth de Fontenay, un bel article dénonçant les fausses prestations des apôtres de la corrida, dans le quel elle fait référence à l’ouvrage d’Elisabeth Hardouin-Fugier, administrateur de la Fondation Ligue française des droits de l’animal.
«C’est en 1853 que la corrida fut implantée en France par Eugénie de Montijo, épouse de Napoléon III. Ce dernier ne s’est donc pas contenté de violer la Constitution de 1848, il a fait bon marché de la loi Grammont votée en 1850, cette première mesure de protection animale que la gauche républicaine avait défendue contre la droite cléricale. Etait-elle plus belle ou l’était-elle moins, la feria, avant que, vers 1930, on impose l’usage du caparaçon ? Les festivités sanglantes commençaient alors, comme le souligne Elisabeth Hardouin-Fugier dans Histoire de la corrida en Europe du XVIIe au XXIe siècle, par le massacre des chevaux que montaient les picadors. Ces animaux, affamés, hébétés, les yeux bandés, incapables d’esquiver la charge se faisaient immanquablement éventrer et, à moins d’être immédiatement recousus, ils se prenaient les pieds dans leurs entrailles.
Ernest Hemingway aura eu la bassesse d’écrire que, dans la tragédie de la mort du taureau, celle du cheval relevait plutôt du comique et Michel Leiris, que «l’ignoble sang des chevaux» représentait les menstrues féminines. Interrogé sur son rapport à Michel Leiris, Jacques Derrida, qui avait accepté la présidence d’honneur du Comité radical anticorrida, avait répondu: «Je peux aimer ou admirer tels textes de Leiris sans cesser de me poser des questions sur le désir et l’expérience de Leiris lui-même.»
On rappellera du reste que Michel Leiris et Henry de Montherlant ont fini par dénoncer le cabotinage de la plupart des toreros et le verbiage héroïco-esthétique des aficionados. Certes, j’accorderai à ceux-ci l’incontestable beauté d’un spectacle qui s’est imposé comme une cérémonie grandiose. Mais ce constat n’empêche aucunement de demander si le fait de procéder selon des rites annule la responsabilité morale d’une torture mortelle infligée en vue d’un pur plaisir. Eugène Delacroix, qui a représenté des acteurs de l’arène, n’a jamais peint de corrida et il a écrit dans son journal que «là où coule le sang, l’art est impossible».
Les apôtres de la corrida disent, de surcroît, que son abolition constituerait une faute écologique en ce qu’elle mettrait fin à l’élevage des taureaux sauvages, race qui concourt à la diversité des espèces. Or, il faut savoir que la zootechnie n’a pas moins créé et cultivé le taureau dit de combat que le bœuf du Charolais si méprisable aux yeux des zélateurs du «toro bravo». Celui-ci ne combat pas de nature comme un chien chasse de race puisqu’il est méthodiquement entretenu dans une «hostilité familière». Les taureaux sauvages sont à peu près élevés comme on élève des faisans pour les tirer et, en liberté, ils n’attaquent guère les hommes, sauf circonstances exceptionnelles. Ce qui rend le taureau non pas «brave» mais furieux c’est son conditionnement, sa contention lors du transport et son enfermement dans le toril.
C’est avec la justification éthique de la corrida qu’on touche au comble de la supercherie. Les aficionados cultivés se réclament d’une morale aristocratique d’inspiration stoïcienne, ils exaltent la virilité héroïque de deux êtres exceptionnels, le toro et le torero. Selon eux, cette éthique de la lutte à mort irait à l’encontre de la tranquillité bourgeoise et de ses pleurnicheries sur les droits. Ainsi opposent-ils la mort debout du taureau dans l’arène à la mort passive et ignominieuse des bœufs à l’abattoir. Ce mode de légitimation a quelque chose de grotesque. D’abord parce que parler de la bravoure des toros relève d’une pure projection.
Comment explique-t-on en effet que certains d’entre eux refusent le combat à tel point que pour les exciter, on lâchait naguère sur eux les molosses des abattoirs de Séville ?
Ensuite, parce qu’en dépit de Picasso, ce culte de l’héroïsme viril pue son «Viva la muerte !» fasciste. Enfin, parce que les spectateurs se contentent d’être assis et de regarder. On ne nous fera quand même pas prendre le voyeurisme collectif pour un acte de courage.
La corrida est un spectacle qui consiste à infliger au taureau des tortures savantes, de manière à retarder le moment fatal. Les harpons des banderilles plantées sur son dos l’ensanglantent et entament ses muscles un peu plus à chacun de ses mouvements mais les blessures n’en sont pas mortelles. C’est au bout de vingt minutes que, les poumons remplis de sang, tombant à genoux – et non debout ! –, il reçoit l’estocade, laquelle ne met pas fin à son supplice puisqu’il faut encore que l’achèvent les puntilleros armés de couteaux : dans l’arène mais à l’abri des regards.
Si Hugo et Schoelcher ont jugé capital de porter au nombre de leurs combats l’opposition à la corrida, c’est bien qu’il y a quelque chose de politique au cœur de cet engagement contre la magie du sang, de la volupté et de la mort. «Je suis absolument contraire, écrivait Zola, aux courses de taureau, qui sont des spectacles dont la cruauté imbécile est, pour les foules, une éducation de sang et de boue.»

Homme et animal, de la douleur à la cruauté : le thème d'un important colloque
Le mensuel 30 millions d'amis de décembre 2007, publie un bref compte rendu du colloque 2007 de la Fondation LFDA.
«Exceptionnel par son thème, le colloque Homme et animal: de la douleur à la cruauté, s'est déroulé en octobre dernier au parc de la Villette à Paris, à l'initiative de la Ligue française des droits de l'animal. L'hémicycle rempli d'auditeurs attentifs, la qualité des intervenants (médecins, biologistes, philosophes, sociologues, historiens, juristes) et la pertinence de leurs propos sont un premier pas encourageant dans la prise de conscience des souffrances que nous infligeons aux animaux».
Le trimestriel Les Nouvelles de l’Alpe n°38 d’octobre 2007 fait état du colloque de la Fondation LFDA sous la forme d’une brève reprise par les sites Internet kair.com et glenatmedia.com.
« La Ligue française des droits de l’animal(LFDA) fête ses trente ans et s’intéresse dans un registre proche aux rapports entre l’homme et l’animal en organisant un colloque public le 10 octobre, « Homme et animal : de la douleur à la cruauté ». Cela se passe dans la salle Boris Vian de la Grande Halle de la Villette, qui abrita les abattoirs de Paris de 1867 à 1974. En outre, cette Grande Halle de la vient de rouvrir après une importante rénovation et accueille dans le même cadre l’exposition Bêtes et hommes. Les sites Internet de la LFDA, de La Grande Halle et de l’exposition elle-même regorgent d’informations détaillées sur ces évènements.
Le journal Le Quotidien du médecin du 9 octobre 2007 annonce le colloque de la LFDA.
«A l'occasion du 30 ème anniversaire de la Ligue française des droits de l'animal organise un colloque d'une journée sur le thème "Homme, animal: de la douleur à la cruauté", le 10 octobre au parc de la Villette, à Paris. Ce colloque pluridisciplinaire, qui se déroule dans le cadre de l'exposition "Bêtes et hommes", est spécialement destiné au grand public. La fondation a réuni, pour la première fois en France, dix intervenants d'horizons différents: médecins, biologistes, philosophes, sociologues, historiens et juristes».
L'hebdomadaire Charlie Hedbo du 3 octobre 2007 annonçait ainsi le colloque.
«Le 10 octobre, salle Boris-Vian de la Grande Halle du parc de la Villette à Paris, dans le cadre de l'exposition "Bêtes et hommes", la Ligue française des droits de l'animal a organisé le colloque "Homme, animal: de la douleur à la cruauté". Avec notamment l'historienne Elisabeth Hardouin-Fugier, auteur du livre "Histoire de la corrida en Europe du XVIII° au XX° siècle", aux éditions Connaissances et Savoirs».
Le
bimestriel Bull et Terriers Mag n°23 de Septembre/octobre 2007 présente le prochain colloque de la LFDA.
« A l’occasion du 30ème anniversaire de sa création, la Ligue française des droits de l’animal, organise un colloque d’une journée sur le thème « Homme, animal : de la douleur à la cruauté », le mercredi 10 octobre 2007 au Parc de la Villette à Paris. Pour traiter des différents aspects de ce sujet fondamental et en débattre avec le public de façon aussi complète et pluridisciplinaire que possible, la fondation LFDA, a réuni dix intervenants d’horizons différents : médecins, biologistes, philosophes, sociologues, historiens, juristes.
L’entrée au colloque est gratuite et sur réservation dans la mesure des 400 places disponibles. Infos et inscriptions : contact@fondation-droits-animal.org ».
Le trimestriel Alliance Végétarienne n° 89 de septembre 2007 invite ses lecteurs au colloque organisé par la LFDA au Parc de la Villette à l’occasion de l’exposition Bêtes et Hommes réalisée par cet établissement public.
« A la grande halle de la Villette (211, avenue Jean-Jaurès-75019 Paris) doit se tenir du 12 septembre 2007 au 20 janvier 2008 l’exposition Bêtes et Hommes :
Les relations que nous entretenons avec les animaux sont multiples suivant que l’on est éleveur, scientifique, propriétaire d’un animal familier ou encore amateur de la faune sauvage. Mais chacune pose la question de savoir comment vivre ensemble, quelles sont les conditions de notre cohabitation…L’exposition montre, sous un angle inédit, comment les relations concrètes transforment les bêtes et les hommes.
De cette exposition, dont on ne sait pas trop ce qu’on pourra en tirer pour faire véritablement changer les mentalités, on retiendra surtout une journée particulière.
Le mercredi 10 octobre2007, en effet, salle Boris-Vian (Parc de la Villette), se tiendra sous l’égide de la Ligue française des droits de l’animal une journée « Homme et animal : de la douleur à la cruauté », qui s’intéressera à l’évolution depuis ces trois derniers siècles du regard porté sur la douleur et la souffrance des animaux, à la fois sous les angles scientifique, philosophique, sociologique et juridique:
Du point de vue philosophique, la douleur des animaux n’est elle pas un scandale absolu ? Comment reconnaître et interpréter les signes extérieurs de la souffrance des animaux ? Comment le cerveau humain perçoit-il la souffrance d’autrui ? Comment a été perçue la cruauté envers les animaux au cours de l’histoire ? Comment le Droit a-t-il pris en compte la cruauté envers l’animal ?
Voilà qui semble devoir être bien intéressant, et certainement davantage que les éternels poncifs sur les relations amicales qu’entretiendraient les éleveurs avec leurs bêtes (voir le programme de la journée-chargée-éditée par la LFDA). Si donc vous passez par Paris le 10 octobre… »
Le mensuel Animaux magazine de juillet 2007 fait état du prochain colloque organisé par la LFDA au Parc de la Villette « Le 10 octobre prochain, à l’occasion de l’exposition « Bêtes et hommes à la Grande Halle de la Villette et de son 30e anniversaire, la Fondation Ligue française des droits de l’animal, organise un colloque « Homme et animal, de la douleur à la cruauté ».
Tout au long de cette journée, une douzaine de médecins, biologistes, philosophes, sociologues, historiens et juristes interviendront pour débattre avec le public de la reconnaissance et de la prise en compte de la douleur et de la souffrance chez les animaux : comment a été perçue la cruauté envers les animaux au cours de l’histoire ? Un enfant cruel envers un animal devient-il un adulte cruel envers l’homme ? Comment le droit a-t-il pris en compte la cruauté en vers l’animal ?etc. Les conférences seront successivement données par Jean-Claude Nouët, Georges Chapouthier, Dalila Bovet, Florence Burgat, Jean Decety, Jean-Luc Guichet, Marie-France Le Heuzey, Jocelyne Porcher, Elisabeth HardouinFugier, Suzanne Antoine.
Si vous souhaitez assister à ce colloque-entrée gratuite mais réservation conseillée- consulter la rubrique dernières informations des Actualités du site internet de la fondation : www.fondation-droits-animal.org ou contactez la au 01 47 07 98 99.
Le semestriel La lettre de l’OABA n° 2 2007 de juin 2007, quant à elle, fournit sur ce colloque les informations suivantes : « Homme et animal : de la douleur à la cruauté ».Tel est le thème retenu pour le prochain colloque de la Fondation Ligue française des droits de l’animal. Il se déroulera, le mercredi 10 octobre 2007, au Parc de la Villette, à Paris.
Présenté à l’occasion de l’exposition à la Grande Halle de la Villette, « Bêtes et hommes » et du 30e anniversaire de la Ligue française des droits de l’animal, ce colloque montre pour la première fois en France comment se sont opérés progressivement, au cours des trois derniers siècles, la reconnaissance et la prise en compte de la douleur et de la souffrance chez les animaux.
Pour exposer les différentes facettes de ce sujet, une douzaine de médecins, biologistes, philosophes, sociologues, historiens et juristes ont été réunis. Parmi ces derniers, citons :
- Georges CHAPOUTHIER, philosophe et biologiste, Directeur de recherche au CNRS ( La douleur : des animaux à l’homme),
- Florence BURGAT, philosophe, Directrice de recherche à l’INRA (La douleur des animaux : le scandale absolu ?)
- Jocelyne PORCHER, sociologue, Chargée de recherche à l’INRA (L’écrasement de la sensibilité des travailleurs dans les systèmes industriels de productions animales)
- Suzanne ANTOINE, Présidente de chambre honoraire à la Cour d’Appel de Paris 5La prise en compte par le droit de la cruauté envers l’animal),
- Jean DECETY, neurobiologiste, Professeur à l’Université de Chicago (Comment percevons- nous la souffrance d’autrui ?)
A l’issue des différentes conférences, un débat avec la salle sera organisé.
Le colloque se déroulera à partir de 9 heures, dans la salle Boris Vian, Grande Halle (sous-sol), Parc de la Villette : 211, avenue jean Jaurès 75019 Paris, lieu hautement symbolique puisqu’il fut celui des grands abattoirs de Paris !
L’entrée du colloque est gratuite et s’adresse au grand public, lycéens et enseignants. Si nos lecteurs sont intéressés, ils doivent toutefois réserver leur place (dans la limite des 400 disponibles) en adressant un courrier ou un courriel à la Fondation Ligue française des droits de l’animal, en indiquant leur nom, profession et adresse ainsi que ceux des personnes les accompagnant. ».
Le trimestriel « Sciences, Enjeux, Santé » de juin 2007, pour sa part, écrit simplement : « Homme et animal : de la douleur à la cruauté. Voici le thème d’un important colloque organisé à l’occasion de son 30e anniversaire par la Fondation des Droits de l’Animal (LFDA) avec l’Etablissement public du Parc de la Villette, mercredi 10 octobre 2007, dans le cadre d’une grande exposition "Bêtes et Hommes", du 11 septembre au 20 janvier 2008».

Pour la vie des hommes... et des bêtes
Dans Nouvelles rive gauche d'octobre 2007, le mensuel relate les propos du président de la Fondation LFDA, le Professeur Jean-Claude Nouët, recueillis lors d'un interview par Georges Friedenkraft.
«Nouvelle rive gauche : Professeur Nouët, vous êtes ancien professeur d’histologie en faculté de médecine, ancien vice-doyen de la Pitié-Salpêtrière et, en même temps, fondateur de la Ligue Française des Droits de l’Animal, 39 rue Claude Bernard, dans le 5e, ce qui vous donne un parcours particulièrement original. Qu’est-ce qui mène de la médecine à l’animal ?
Pr Jean-Claude Nouët : il me faut d’abord rappeler que la « médecine » couvre nombre d’exercices professionnels extrêmement différents. Pour ma part, j’ai suivi diverses formations biologiques approfondies pour prendre la voie de la biologie hospitalo-universitaire. Ces formations, notamment en génétique et en embryologie, ont aiguisé ma curiosité et mon intérêt préexistants pour le phénomène extraordinaire qu’est la vie, et particulièrement la vie animale. Enfant et adolescent, j’ai eu la chance de connaître la France rurale et les fermes, et de parcourir sac au dos des routes et des chemins encore vides, au travers de la campagne et des bois : ce sont bien les meilleurs « travaux pratiques » !
Pouvez-vous nous rappeler les débuts de votre carrière médicale et si déjà à cette époque vous avez pu rencontrer, autour de vous, un intérêt pour les animaux ?
La profession de biologiste hospitalo-universitaire est triple : enseignement, recherche, et biologie clinique. Les journées sont bien remplies… Si l’enseignement aux étudiants ne m’a jamais posé aucun problème, en revanche l’obligation de conduire des recherches sur l’animal m’a posé des cas de conscience quand je n’étais que jeune assistant. Plus tard, mes travaux personnels sur la « chronobiologie » m’ont permis de ne pas expérimenter sur l’animal vivant. C’est dans ce domaine de la recherche que j’ai pu observer une indifférence très répandue à l’égard de l’animal de laboratoire et de sa souffrance. C’est auprès des étudiants, et c’est le principal, que j’ai trouvé plus de sympathie.
Comment a été fondée la Ligue Française des Droits de l’Animal ?
C’est en m’intéressant surtout aux espèces sauvages ; que j’ai connu diverses personnalités, scientifiques ou humanistes, qui m’ont fait connaître le projet d’une Déclaration de Droits de l’Animal. Au détour de rencontres internationales, il m’a été proposé de créer en France une Ligue qui soutiendrait cette Déclaration. J’ai « embrigadé » plusieurs amis, dont le journaliste-écrivain Philippe Diolé, l’éthologue Rémi Chauvin, professeur à la Sorbonne. Le professeur Alfred Kastler, Prix Nobel, a accepté de nous rejoindre, et nous avons fondé ensemble la Ligue Française des Droits de l’Animal en 1977. Notre premier travail a été de participer à la rédaction de la Déclaration Universelle.
Qu’est-ce que la Déclaration Universelle des Droits de l’Animal ?
La déclaration Universelle des Droits de l’Animal est une charte éthique. Elle adopte une position philosophique sur les rapports qui doivent désormais s’instaurer entre l’espèce animale et les autres espèces animales et réclame que les animaux soient bénéficiaires de droits naturels. Ce sont là des droits fondamentaux, essentiellement le droit de ne pas souffrir par la faute de l’homme, et le droit pour les espèces sauvages de ne pas disparaître de la Planète, aussi par la faute de l’homme. Ces droits sont liés à leur nature d’êtres vivants : ils sont justifiés par la parenté qui unit toutes les espèces animales, toutes issues d’une origine commune, par la sensibilité à la douleur des animaux dotés d’un système nerveux central, par le constat que le respect des animaux par l’homme est inséparable du respect des hommes entre eux.
La Ligue Française des Droits de l’Animal est maintenant, non plus une association, mais une fondation. Pourquoi ?
L’association Ligue Française des Droits de l’Animal a été reconnue d’utilité publique dès 1985. Mais afin d’affirmer l’autorité morale de la Ligue auprès du public et de faire mieux comprendre l’importance de ses actions dans les domaines de la morale, de la science et de la justice, afin aussi d’assurer l’avenir de ses missions et le maintien de la continuité de sa ligne d’action, l’assemblée générale de 1997 a décidé sa transformation en fondation. La Fondation Ligue Française des Droits de l’Animal, reconnue d’utilité publique, a été créée par le décret du 21 juillet 1999.
Pensez-vous que, dans le domaine de la protection animale, les choses aient évolué dans notre pays ?
Il est un progrès auquel notre Fondation a fortement contribué : c’est une réelle évolution des mentalités à l’égard de l’animal que l’on observe aujourd’hui dans notre société. Longtemps moqué, ridiculisé, rejeté, le concept de « droit » de l’animal est actuellement entré dans le langage courant, même s’il est encore discuté, et parfois combattu par certains avec une violence accrue et presque désespérée, comme s’ils sentaient la fin d’un règne humain sans bornes et sans limites sur le monde vivant. En ce qui concerne le respect de l’animal, la France reste très en retard, au point qu’au niveau des initiatives communautaires conduites en faveur du bien-être animal comme de la préservation des espèces, notre pays est considéré comme la lanterne rouge des pays européens. Retenons pourtant que, à l’initiative de la Ligue Française des Droits de l’Animal, la loi a modifié le code civil en janvier 1999, en sorte que l’animal y est désormais distingué de la chose ; il nous aura fallu 15 années de démarches pour obtenir ce qui n’est que du bon sens !
Quels sont finalement les points ou les espoirs sur lesquels vous souhaiteriez insister le plus pour y sensibiliser nos lecteurs ?
Le plus important est que notre société change le regard qu’elle porte sur l’animal, qu’elle cesse de ne voir en lui que viande, jouet, cible, nourriture sous plastique, ou décor dans la campagne, qu’elle comprenne tout simplement.
La Fondation Ligue Française des Droits de l’Animal s’étant donné pour mission de changer les mentalités dans ce sens, elle retient trois points principaux. Premièrement, il faut réformer le droit. Le code civil, qui est la base de notre conduite en société, doit reconnaître que l’animal est un être sensible. Deuxièmement, il faut créer une nouvelle structure chargée de contrôler l’application de toutes les réglementations concernant le bien-être animal, sa santé, ainsi que le maintien de la biodiversité, nouvelle structure qui soit totalement indépendante des administrations ministérielles. Troisièmement, puisque l’avenir du pays appartient par définition à sa jeunesse, il faut enfin qu’elle soit correctement éduquée à la connaissance et au respect des animaux et de la nature, à tous les niveaux de l’enseignement, y compris, et peut-être surtout, au niveau supérieur des Instituts et Grandes Ecoles, qui forment les futurs cadres du pays.
Voilà un programme d’action ambitieux. Et pour le réaliser, nous avons besoins de toutes les bonnes volontés qui pourraient se manifester».

Quoiqu'en pensent de célèbres amateurs de corrida
Le Figaro du 16 août, dans son cahier Culture « La révolte des anticorridas », résume en huit mots une interview accordée à ce quotidien par le président de la Fondation LFDA dans une brève incise consacrée célèbres aficionados qui ne parlent pas.
Le journaliste écrit : « C’est en vain que l’on sollicite un 15 août ces aficionados. On sait qu’ils existent puisqu’on les voit régulièrement dans les arènes. Du côté de la politique, Roselyne Bachelot n’est pas seule. François Fillon, Alain Jupé et Michèle Alliot Marie sont des spectateurs réguliers, et le monde taurin a interprété dans le sens d’un soutien la balade à cheval en Camargue de Nicolas Sarkozy qui, aujourd’hui, renvoie la question au Grenelle de l’environnement. Du côté de sportifs, Pierre Albaladejo vient d’écrire un livre sur la question.
Les écrivains, les intellectuels, les artistes, dans le sillage d’Hemingway et Picasso, ne dédaignent pas la plaza de toros. Denis Tilinac, Patrice Chévreau, l’un en France, l’autre à Séville, sont de vrais aficionados. Mais le Pr Jean-Claude Nouët, président de la Ligue des droits de l’animal est formel : La corrida mêle cruauté individuelle et cruauté collective ».

Les animaux sont-ils des hommes comme les autres ?
Sous ce titre, l’hebdomadaire La Vie du 26 juillet 2007, publie une enquête de Chloé Andries, sous forme d’un dossier de 6 pages confrontant les points de vue de scientifiques, de philosophes et de juristes, parmi lesquels Georges Chapouthier, vice-président de la Fondation la Ligue française des droits de l’animal, Pascal Picq, membre de son comité d’honneur et Suzanne Antoine, membre de son conseil administration.
[…] « L’homme ne serait-il qu’un animal comme un autre ? Pour Georges Chapouthier, neurobiologiste, directeur de recherche au CNRS, la frontière est floue, mais elle existe bel et bien. La spécificité de l’homme réside dans sa complexité. Il se distingue non par ce qu’il a, mais par l’utilisation complexe qu’il en fait. Grâce à un cerveau extrêmement performant, l’homme est capable de se projeter dans l’avenir, de développer un sens aigu de la liberté et de la morale. Pour lui, l’homme doit absolument assumer ces deux facettes : l’une animale, l’autre non. C’est en assumant ses deux visages qu’il se sentira d’avantage responsable de son environnement, sur lequel il a un dangereux pouvoir de manipulation grâces à ses aptitudes technique. A ce titre, le scientifique défend l’idée d’assurer une protection des animaux ,qui passerait par la création de droits propres aux animaux, tout en affirmant la primauté du droit humain en cas de conflit fondamental (comme l’atteinte à la vie). Un point de vue qu’il développe au sein de la LFDA (Ligue française des droits de l’animal), association de scientifiques, de juristes et philosophes qui militent pour leur donner des droits.
[…]On ne peut calquer le droit de l’homme sur les animaux, affirme Suzanne Antoine, juriste et auteur d’un rapport sur le statut juridique de l’animal commandé en 2005 par Dominique Perben, alors garde des Sceaux. Toutefois, pour la juriste, la législation actuelle est insuffisante. Il existe une incohérence entre le code civil, qui assimile l’animal à un bien meuble (un objet), et les codes pénal et rural qui le protègent. Il faudrait donc un système juridique cohérent, qui le considère comme un être sensible. […]
Pascal Picq, paléoanthropologue, maître de conférences au collège de France, [livre aussi son point de vue dans ce dossier]. « Avec l’animal, l’homme pratique un grand écart schizophrénique au quotidien. D’un côté, nous ne supportons plus de voir souffrir les animaux que l’on maltraite pour nos loisirs ou notre consommation. Pour nous rassurer, nous les considérons donc comme des machines, lorsque la science a bien montré que cette position est intenable. De l’autre côté, nous traitons nos animaux de compagnie comme des membres de la famille et projetons sur eux des qualités humaines, qui leur créent des pathologies. En témoigne l’augmentation des cas de chiens qui attaquent leurs propres maîtres. Mais cette tendance à la projection n’a rien à voir avec le fit de vouloir mieux les protéger. Je ne comprends pas cette phobie qui nous fait craindre qu’en donnant des droits aux animaux ces derniers ne menacent l’identité de l’homme. Le devoir ne concerne que l’homme, qui protège l’animal comme un objet. Or le droit permet de mettre l’homme en relation avec l’animal, l’engageant à le protéger en tant qu’être sensible. C’est un engageant moral à protéger les plus faibles qui ne peuvent s’exprimer. Mais cela fait peur à ceux qui confondent le droit avec la revendication, comme si les animaux, avec des droits, auraient des revendications ».

Les animaux ne sont pas des meubles
Le mensuel 60 millions de consommateurs n° 418 de juillet-août, publie un communiqué de la Ligue française des droits de l’animal sur les annonces concernant les cessions d’animaux de compagnie.
« Nous avons remarqué, dans la rubrique des petites annonces du Chasseur français concernant les animaux de compagnie que la rédaction de nombreuses annonces n’est pas conforme à la réglementation. En effet, l’article L214-8 du code rural stipule que :
Toute publication d’une offre de cession de chats ou de chiens, quelque soit le support utilisé , doit mentionner le numéro d’identification(de sa société)prévu à l’article L324-11-2 du code du travail ou, si son auteur n’est pas soumis au respect des formalités prévues à l’article L324-10 du même code, mentionner soit le numéro d’identification de chaque animal, soit le numéro d’identification de la femelle ayant donné naissance aux animaux, ainsi que le nombre de la porté. Dans ces annonces doivent figurer également l’âge des animaux et leur inscription ou non au Livre des origines françaises (LOF). Nous avons rappelé à la revue qu’une amende est applicable en cas de non respect de ces dispositions. »

Cirques, zoos, parcs animaliers : des espaces en voie de disparition ?
Le mensuel Santé Pratique Animaux de juin 2007 consacre un dossier à cette question sur laquelle, Jean-Claude Nouët, président et Suzanne Antoine, administratrice de la Fondation apporte son point de vue juridique, éthique et scientifique. Voici un large extrait de ce remarquable dossier signé Opportune Coste et Hélène Grillon : […]
Des animaux dénaturés.
Les troubles du comportement observés chez les animaux en captivité sont révélateurs de leur état de stress. Certaines espèces telles que les ours polaires, les dauphins ou encore les orques ont des besoins spécifiques que les zoos et autres aquariums ne pourront jamais satisfaire. Bien qu’interdites lorsqu’elles sont réalisées dans un but commercial, les importations de cétacés restent autorisées à des fins scientifiques ou éducatives. Sous couvert de cette exception, on continue de capturer et d’importer des dauphins sauvages. « Les prélèvements dans les milieux naturels sont effectués à l’aide de filets ou de lassos, les animaux sont violemment séparés de leurs congénères, alors qu’ils sont habitués à vivre dans des structures sociales complexes. Ils sont transportés sur des brancards, maintenus plusieurs heures hors de l’eau, ce qui entraîne déshydratation de la peau et difficultés respiratoires.
L’arrivée en bassin est un choc, les dauphins-habitués à parcourir plus de 100 km par jour et à plonger à des profondeurs atteignant 200 mètres-se retrouvent captifs dans des bassins exigus, dans une eau traitée aux produits chimiques. Plus de la moitié des dauphins capturés meurent durant les deux premières années de captivité», témoigne Suzanne Antoine, docteur en droit et présidente de chambre honoraire à la Cour d’appel de Paris, dans son livre « Le droit de l’animal ».
Que ce soit dans des bassins artificiels ou « dans des jardins de béton, des animaux dénaturés ne font pas honneur à l’espèce humaine », s’insurge le Professeur Jean-Claude Nouët, président de la Ligue française des droits de l’animal. « Exhiber l’animal captif contredit la notion d’être vivant doté d’une pensée, d’une sensibilité et cautionne l’image de l’animal-objet. » Dans une même logique, Jean-Claude Nouët dénonce le rôle soi-disant pédagogique des zoos, dans lesquels le visiteur verra se côtoyer les espèces du Pôle Sud et du Pôle Nord, ainsi que celles d’Asie et d’Afrique ! Comment, en effet, les besoins spécifiques de ces espèces pourraient-ils être respectés dans de telles conditions ?
Un rôle dans la préservation des espèces ?
Sous l’impulsion d’une directive européenne de mars 1999, visant notamment à renforcer le rôle des jardins zoologiques dans la conservation de la diversité biologique, nombre de parcs se réclament désormais d’une mission d’étude et de préservation de la faune sauvage. […] des parcs s’investissent en effet pour organiser la reproduction et la survie des populations animales les plus menacées [...] l’information pédagogique destinée aux visiteurs, en insistant sur les dangers qui menacent les animaux sauvages et leurs écosystèmes […]ces objectifs intègrent « une réelle préoccupation du bien-être des animaux » captifs. De plus en plus, les parcs attribuent en effet aux animaux des espaces cherchant à ressembler à leur habitat naturel, suffisamment vastes pour que l’animal y évolue en « semi-liberté ». Les chercheurs améliorent constamment la nourriture et les soins apportés aux pensionnaires ; les naissances en captivité viennent régulièrement récompensées leurs efforts.
Privilégier la conservation des habitats
Mais à quoi serviront ces « spécimens » si aucun ne retrouve son espace naturel ? A ce propos Jean-Claude Nouët se montre également très sceptique. « La réintroduction dans la nature est une affaire extrêmement complexe et ceux qui l’ont tentée ont essuyé beaucoup d’échecs…
On se souviendra de quelques dizaines de jeunes lions élevés en captivité qui ont été relâchés en Afrique. Tous sont morts de faim ou ont été tués parce qu’ils venaient chercher dans les villages la nourriture qu’ils étaient bien incapables de chasser eux-mêmes. Seules cinq espèces ont été réintroduites dans la nature avec succès, et non grâce à des zoos, mais grâce à de vastes espaces sous contrôle scientifique. Il est évident que pour sauver des espèces, il faut sauvegarde des espaces naturels et préserver les sites en nombre suffisant pour que chaque espèce puisse y exprimer son programme génétique. Le cœur de cette problématique c’est bien la prédation de la planète par l’homme! La nature et les animaux ne sont pas la propriété de l’homme, nous ne sommes que colocataires de la Terre... ! » […]
Le trafic d’animaux sauvages : un commerce juteux
[…] En dépit des traités protégeant les espèces menacées, le trafic concerne chaque année des centaines de millions d’animaux : 50 000 singes, 5 millions d’oiseux, 350 millions de poissons tropicaux. Au point que ce commerce juteux est devenu le troisième trafic mondial en termes de chiffre d’affaires (15 milliards d’euros !), derrière celui de la drogue et des armes […] Outre la demande des particuliers, les cirques européens alimentent ce trafic. « De faux permis déclarant l’animal comme né en captivité permettent de les écouler. Les animaux recherchés sont les plus jeunes, parce qu’ils sont plus faciles à dresser et plus vifs pour le spectacle. Il faut donc renouveler le stock, adolescents et adultes devant être remplacés par des individus jeunes.
En revanche, les parcs zoologiques français sont strictement réglementés et leurs animaux sont soit né dans le zoo, soit proviennent d’autres parcs », explique Suzanne Antoine.
La longue agonie des animaux de cirque
Inutile de préciser que les conditions de vie des animaux dans les cirques sont le plus souvent incompatibles avec leurs besoins physiologiques et éthologiques.
En particulier pour les espèces sauvages. « L’espace restreint des ménageries et les contraintes du dressage entraînent une mortalité prématurée.
Pendant la période où les spectacles sont moins nombreux, les animaux sont parqués pendant plusieurs mois dans des espaces très réduits. Ils ne sortent que pour des exercices d’entraînement », témoigne Suzanne Antoine, avant d’égrener le sort réservé à chacune des espèces concernés. Les grands félins passent jusqu’à 99% de leur temps dans des cages de moins de 4 m2. Les mammifères marins sont installés dans d’étroits bassins remplis d’eau douce …et de chlore. […] Les éléphants vivent enchaînés la plupart du temps. Ruminants, chevaux, lamas, dromadaires, mis à la longe sans abris, sont exposés aux intempéries. Les singes sont isolés les uns des autres, alors qu’ils ont grand besoin de socialisation…A ces difficiles conditions de détention s’ajoute le stress permanent provoqué par l’ennui, la claustration, le bruit, l’alternance de lumière trop vive et d’obscurité, […] Enfin, les techniques de dressage constituent des atteintes graves à la psychologie et à la physiologie de l’animal. La santé de ces animaux est menacée à la fois par leurs conditions de détention et de transport-avec de longs et fréquents parcours dans des camions cages-mais aussi par une mauvaise hygiène et par l’air confiné. Comme si cela ne suffisait pas, tous ces animaux sont fréquemment loués à d’autres établissements pour des spectacles temporaires, des émissions de télé, des spots publicitaires…Ils sont à chaque fois transportés, bousculés dans leurs habitudes, manipulés par des personnes étrangères plus ou moins compétentes. Beaucoup d’entre eux réagissent en devenant agressifs quand ils ne sombrent pas dans la folie (balancements, automutilations, plaies de léchage, va-et-vient incessants….) Peut-on espérer prochainement une réglementation plus protectrice envers ces animaux ? En réalité, les textes de loi existent mais ne sont pas respectés.
« Il est illusoire d’espérer une meilleure mise en application de ces textes », estime Suzanne Antoine. « Le moyen le plus simple de protéger les animaux d’espèces sauvages contre les abus dont ils sont les victimes consisterait à interdire leur présence dans les cirques. C’est une mesure envisagée par les pouvoirs publics. » En Autriche, ces derniers ont choisi d’interdire les cirques animaliers.

Le droit de l'animal précisé dans un ouvrage de référence
Le trimestriel La Défense de l’animal de juin 2008 fait référence à l’ouvrage « Le droit de l’animal, de Suzanne Antoine, préfacé par Jean-Marie Coulon, paru aux Editions Legis-France (10 rue du Hameau 75017 Paris ; legisfrance2@wanadoo.fr).
« Au regard du droit français, l’animal est un meuble. Notion choquante pour ceux qui partagent la vie d’un chien, d’un chat ou de tout autre être sensible reconnu comme tel par la loi du 10 juillet 1976. Cet anachronisme n’a pas échappé à nos gouvernants : en 2005, le Ministre de la Justice avait confié à Suzanne Antoine, docteur en droit, administratrice de la Ligue française des droits de l’animal, la tâche d’établir un rapport qui devait constituer la base d’une modification du Code Civil.
Ce rapport est intégré dans l’ouvrage de Suzanne Antoine qui évoque les différentes catégories d’animaux et leur régime juridique : animaux sauvages, de rente, de compagnie, sans oublier le cas particulier des animaux utilisés dans la recherche scientifique.
Dans Rustica Hebdo du 8 août 2007, une note de lecture, intitulée « Utile. Le droit des animaux », fait état de l’ouvrage de Suzanne Antoine (membre fondatrice de la Fondation LFDA), Le droit de l’animal, (379 p., 50 €), paru aux éditions Légis-France en avril 2007.
« La législation sur l’animal domestique a vu le jour au milieu du XIXe siècle. Depuis, elle s’est affinée, sans toujours être bien appliquée. D’où une circulaire du garde des Sceaux adressée en 2005 aux magistrats afin qu’ils suivent mieux les plaintes. Juriste et administratrice de la Ligue française des droits de l’animal, Suzanne Antoine maîtrise bien ce sujet. Avec le droit de l’animal, elle consacre un ouvrage complet aux textes français et européens, en constante évolution. Elle donne l’ensemble des dispositions concernant les animaux (d’élevage, de compagnie et sauvages détenus en captivité) et leurs sources juridiques. Un outil utile non seulement pour les associations de protection, mais aussi pour tous ceux chargés d’appliquer les lois et directives. »
La Lettre de l’OABA n°2 de juillet 2007, fait l’éloge de l’ouvrage de Suzanne Antoine,
« Le 15 mai 2007, Madame Suzanne Antoine, président de chambre honoraire à la Cour d’appel de Paris, tenait une conférence de presse à l’Institut des Sciences politiques de Paris pour y présenter son récent ouvrage : Le droit de l’animal.
Docteur en droit, magistrate, l’auteur est également le rédacteur du rapport sur le statut juridique de l’animal, remis en 2005 au garde des Sceaux, ministre de la Justice. C’est dire tout le sérieux de cet ouvrage de 380 pages qui met en exergue, l’importance de l’animal dans nos sociétés contemporaines. Parce qu’il peut-être un compagnon, une source d’alimentation, un instrument de recherche scientifique, un élément de spectacle, un animal sauvage vivant libre dans la nature, le droit de l’animal s’insère dans les nombreuses branches de notre droit : droit pénal, droit civil, droit rural, droit de l’environnement, droit de la consommation, droit médical, droit des transports,…
Le droit de l’animal s’avère un droit protéiforme, complexe, que l’ouvrage de Madame Antoine, explicite de façon claire et objective, le rendant ainsi accessible à l’ensemble de nos concitoyens ».
Le bulletin trimestriel « Bêtes et gens devant Dieu » de juin 2007, Jean Gaillard, rend compte du livre Le droit de l’animal de Suzanne Antoine, édité par Légis-France (10 rue du Hameau, 75015 Paris; legis-france2@wanadoo.fr; 400 pages ; prix : 50€)
« L’auteur est présidente de chambre honoraire à la Cour d’Appel de Paris. Juriste de profession, elle connaît bien le sujet qu’elle traite car elle est aussi administratrice de la Ligue française des droits de l’animal, et à ce titre a déjà écrit divers articles sur les animaux dans le droit et même remis un rapport au Ministère de la Justice en 2005.
Dans la préface, Jean Marie Coulon, lui aussi Président honoraire de chambre à la Cour d’Appel de Paris, fait remarquer que ce livre présente plusieurs mérites : il donne une définition évolutive et un contenu précis à l’effectivité du droit français et du droit européen de l’animal ; il fournit toutes les pièces du dossier juridique ; il adopte une démarche scientifique. Et il conclut : il faut lire attentivement ce livre : le droit de l’animal tend à devenir une composante des droits de l’homme.
Voici le plan de l’ouvrage, qui en montre toute la richesse. Après une introduction sur l’animal dans l’histoire, l’auteur expose les structures publiques et privées de la protection animale en France et dans les institutions européennes (Chap. 1).
Puis sont étudiés le régime juridique de l’animal domestique, en insistant sur la nécessité d’une réforme (Chap. 2) et la protection pénale de ce dernier (Chap. 3). Trois thèmes particuliers sont ensuite développés : l’utilisation de l’animal dans la recherche scientifique (Chap. 4), l’élevage des animaux de rente (Chap. 5) et les animaux de compagnie (Chap.6). Enfin l’auteur se penche sur la faune sauvage, détenue en captivité (Chap.7) ou libre (Chap. 8). Plusieurs annexes complètent l’étude, dont le long texte du rapport remis en 2005 au Ministère de la Justice.
Ce n’est pas pour se distraire qu’on achète un ouvrage de ce genre car sa lecture est austère. Mais même si on ne le lit pas de bout en bout, il est très utile de l’avoir sous la main et de le consulter quand on recherche des précisions juridiques sur les animaux ; et aussi pour avoir des éléments essentiels de réflexion quand on s’intéresse au droit de l’animal.
J’exprime cependant un regret. Dans l’introduction historique, Suzanne Antoine ne consacre qu’une demi-page à l’attitude chrétienne envers les animaux, et se contente de répéter quelques généralités sommaires par pas toujours exactes. »
Le mensuel Animaux magazine de juin 2007, dans l’article « L’animal et la politique » de Jean-Luc Vuillemenot, fait état de la conférence donnée par Madame Suzanne Antoine, invitée par l’association Tribune pour l’animal à présenter son ouvrage Le droit de l’animal devant les étudiants de l’Institut des sciences politiques à Paris.
« ….Que pourrait donc venir faire l’animal dans l’amphithéâtre de cette prestigieuse grande école française ? : « Les hommes politiques devront s’intéresser à l’animal car c’est une question profonde de société. Il y a certes l’élevage l’expérimentation mais aussi la notion de bien-être des animaux. C’est ce dernier point que le monde politique doit prendre en compte tant l’opinion y est sensible. L’évolution du régime juridique de l’animal est une composante qui ne peut pas rester bien longtemps dans l’ombre. Le rapport que j’ai remis au gardes des sceaux, il ya quelques mois, est à mon avis-un premier signe tangible », s’exprime Suzanne Antoine. Maintenant à la retraite, la magistrate honoraire avait reçu, en effet, pour mission par Monsieur Perben, d’évaluer dans le Droit français la possibilité de reconnaître que l’animal pourrait être considéré autrement qu’un meuble pouvant se déplacer par lui-même. »
C’est donc à l’invitation de l’association « Tribune pour l’animal » crée par un tandem composé d’un ancien élève de Sciences-Po et de la personne qui l’a éveillé aux problématiques liées à la condition animal, auquel se sont joints plusieurs étudiants de l’IEP que Madame Antoine tient à souligner la nécessité de prendre des décisions politiques dans notre pays en faveur de l’animal : « Le droit est fait pour l’homme et pas pour l’animal. Et ceci dans un objectif utilitaire qui ne prévoit pas de protéger l’animal pour lui même, dans sa sensibilité. C’est donc pour cela que j’ai recommandé que le Droit civil s’ouvre à cette dimension particulière. Il constitue la pierre angulaire de tout notre dispositif légal. Il serait donc judicieux qu’il reconnaisse que l’animal est un être sensible et qu’il peut souffrir. »
Invitée à présenter son ouvrage devant les étudiants de l’Institut des sciences Politiques,
Suzanne Antoine était heureuse de voir ces futurs décideurs attentifs et surtout qu’ils affichent une réelle sensibilité en faveur de l’animal…. ».
Dans ce même article un encadré intitulé « Patience et obstination » cite aussi deux passage forts d’une des conférences données, également à l’invitation de l’association Tribune pour l’animal aux étudiants de l’IEP par le professeur Jean Claude Nouët, président de la Fondation Ligue française des droits de l’animal :
« Vous, les membres de l’association Tribune pour l’animal, vous êtes peut-être les précurseurs d’une réforme qu’il vous revient de mettre en œuvre.
Sachez que les vertus principales dont vous aurez besoin sont la patience et l’obstination, j’en veux pour preuve les suites d’un congrès international de protection animale organisé à Bruxelles, qui s’est conclu par les demandes urgentes suivantes :
- protection des oiseaux marions contre la pollution par les produits pétroliers,
- prohibition du trafic des oiseaux exotiques,
- protection des espèces abusivement appelées nuisibles,
- suppression des chasses particulièrement cruelles que sont le piégeage et la chasse à courre,
- conservation des phoques,
- conservation des baleines,
- lutte contre le commerce des fourrures,
- extension aux animaux en général des lois protectrices encore réservées aux animaux domestiques.
Vaste programme, dont la réalisation règlerait bien des problèmes de préservation des espèces. Le problème, c’est justement sa réalisation, car ce congrès s’est tenu du 7 au 11 août 1935 ! En soixante-douze ans, rien n’a été obtenu, ou presque rien. Le programme reste le même. » En soulignant un paradoxe : « Les animaux, dans toutes les formes de leurs utilisations, sont une composante essentielle de notre vie quotidienne. Ils nous nourrissent avec leur chair, avec leur lait, avec leurs œufs; nous nous soignons au prix de leurs souffrances; beaucoup accompagnent nos solitudes, beaucoup aussi sont encore sacrifiés à nos amusements. Et c’est par milliards qu’ils vivent dans la nature et peuplent notre territoire, qu’ils occupent au même titre que nous. »
Le trimestriel L'Âne bleu n° 66 de juin 2007 recommande vivement dans une note de lecture l'ouvrage " Le droit de l'animal " de Suzanne Antoine, administratrice de la Fondation LFDA, récemment publié aux Editions LegisFrance, dans la collection Bibliothèque du droit :
" Voici un livre indispensable pour qui s'intéresse de près ou de loin au droit de l'animal, son auteur, Suzanne Antoine, Docteur en droit, et présidente de chambre honoraire à la cour d'appel de Paris. En 2005, le ministère de la justice a publié le rapport qu'il lui avait demandé en 2004.
Le dispositif législatif français et européen est déjà relativement important, mais, hélas, il est peu appliqué par manque de moyens, certes, mais surtout par manque de volonté et de courage politique. Nous l'avons vu lors de la dernière campagne électorale présidentielle.
Le régime juridique de l'animal va certainement connaître dans les années à venir de grands changements, bien que le concept nouveau du " Bien-être animal ", qui devra être pleinement pris en compte, est antagoniste aux idées et pratiques de notre société de consommation indifférente à la souffrance animale.
La place de l'animal dans nos civilisations est très importante, car il est aussi bien un fidèle compagnon de l'homme, une source de son alimentation, un instrument de recherche scientifique, un élément de spectacle et reste, bien sûr, un animal sauvage dans la nature, qu'il faut protéger.
Plusieurs pages de l'ouvrage sont consacrées aux équidés élevés ou utilisés en France :
- les chevaux de sang, comprenant les races de chevaux de courses et les races de chevaux de selle ;
- les chevaux de trait ;
- les poneys ;
- les ânes.
Ces animaux bénéficient des dispositions protectrices générales réservées aux animaux domestiques, notamment de celles du code pénal réprimant les sévères et mauvais traitements pouvant leur être infligés.
Page 160, nous trouvons la liste mise à jour au mois d'avril 2007 des textes concernant spécialement équidés.
Le rôle actuel des " Haras nationaux " est clairement et simplement présenté- Citons : les Haras nationaux constituent un établissement public depuis 1999(ils ont été créés par décret 89-556 du 2 juillet 1999 mais existaient déjà sous Louis XV) qui a signé avec les ministères de l'agriculture et du budget, un contrat d'objectifs, visant à :
- mettre leur savoir-faire et leur expérience au service du cheval ;
- valoriser la filière équine en développant des activités liées au cheval ;
- promouvoir le cheval dans les politiques de développement local.
Ils agissent comme prestataires de services à la demande de l'Etat, des organisations professionnelles et des collectivités locales.
Ils sont habilités pour procéder à l'identification des équidés.
Ils sont un partenaire obligé de l'Association des amis des ânes, en particulier au niveau du Refuge, bien que nous ne partagions pas actuellement la philosophie officielle de la sélection.
Nous avons noté que dans la circulaire du 16 mai 2005, du garde des Sceaux, il est suggéré (suggéré seulement !) la désignation au sein de chaque parquet de son ressort d'un magistrat chargé du traitement de ce contentieux, lorsque son importance le justifie, de manière à faciliter les échanges avec les services répressifs ?
Il y est dit que les associations de protection et de défense des animaux peuvent contribuer à une meilleure information du procureur et lui apporter de précieux renseignements sur certaines pratiques douteuses envers les animaux.
Ce livre est une vraie bible de la Défense Animale et un instrument indispensable pour l'association et ses adhérents les plus militants. "
La Dépêche vétérinaire n° 946 du 2 juin 2007 rend compte, sous la plume de Maud Falon, de la conférence donnée par Suzanne Antoine à l’Institut des sciences politiques, à l’occasion de la récente publication de l’ouvrage« Le droit de l’animal » de cette magistrate, par ailleurs administratrice de la Fondation LFDA.L’hebdomadaire d’entrée de jeu souligne « Le livre de Suzanne Antoine donne une définition évolutive et un contenu précis à l’effectivité du droit animal tout en balayant les préjugés, puis la journaliste de la Dépêche vétérinaire apporte les précisions suivantes.
« La jeune association Tribune pour l’animal Sciences Po Paris, créée cette année à l’initiative d’un groupe d’étudiants et dont l’objectif est de susciter une réflexion autour de la condition animale, a organisé sa deuxième conférence sur le thème du droit de l’animal le 15mai, dans l’enceinte de l’Institut des sciences politiques, à Paris.
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S’appuyant sur la parution aux éditions Légis-France du livre Le droit de l’animal de Suzanne Antoine, l’association a convié les étudiants à écouter la présentation de cette juriste, présidente de chambre honoraire à la cour d’appel de Paris, administratrice de la Fondation Ligue française des droits de l’animal et auteur d’un rapport remis en 2005 au ministre de la Justice sur le régime juridique de l’animal.
Jean-Marie Coulon, premier président honoraire à la cour d’appel de Paris et membre de la Commission consultative des droits de l’Homme, a préfacé l’ouvrage. Il a rappelé le lien étroit qui existe entre la cause animale et les droits de l’homme.
Dans son livre, Suzanne Antoine dresse un panorama historique de la législation française relative à l’animal, un sujet qu’elle juge complexe car il est assis sur une contradiction : le droit est fait par les hommes, dans leurs intérêts et il n’est pas fait pour l’animal. La complexité du monde animal et ses formes multiples ajoutent encore à la difficulté de légiférer à son égard.
La conférencière a précisé les évolutions du droit de l’animal au cours des siècles, situant sa réelle émergence dans les années 50 avec le lancement d’un programme de protection animale par le Conseil de l’Europe à travers une série de conventions que la Communauté européenne a ratifiées et transformées en directives.
Outre la chronologie des différentes mesures législatives relatives à l’animal, l’auteur consacre un chapitre entier au régime juridique de l’animal, un sujet qu’elle a développé dans son rapport de 2005, annexé au livre.
Elle aborde également la question de l’expérimentation animale ainsi que les différences législatives inhérentes aux animaux d’élevage, animaux de compagnie et faune sauvage.
Si le droit français est relativement complet en ce qui concerne l’animal, il a encore besoin d’être affiné et surtout d’être appliqué, a conclu Suzanne Antoine. »

Protéger l'animal, c'est nous sauver nous-mêmes
L’hebdomadaire Le Commercial Provence du 19 mai 2007, sous cette citation de Marguerite Yourcenar, écrivain célèbre qui fut membre de la Ligue française des droits de l’animal présente la LFDA à l’occasion de la journée L’animal dans la ville d’Avignon:
« La prestigieuse Ligue française des droits de l’animal, qui honore la ville de son soutien, a contribué à l’évolution d’une situation archaïque et figée en faisant reconnaître l’animal comme un être sensible, dans la loi de janvier 1999. Progrès considérable en regard de l’ancien statut qui l’assimilait à un objet.
Aujourd’hui les interventions de ses autres membres éminents qui ont su démontrer, avec intelligence, la place que doit avoir l’animal dans notre société portent leurs fruits.
Le ministre de la Justice réfléchit sur une modification du Code civil s’alignant sur le droit rural et le droit pénal qui précisaient déjà que « tout animal est un être sensible et doit en conséquence être traité comme tel ». Sont mis à la portée du public, avec la Déclaration universelle des droits de l’animal, des publications nombreuses sur la violence et droits de l’animal, pensée et conscience chez l’animal, droits de l’animal et pensée contemporaine, publications relayées par des articles, ouvrages, réflexions de penseurs contemporains(….)
L’être vivant qu’est l’animal est enfin positionné dans une juste dimension où la violence, la cruauté, l’extermination dont il est trop souvent la victime, apparaissent comme un insoutenable scandale (….)»

La Fondation LFDA soutient deux autres associations dans leur recours contre l'arrêt du Préfet de Loire Atlantique autorisant l'aménagement d'un delphinarium à Port Saint Père.
Le trimestriel, Planète mer n° 54 d’avril 2007 annonçait : « Suite à l’arrêté préfectoral du 30 avril 2007 autorisant l’ouverture du delphinarium de Port-Saint-Père, nous, (SOS Grand Bleu), en collaboration avec One Voice et la LFDA, avons saisi la justice, engagé une procédure en annulation de l’arrêté préfectoral et une demande de suspension en référé.
Le tribunal a en effet prévu une procédure certes rapide, ais contradictoire compte tenu de la complexité des problèmes posés avec un délai de 15 jours pour les défenseurs pour présenter leur mémoire en observation et un délai de 10 jours pour répondre, ce qui est notre intérêt, plutôt que disposer d’un mémoire en réponse la veille, voire le jour référé. Nous espérons que nos requêtes seront prises en compte par la justice, car nous avons soulevé de nombreux actes illégaux, des erreurs et procédures, ainsi que de nombreux mensonges dans le dossier de notre adversaire. En espérant que, pour une fois, ce sera la justice qui triomphera et non comme pour le Marineland d’Antibes, le pouvoir de l’argent… »
Le site d’actualité animalière www.protection-des-animaux.org du 5 mai 2007, citant un communiqué d’One Voice, indique : « Le préfet de Loire Atlantique autorise l’ouverture d’un troisième delphinarium en France. L’arrêté préfectoral, signé le 30 avril 2007 par le Préfet de Loire Atlantique, est en cours de publication. Cette décision fait suite à la demande du zoo de planète sauvage de détenir des dauphins dans ses bassins. Les associations luttent contre ce projet depuis le 19 juin 2006, date de l’ouverture de l’enquête publique à Port-Saint-Père(44) : soutiens scientifiques, information de la population, contacts avec les politiques, des actions se sont déroulées sans discontinuité. Cette décision était hélas prévisible, étant donné le silence de la préfecture dans cette affaire et les énormes difficultés rencontrées pour obtenir le résultat de l’enquête publique à la fin de l’été 2006. One Voice, Sos Grand Bleu et la Fondation Ligue Française des Droits de l’Animal vont immédiatement intenté un recours auprès du tribunal administratif ».[…]
Les quotidiens Le courrier vendéen et Le courrier du Pays de Retz du 10 mai pour leur part, précisaient notamment : « Planète sauvage à Port St Père : Les travaux de la cité marine pourront démarrer. Ainsi en a décidé le préfet de Loire-Atlantique qui a signé lundi 30 avril l’arrêté permettant la reconfiguration des bassins de Planète sauvage afin d’accueillir quatre dauphins. Une première étape dans la procédure permettant à la Compagnie des Alpes, propriétaire de Planète sauvage depuis 2005, de transporter les mammifères. Ces derniers proviendraient de deux delphinariums appartenant déjà au groupe, celui du parc Astérix en France et celui d’Harderwijk, aux Pays Bas. Reste à savoir quand le chantier pourra commencer. Il y a un mois, au moment où la saison s’ouvrait à Planète sauvage, la direction soulignait qu’il était trop tard pour lancer les travaux, quand bien mêmes les autorisations administratives étaient délivrées. Reste que du côté des opposants, cet arrêté préfectoral est mal accueilli : depuis l’ouverture de l’enquête publique, en juin 2006, les associations de défense des animaux, SOS Grand Bleu, One Voice et la Fondation Ligue française des droits de l’animal ont multiplié les actions pour que ce delphinarium ne voit jamais le jour.[…] Ces trois associations vont donc intenter un recours auprès du tribunal administratif. »
Ouest France du 8 mai, sous la plume d’Agnès Clermont, relatait ainsi l’information : « Le parc animalier de Port-Saint-Père, près de Nantes, se prépare à accueillir des dauphins début 2008. La Préfecture vient de donner son accord.
C’est oui a dit le Préfet par le truchement d’un arrêté, tombé le 30 avril. Oui Planète sauvage, qui accueille en semi liberté quelques deux mille animaux, a désormais l’autorisation d’héberger des dauphins dans sa cité marine. L’enquête publique, bouclée l’été dernier avait débouché sur un avis favorable. La Compagnie des Alpes, le groupe qui a pris le contrôle du parc animalier en avril 2005 en prenant 54% des parts de l’entreprise, espérait un accord pour décembre dernier. Il a dû patienter un peu. Dès le début de l’année prochaine, quatre dauphins devraient cohabiter avec les six otaries déjà présentes à Port-Saint Père. Mais la demande d’autorisation concerne douze dauphins Tursiops ou Grands dauphins, histoire de rendre possible d’éventuels projets. Reste à organiser le transport des cétacés.[…] Conformément à la loi, chaque animal accueilli à la cité marine sera né en delphinarium. Conformément à la loi également la structure a dû mettre sur pied un travail pédagogique et scientifique. A Planète sauvage, celui-ci sera mené avec le département d’éthologie de l’université de rennes, affiliée au CNRS et à l’Ecole Vétérinaire de Nantes.[…] Mais le projet de delphinarium déplaît souverainement à trois associations de défense de la cause animale, One Voice, SOS Grand Bleu et la Fondation Ligue française des droits de l’anima.[….] les trois structures préviennent qu’elles vont déposer un recours auprès du tribunal administratif[…]
Ouest France dans son édition du 28 juin, commentait à nouveau la requête judiciaire des associations : « Viendront, viendront pas les dauphins ? La bataille judicaire autour du projet de delphinarium autour du projet de delphinarium de Planète sauvage, le parc animalier de Port-Saint-Père, a commencé. Plus précisément a recommencé. Trois associations, One Voice, Sos grand Bleu et la Ligue française des droits de l’animal, étaient hier devant le tribunal administratif de Nantes pour demander, en référé, la suspension d’un arrêté du préfet du 30 avril dernier, autorisant l’ouverture au public du futur delphinarium. Nouvelle bataille en effet parce qu’en 1998, un projet quasi similaire avait capoté.[…] Hier avant de se prononcer définitivement a estimé qu’il lui semblait à priori que les conditions de l’urgence n’étaient pas réunies Suspendra, suspendra pas ? Le magistrat rendra son ordonnance aujourd’hui.
Les quotidiens Presse Océan du 5 mai et Vendée Matin du 7 mai, quant à eux, commentaient ainsi l’information […] « La décision était attendue de longue date par la direction de Planète sauvage à Port-St Père (Loire Atlantique). Le préfet de Loire Atlantique a signé récemment l’arrêté autorisant les travaux pour la création d’un delphinarium, « au titre de la loi sur l’eau ». Le parc animalier du pays de Retz, […] s’appuierait sur les quatre bassins dédiés aux otaries, soit dix millions de litres d’eau, pour « héberger » quatre dauphins dans un premier temps. L’arrêté préfectoral autorise donc la mise en œuvre des travaux nécessaires pour compléter le dispositif d’accueil. « Mais l’arrêté en question ne signifie en rien la possibilité de transporter des animaux, soumise à des autorisations nationales, voire européennes », justifient les services préfectoraux. Reste donc à savoir si ce projet de delphinarium pourra aboutir. Et quand ? La direction du parc n’a pas souhaité s’exprimer. Mais en mars dernier, il était déjà question de le reporter pour 2008, en raison du retard, justement des autorisations. Car ce delphinarium, le troisième qui verrait le jour en France, est très contesté par les associations de défense des animaux. Et autant dire que la décision préfectorale ne fait qu’alimenter un peu plus le courroux des associations.[…]Dans un communiqué signé de One Voice, annoncent que cette association ainsi que Sos Grand Bleu et la Fondation Ligue française des droits de l’animal annoncent qu’elles vont intenter un recours auprès du tribunal administratif. Le feuilleton est loin d’être terminé ».
Après le rejet le 28 juin de ce premier recours intenté par les 3 associations, trois des quotidiens régionaux commentaient à nouveau cette affaire.
Presse Océan du 29 juin écrit : […] « Inquiètes d’éventuelles souffrances des mammifères marins, les associations SOS grand Bleu, One Voice et la Ligue française des droits de l’animal avaient déposé une requête contre l’arrêté du préfet du 30 avril dernier autorisant l’ouverture au public du delphinarium. Hier le tribunal de Nantes a rejeté sa demande. Sujette à polémique depuis une dizaine d’années, l’installation de ce parc marin avait été déjà compromise. Construits en 1998, les bassins de la cité marine étaient restés inhabités, ils seront réhabilités par des travaux d’un montant d’1,5 milliards d’euros prévus sur plusieurs mois. […] Ne reste plus qu’à obtenir une autorisation d’importation et de transport de ces dauphins qui feront le voyage depuis les Pays-Bas. Il n’est pas impossible que d’autres recours soient déposés devant la justice et notamment devant la cour d’appel administrative. »
Le courrier du Pays de Retz du 29 juin relate ainsi le rejet du recours : « Jeudi 28 juin, le tribunal administratif de Nantes a rejeté la requête des trois associations qui s’opposent à la venue de dauphins au parc animalier de Port Saint Père. One Voice, SOS Grand Bleu et la Ligue française des droits de l’animal demandaient en référé, la suspension de l’arrêté préfectoral du 30 avril dernier autorisant l’ouverture au public d’un delphinarium à Planète sauvage. Elles appuyaient leur argumentaire sur deux éléments : la bonne santé des animaux d’une part et d’autre part le manque de sérieux du projet scientifique, obligatoire dans ce type d’activité concernant les espèces protégées accueillies dans un parc zoologique.[…]Les arguments des plaignants n’ont pas convaincu le juge des référés qui a rejeté la demande des trois associations..[…] Pour l’instant, aucune date n’a été fixée pour l’ouverture de cette nouvelle attraction, compte tenu des diverses étapes qui restent à franchir.»
Ouest France du 29 juin indique quant à lui : […] Le juge des référés a jugé hier que la condition d’urgence n’était pas satisfaite et a rejeté la requête des associations. »

La LFDA au sommet inter associatif anti corrida à Lisbonne.
L’hebdomadaire Charlie Hebdo du 16 mai, fait état du « sommet international anti corrida, organisé par l’association portugaise « Animal », en collaboration avec la League against cruel sports et le Comite anti-stierenvechten des Pays-Bas et de Belgique, s’est tenu à Lisbonne du 17 au 19 mai auquel ont participé les représentant de 25 associations abolitionnistes d’Europe et d’Amérique latine. Les principaux pays où sévit cette barbarie d’un autre temps, indigne de notre XXIe siècle prétendument humaniste, sont la France, l’Espagne, le Portugal, le Mexique, le Venezuela, l’Equateur, le Pérou et la Colombie. » La France était représentée par la Fondation Ligue française des droits de l’animal, le Comité radicalement anti corrida, la Fédération des luttes pour l’abolition de la corrida et la Société protectrice des animaux. Les organisations ont échangé sur la situation, dans leurs pays respectifs, de ce « spectacle » consistant à torture un herbivore à l’arme blanche avant de le mettre à mort et sur les actions menées pour tenter de l’abolir et des meilleures stratégies à mettre en œuvre à l’avenir pour y parvenir enfin.

Candidats, et les bêtes ?
Sous ce titre, l'hebomadaire Politis du 29 mars s'est fait l'écho de l'interpellation par la Fondation LFDA et six autres associations des candidats à l'élection présidentielle : "pour trois réformes: le droit, car le statut de l'animal varie (captif, domestique, sauvage ?), "être sensible" ou "bien", selon le code considéré; le contrôle par une Haute autorité, car il est insuffisant et exercé par des structures en charge de l'exploitation de l'animal; et l'enseignement pour éduquer les élèves aux obligations envers les espèces vivantes".

Expérimentation animale : au-delà des pieux discours
Dans Le Quotidien du Médecin du 6 septembre 2007, Stéphanie Hasendahl recueille les propos du Pr JeanClaude Nouët, président de la Fondation LFDA, sur l’expérimentation animale et les actions des extrémistes écologistes.
« Pour le Pr Jean-Claude Nouët, médecin biologiste et président de la fondation Ligue française des droits de l’animal, la défense de la cause animale ne peut s’effectuer que dans un cadre légal. Concernant l’expérimentation sur l’animal, il regrette que les recherches sur les méthodes alternatives ne soient pas suffisamment stimulées.
Le Quotidien - On a souvent l’impression que l’extrémisme est le seul moyen médiatique de faire parler des droits de l’animal. Qu’en pensez-vous ?
Pr Jean-Claude Nouët-Il est important de signaler que ces mouvements anglo-saxons, qui se réclament d’Animal Rights, ne sont pas du tout semblables à la défense des droits de l’animal en France. A la Ligue, nous nous plaçons uniquement sur le plan éthique, juridique et scientifique. En Grande-Bretagne, notamment, les associations activistes sont constituées d’extrémistes qui se disent parfois adeptes du végétalisme (refus même de consommer du lait ou du miel), qui participent à des actions antichasse ou à de sittings d’arbres. Cette forme d’action n’est pas du tout dans la philosophie des droits de l’animal dans le reste de l’Europe. Nous nous réclamons l’application de la loi, ce n’est pas pour la violer par des actions violentes. Notre fondation regroupe des universitaires, des juristes, des philosophes.
Malheureusement, l’association entre défense des animaux et extrémisme est en effet souvent faite. Dans une réunion qui a eu lieu à l’Assemblée nationale à a fin 2006, on a entendu dire à la Ligue des droits de l’animal était une association de l’écologie extrémiste…Quand on juge qu’une action est gênante, on fait tout pour la discréditer, voire la calomnier.
Le Quotidien Pourquoi vous êtes vous engagé, en tant que médecin biologiste, dans la défense de la cause animale ?
J-C N- Il ya deux façons de s’intéresser à l’animal. Il ya la façon écologique, lorsqu’on se préoccupe de la protection de la nature, de la préservation des espèces, et il ya l’autre voie, qui est de se soucier de l’animal à titre individuel, c'est-à-dire de se préoccuper de son bien-être, de sa souffrance. Moi je suis arrivé à cette cause parce que j’ai une formation de biologiste.je me suis intéressé depuis toujours à la préservation des espèces et à l’agencement de la vie et de la nature sur la planète. Quand nous avons décidé de constituer la Ligue, il y a tout juste trente ans cette année, avec Alfred Kastler( Prix Nobel de physique), Philippe Diolé (collaborateur du commandant Cousteau) et Rémy Chauvin(biologiste éthologue), notre préoccupation était d’agir en faveur de la cause animale à la fois pour faire reconnaître des droits aux animaux, combattre les exploitations abusives des animaux domestiques et sauvages, dénoncer les mauvais traitements et les actes de cruauté.
Le Quotidien-Concernant l’expérimentation sur l’animal, le public reste toujours majoritairement convaincu que l’on utilise l’animal sans vergogne.
J-C N Il y a en effet certains activistes, notamment anglo-saxons, mais aussi français, qui diffusent l’idée- laquelle prend très bien dans le public-que l’on fait un usage inutile, voire scandaleux, de l’animal en expérimentation. Ce n’est pas du tout notre propos. Notre position, en résumé, c’est de dire que nous avons, hélas, peut-être, encore besoin de l’expérimentation sur l’animal. Et, de ce point de vue, notre combat a toujours été non pas de dénoncer, mais de réclamer la multiplication des méthodes de remplacements. Dès 1984, après le décès d’Alfred Kastler, nous avons créé un prix qui porte son nom, destiné à récompenser les chercheurs qui consacrent leurs travaux aux méthodes de remplacement et à leurs applications.
Le Quotidien- Quelles sont ces méthodes de remplacement ?
J-C N- Précisément, il n’y en a pas suffisamment. Et on n’a jamais rien fait, officiellement en France, pour les multiplier.
Le Quotidien Pouvez-vous toutefois en donner un exemple ?
Les méthodes alternatives nécessitent d’être validées. Depuis 1993, il existe un organisme au niveau européen est chargé de cette validation. Le nombre des méthodes validées à ce jour est éloquent : à peine une petite vingtaine. Ce sont essentiellement des méthodes de toxicité sur culture cellulaire qui concernent la cosmétologie. La réglementation nationale (décret de 1987 modifié en 2001) reconnaît également l’importance de ce sujet, puisqu’elle souligne que l’expérimentation sur l’animal n’est licite que s’il n’existe pas de méthode de remplacement ! Mais on tourne en rond, étant donné qu’il n’y a pratiquement pas de méthode de remplacement! La recherche nationale sur l’étude et la multiplication de méthodes de remplacement n’est pas stimulée. Depuis des années, nous lançons des appels à candidatures pour l’attribution du Prix Kastler. Résultat : nous n’avons pas de candidat car il n’y a plus de chercheurs qui se consacrent à ce sujet.
Le Quotidien- Aujourd’hui, l’expérimentation sur l’animal est cependant bien encadrée.
J-C N- Elle est encadrée par des textes. Qu’en est-il en pratique ?
Par ailleurs, quand on voit les normes de détention des animaux utilisés expérimentalement, elles font bondir.
Ce sont des normes européennes qui ne peuvent pas véritablement assurer leur bien-être. Les textes qui existent pourraient suffire à condition qu’ils soient vraiment appliqués. Nous voulons l’équilibre entre les droits et les besoins de l’espèce humaine et les droits de l’animal. Les choses doivent encore évoluer. »
La Croix du 20 juin 2007 dans son dossier « L’expérimentation animale en question », apporte au débat entre autres points de vue celui de Georges Chapouthier, neurobiologiste, directeur de recherche au CNRS et vice-président de la Ligue française des droits de l’animal :
[…] « Si les conditions de la pratique de l’expérimentation animale (formation des chercheurs, autorisation se sont améliorées, en revanche la mise au point de méthodes alternatives ne progresse pas suffisamment, faute d’investissement de l’Etat notamment. La France est en retard en Europe et la Ligue française des droits de l’animal, par exemple, encourage cette recherche chaque année par le concours du prix Kastler qu’elle remet à une personne proposant une nouvelle méthode alternative.»
A la question : « en attendant, peut-on se passer de l’expérimentation animale, Georges Chapouthier répondait également : « L’expérimentation animale n’est pas gratuite. Elle s’’incrit dans une longue démarche de recherche en biologie fondamentale et de mise au point de médicaments ou de techniques médico-chirurgicales pour la médecine humaine et vétérinaire. Dans l’état actuel de nos connaissances, on ne peut hélas se passer complètement de l’expérimentation. Affirmer le contraire cela relève aujourd’hui de la science-fiction.
Rien que pour les médicaments, malgré les différences distinguant l’homme de l’animal vertébré, il est hautement probable par exemple qu’un somnifère efficace chez la souris ou le rat marchera également pour l’homme. Certes il y a des contre-exemples comme le malheureux épisode de la thalidomide, substance (tératogène) ayant engendré la malformation de fœtus humain, malgré les essais chez le rat.
Mais il se trouvait que, vis à vis de cette molécule, le rat était beaucoup moins sensible que l’homme. Depuis, on procède à des essais sur différentes espèces de façon à ne passer au travers d’un effet pathogène réel. De même, pour la recherche de toxicité de nouveaux produits chimiques de notre vie quotidienne (dans le cadre du programme Reach par exemple), on peut détecter la cancérogénicité d’un produit sur une culture de cellules.
Mais il reste qu’à un moment donné, il est nécessaire de passer à l’échelle globale, à l’animal entier, comme on dit dans notre jargon, pour vérifier la pathogénicité de cette substance. Idem pour les recherches portant sur l’épilepsie, la mémoire, l’apprentissage où on a besoins de souris ou de rats, et le langage ou la cognition où les chercheurs doivent travailler sur des singes.
En revanche, pour d’autres domaines, les scientifiques s’adressent à des animaux ayant un niveau de conscience et de souffrance moins élevé : c’est le cas de la mouche drosophile (mouche du vinaigre) en génétique. Encore faut-il être prudent dans ce domaine. Ainsi la pieuvre est-elle plus intelligente et plus sensible qu’un poisson. »
Le mensuel « Santé Pratique Animaux » dans son numéro de mars 2007 consacre aussi un dossier spécial sur les méthodes alternatives permettant d’éviter l’expérimentation sur les animaux. Qu’en est-il exactement ? L’expérimentation animale est-elle véritablement en régression ? A-t-on bon espoir de la voir abolie ? Hélène Grillon y fait état des réponses apportées à ces trois questions par 3 spécialistes : le Dr Maurin-Blanchet, membre de l’OPAL, (Œuvre Pour l’Assistance aux animaux de Laboratoire) et représentant par ailleurs le Ministre de l’Education nationale et de la Recherche, au Conseil d’Administration de la Fondation Ligue française des droits de l’animal, dont il est membre de droit, le Dr Claude Milhaud, vice-président de l’Académie vétérinaire de France et le Professeur Jean-Claude Nouët, président de la Fondation LFDA. Extraits de ce dossier voici les éléments d’information essentiels apportés par le président de notre Fondation :
[…]Les comités d’éthique, rassemblant des scientifiques et des représentants de la société civile (juristes, sociologues, représentants d’associations de protection animale…) étudient désormais les protocoles des chercheurs dans les différents organismes publics et privés. « Ces comités sont hélas disparates et parfois de convenance » pointe le Pr Jean-Claude Nouët; quant au Comité national de réflexion éthique sur l’expérimentation animale (créé par le gouvernement en mars 2005 et réuni pour la première fois en…novembre 2006) auquel participe la Fondation LFDA son travail le plus utile et le plus urgent serait certainement d’appuyer les réclamations de ceux qui, depuis 30 ans, parlent à des sourds et écrivent pour des aveugles » s’irrite le Pr Jean- Claude Nouët.
Car, contrairement à ce que les chiffres peuvent laisser croire, le remplacement progressif des animaux par d’autres modèles expérimentaux est loin d’être à l’ordre du jour. Si les déclarations solennelles ne manquent pas, la volonté politique de promouvoir activement des méthodes substitutives fait manifestement défaut. En réalité, le nombre d’animaux de laboratoires est essentiellement le produit des 2 premiers R de la règle de bonne pratique expérimentale, dite des 3 R, édictée par les biologistes Russel et Burch : Réduire le nombre des animaux utilisés, Raffiner la méthodologie et Remplacer le modèle animal. Mais on n’a toujours pas remplacé le modèle animal, si ce n’est dans des proportions dérisoires. Le nombre de méthodes alternatives validées à ce jour est éloquent : à peine une petite vingtaine depuis la création du Centre européen pour la validation des méthodes alternatives en 1993. « En réalité, contrairement à une croyance largement répandue, les méthodes de remplacement n’existent pas au sens propre. Il s’agit de méthodes d’appoint et elles sont peu nombreuses », confie le Pr Jean-Claude Nouët. Pourtant, la Convention européenne de 1986 précisait « « Les Etats sont résolus à limiter l’utilisation des animaux …en recherchant des méthodes de substitution et en encourageant le recours à ces méthodes ». Déclaration suivie par de nombreuses autres et que l’on retrouve même renforcée dans le droit français : le décret du 19/10/1987, modifié par celui du 29 mai 2001, autorise les expérimentations ou recherches pratiquées sur les animaux vivants à la condition primordiale « que ne puissent utilement y être substituées d’autres méthodes expérimentales ». Selon le Pr Jean-Claude Nouët : « Une hypocrisie puisque, en effet, il n’y en a pas ! On tourne en rond depuis 20 ans. Il faudrait une volonté politique qui n’a encore existé ni au niveau international, ni au niveau national. En France, aucune décision, n’a été prise aucun budget n’a été dégagé pour engager une politique de recherche et de validation des méthodes de remplacement. Les crédits de recherche vont ailleurs, pour divers motifs. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le sujet n’intéresse pas. »
Le programme REACH, plein de bonnes intentions en la matière, pourrait-il changer la donne ? On est en, droit de rester sceptique. En effet, ce programme, âprement défendu par tous les défenseurs de l’environnement, consiste à évaluer la dangerosité de dizaines de milliers de substances chimiques, dont 30 000 au cours des onze prochaines années. Or « l’acquisition de connaissances sur les propriétés des substances nécessite le recours à l’expérimentation animale », pour reprendre la formule pudique employée dans les communiqués…toutes ces substances seront donc inévitablement testées sur les animaux, générant un accroissement de l’expérimentation animale estimée à 3 % par les auteurs du programme. Afin de gommer ce point noir, ses responsables affirment que « Reach a été conçu pour maintenir ce recours au strict minimum (échange des données disponibles obligatoire, approbation préalable pour certains tests, consultation publique). Façon de se prémunir contre les réactions scandalisées des associations de protection animale. Et pour cause, comme le relève le Pr Jean- Claude Nouët, « c’est avec un certain cynisme qu’il y est affirmé que l’animal ne doit être utilisé que s’il n’existe pas d’autre méthode, et constaté quelques lignes plus loin que ces alternatives n’existent pas, ce qui aura pour résultat de multiplier les essais toxicologiques sur les animaux… »
Associations et fondations de protection animale ne sont pas pour autant près de baisser les bras. Dès 1984, la LFDA créait le Prix de biologie Alfred Kastler (en hommage au Prix Noble cofondateur de la LFDA), afin de stimuler et récompenser la recherche de méthodes alternatives, cependant que l’OPAL proposait un prix similaire, baptisé Amalthée. [….]
Enfin, il convient d’ajouter que les animaux invertébrés sont les grands oubliés des mesures de protection. Contrairement aux vertébrés, pour lesquels la législation fixe des limites en matière d’expérimentation, les invertébrés ne bénéficient d’aucune mesure de protection, en France et en Europe (à l’exception notable de quelques pays comme la Norvège). On peut actuellement leur faire subir impunément les pires sévices. Alors qu’ils regroupent le plus grand nombre d’animaux, les invertébrés demeurent méconnus. Déniés comme êtres sensibles, nombres d’entre eux ont pour tant des organes nerveux différenciés et des organes sensoriels : ils seraient capables de ressentir la douleur. Certains, comme les pieuvres, ont même des capacités d’apprentissage et un niveau de mémoire supérieurs à ceux de beaucoup de vertébrés. Afin de sensibiliser la communauté scientifique et les autorités à leur sort, la LFDA a organisé dès l’an 2000 un colloque sur le thème « Ethique et invertébrés à la faculté de médecine PitiéSalpêtrière (Paris) dont les actes ont fait l’objet d’une publication.
Grâce à son action, une directive actuellement en préparation devrait permettre à ces animaux d’être enfin protégés par la législation. […]
Le Pr Jean-Claude Nouët, partageant en partie l’avis du Dr Milhaud, précise que « Ce n’est pas dans le milieu de la recherche, hélas, que les animaux sont soumis aux plus mauvais traitements, mais dans l’élevage industriel. L’expérimentation animale est un problème extrêmement complexe, où droits de l’homme et droits de l’animal entrent en conflit, qui ne devrait pas être simplifié et qui ne peut assurément pas se régler à coup de slogans simplistes et trompeurs. » Pour le président de la LFDA cependant, « l’éthique, la science et la loi conduisent au remplacement de l’animal. Mais ce ne sera possible que quand les méthodes de remplacement nécessaires et suffisantes seront recherchées, multipliées, éprouvées et validées. Il faut pour cela une volonté politique et économique. En attendant, la carence des alternatives est supportée par des dizaines de milliers d’animaux. »

Humanité, animalité : quelles frontières ?
Le bon écho dans la presse d'un ouvrage de référence publié par la Fondation
Dans le semestriel La revue philosophique n°2 de mai 2008, Denis Forest analyse sans réserve l’ouvrage « Humanité, animalité : quelles frontières ? », publié en 2006 aux éditions Connaissances et Savoirs sous la direction de Jean-Claude Nouët, président de la Fondation LFDA, et de Georges Chapouthier, vice-président de la LFDA et directeur de recherche au CNRS.
« Ce recueil réunit majoritairement des contributions signées par des scientifiques et des juristes. Il est issu de trois colloques différents, abordant chacun une dimension particulière de la question de l’animalité. La première partie revient sur le problème traditionnel de la démarcation entre l’homme et l’animal, entendu comme problème théorique. Elle plaide tout particulièrement pour une prise en compte des travaux menés récemment dans plusieurs domaines. Si, en effet, l’animal se voit défini empiriquement par ce dont il est capable ou incapable, alors les progrès de l’enquête en éthologie cognitive, par exemple, peuvent amener à déplacer la frontière qui le sépare de nous : c’est ce que suggèrent par exemple les travaux récents de J. David Smith sur les capacités métacognitives présentes chez certaines espèces, comme les dauphins.
La seconde partie aborde la dimension normative et juridique du problème. Dans le contexte de la distinction fondamentale entre choses et personnes, la question du statut de l’animal est celle de la manière dont nous pouvons légitiment en user avec lui. Une telle question peut recevoir plusieurs types de réponses, puisqu’on peut très bien défendre à l’homme un certain comportement vis-à-vis de l’animal sans faire de ce dernier un véritable sujet juridique. L’article de Jean-Pierre Marguénaud montre ainsi le déplacement dans le droit français qui fait passer d’une législation qui vise à préserver les hommes du spectacle de la douleur animale (la loi Grammont sous sa forme initiale) à une législation soucieuse de protéger l’animal pour lui-même.
La troisième partie, la plus développée, porte sur les « frontières pathologiques » (on se souvient que Darwin lui-même tirait argument des maladies communes à l’homme et aux animaux dans the Descent of Man. Cette partie a évidemment pour contexte l’inquiétude suscitée par des épizooties comme la grippe aviaire. Mais elle concerne plus particulièrement la similarité des défenses anti-inférieures chez des espèces éloignées (voir la contribution de Patrice Debré sur l’immunité naturelle), et la validité des inférences à l’homme que l’on peut tirer de l’étude des maladies chez l’animal (l’animal comme source de modélisation et instrument indispensable à la recherche thérapeutique, plutôt que comme source de danger pour les populations humaines- voir en particulier la communication de jean- Luis Guénet).
Cet ensemble informé et stimulant ne suscite aucune réserve, mais seulement deux regrets. Le premier est que la parole ne soit pas donnée davantage aux tenants de la thèse discontinuiste, qui sont loin d’être entièrement désarmés dans un contexte qui leur est désormais moins favorable […]. Le second est que , pour traiter les questions connexes qu’aborde le présent recueil, un plus ample usage ne soit pas fait de la vaste littérature proprement philosophique qu’elle a récemment suscitée […] »
Le trimestriel Alliance Végétarienne n° 88 de juin 2007, en s’appuyant sur plusieurs citations, présente longuement le livre « Humanité animalité : quelles frontières ? » édité avec la concours de la Fondation LFDA.en s’appuyant sur plusieurs citations, présente longuement l’ouvrage « Humanité, animalité : quelles frontières ? », publié aux éditions Connaissances et Savoirs sous la direction de Jean-Claude Nouët, président de la Fondation LFDA, et de Georges Chapouthier, vice-président de la LFDA et directeur de recherche au CNRS.
« Ce livre réunit les contributions de trois colloques organisés en 2003, 2004 et 2005, consacrés aux frontières entre l’humain et l’animal non humain.
Dix-sept interventions tentent d’identifier ces frontières, aussi bien dans le domaine scientifique, philosophique, juridique que pathologique.
La conclusion est que la notion de frontière entre animalité et humanité est, dans tous les domaines, toute relative, au point que l’on pourrait se demander si l’on peut encore utiliser le terme de « frontière », lequel évoque une barrière, un fossé, puisque cet obstacle est fréquemment franchi, voire virtuel. En sorte que les frontières se révèlent être de simples constats de l’existence de « différences », et même de simples différences de « degrés » dans la présence de caractéristiques communes (Jean-Claude Nouët).
Assez ardu à lire(les auteurs sont des scientifiques de haut niveau et ne recherchent pas particulièrement la vulgarisation), cet ouvrage a le mérite de balayer en un peu plus de 200 pages des domaines qui sont rarement mis côte à côte : Regards sur la conscience animale ; Une nouvelle compréhension de la nature juridique de l’animal dans l’Europe élargi ; Pharmacopée des chimpanzés et autres espèces, etc.
Il porte aussi témoignage sur notre insensibilité profonde vis-à-vis du monde animal : s’ils entretiennent souvent leurs animaux domestiques, notamment les bovidés, jusque dans leur extrême vieillesse, ils n’auront pas scrupule , le moment venu à les vendre au boucher musulman du village ( Michel Hulin, in L’homme et l’animal dans la civilisation indienne) ;il est possible que dans le futur proche, nous ayons ironiquement à la fois une carte génétique du génome du chimpanzé, mais plus aucun individu à étudier (Sabina Krief in Pharmacopée des chimpanzés et autres espèces).
Mais, attention, l’ouvrage n’est pas systématiquement une défense et une illustration des droits de l’animal ;il est une interrogation de la part de chercheurs dont certains sont dans un système spéciste : […]la souris reste un merveilleux outil de modélisation car on peut modifier son génome presque à volonté[…]l’avenir permettra certainement de mettre au point des modèles de plus en plus fidèles pour la plupart des maladies de l’homme (Jean-Louis Guénet in Pathologies animales et modèles artificiels de pathologies humaines).
Le fait que la frontière s’estompe entre l’humain et le non humain n’est pas porteur de la même signification pour tout le monde…Il s’agit donc d’un ouvrage d’information « de fond », mais pas un recueil d’arguments militants.
La revue Nouvelles Rives Gauche n°320 de mai 2007, sous la forme d'une brève note, fait elle aussi état de cet l’ouvrage.
« Cet ouvrage rassemble les interventions d’une vingtaine de chercheurs, médecins, biologistes, juristes autour d’un thème qui semblerait plutôt être : les similitudes entre humanité et animalité. Pour ce colloque, les propos des scientifiques, illustrés par leurs observations et leurs expériences font ressortir dans différente situations la proximité que nous avons avec les comportements des animaux. Réaction face au stress, à l’enfermement, aux agressions extérieures.Nos comportements sont parfois saisissants de similitude. »
De son côté Animaux Magazine d’avril 2007 résumait ainsi le livre : « Cet ouvrage réunit les contributions de vingt et un spécialistes des sciences médicales, biologiques et humaines (médecins, vétérinaires, biologistes, philosophes et juristes) qui, lors de colloques organisés par la Ligue française des droits de l’animal, se sont penchés sur la question des frontières entre l’homme et l’animal.
Ce livre savant, mais à la lecture accessible pour le profane, montre bien que, grâce notamment aux évolutions intervenues dans le domaine des savoirs scientifiques, il n’y a pas réellement de barrière entre l’homme et les autres espèces animales, mais plutôt des différences de degré. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, et même si cela varie d’une famille animale à une autre, au plan de la maladie comme des aptitudes comportementales ou des capacités mentales, la continuité est grande entre l’humain et l’animal.
Cette avancée scientifique est amenée à révolutionner les rapports à l’animal domestique ou sauvage, tant au plan de l’éthique que du droit et pose bien la question fondamentale de la responsabilité de la société des hommes dans la sauvegarde des différentes espèces qui peuplent la planète et qui sont nécessaires à sa survie. »
La revue Biofutur d’avril 2007 rend compte de cette publication de manière détaillée :
« Humanité, animalité : quelles frontières ? Leur tracé a fait l’objet de trois colloques : frontières scientifiques et philosophiques, frontières juridiques, frontières pathologiques. La première n’est pas facile à tracer : la parenté anatomique a été confortée par l’éthologie et y la psychologie ; que faire de la ressemblance de leurs/nos blastocytes ? Avec l’observation des mutants naturels chez la souris et le chien, le génie génétique a exploité le similaire, alors que les résultats de la génomique se fondent sur des différences dans le cas des primates. On ne peut guère compter non plus sur la classification des structures sociales : quel est le rapport coûts/bénéfice de la vie en société ? Le passé animal a sans douté été aussi évolutif que celui des sociétés humaines : quel est le rendement du mode d’élevage dans les sociétés de mammifères : monoparental, en couple avec monogamie épisodique ou stricte, en harem ?
La conscience animale, relève de la phénoménologie de la conscience primaire. Celle de l’homme à la « métaconscience », (la conscience d’être conscient) : émergence facultative, non obligatoire de l’activité des neurones et sans doute phylogénétiquement tardive dans l’évolution.
On n’est pas plus avancés non plus sur les limites floues du naturel et du culturel, tout ce qu’on appelle ébauches ou protocultures : outils, outils d’outils, communication, protomorale chez certaines espèces.
Les frontières juridiques n’ont cessé de fluctuer : la loi Perben II du 9 mars 2004 et la création d’un passeport animalier (règlement communautaire 998/2003/CE) traduisent une véritable mutation juridique. La protection de l’animal domestique pour lui-même a été ratifiée par le Conseil de l’Europe.
La crise de réification reste non résolue, les animaux sont encore assimilés à des meubles ou à des biens. Grégoire Loiseau pense qu’il est peut-être inutile de bousculer l’ordonnancement contemporain. Bien meuble par nature, l’animal est le reflet de tout ce qui le sépare de l’humain, sans connotation avilissante. Valeur patrimoniale, il intègre de fait les circuits de l’échange et participe au commerce juridique. De plus, dans le cadre de l’amélioration de l’espèce, il peut faire l’objet de brevet d’invention.
L’animal s’est humanisé, les recherches scientifiques tablant sur des différences de degré et non de nature, mais le Code civil s’est laissé distancé par la réalité nouvelle.
Les frontières pathologiques sont peut-être celles qui ont été le mieux définies. Seules les espèces récentes ont acquis une immunité adaptative : elle a du reste permis la diversité des espèces, condition presque assurée de conservation. Si ce n’est que l’homme intervient une fois de plus pour brouiller les pistes, ouvrant la voie au viral traffic, au franchissement du seuil numérique, écologique et comportemental, autant de sorties du relatif confinement. Le brouillage peut être volontaire (par l’introduction du cheval de Troie de la transplantation ou translocation animal-hôte) dans un projet de recherche.
L’éthologie et la biopharmacologie n’ont pas manqué d’exploiter les réactions du chimpanzé, comme espèce charnière, mais son génome ne permet pas de répondre à la question : « Quel est le propre de l’homme ? ». En tout cas pas la médecine. Cette dernière exclusivité devient douteuse, car la zoopharmacognosie (comportement animal d’automédication), telle que l’utilisation d’aromathérapie, l’ingestion d’items non nutritionnels (géophagie, coprophagie), de plantes comme agents de détoxication ne semblent pas notre seul apanage.
Les auteurs semblent d’accord pour admettre que la notion de frontières, on est passé à celle de différence : les barrières disciplinaires sont relatives. Soyons gré à Jean-Claude Nouët et Georges Chapouthier d’avoir su faire converger des regards aussi spécifiques vers un même horizon, sans pour autant se livrer à des acrobaties rhétoriques ou militantes. »
Le journal du CNRS n°207 d’avril 2007 analyse également cet ouvrage : « De vieilles conceptions vacillent depuis quelque temps à propos des relations entre l’homme et l’animal et il apparaît de plus en plus en plus que le respect des animaux est lié à celui des hommes entre eux…Les contributions originales de vingt-et-un biologistes, médecins, vétérinaires, philosophes et juristes, montrent combien se sont estompées aujourd’hui les frontières scientifiques, philosophiques, juridiques et pathologiques érigées par le cartésianisme entre humanité et animalité et comment une importante évolution est peut-être en marche où des hommes tentant d’être pleinement responsables de leur propre devenir le seront de fait de tout animal de la planète et partant, de son environnement. »
Le site Internet du CNRS (à sa rubrique La recherche en sciences humaines et sociales, Librairie) et celui de IHPST (Institut d’histoire de la philosophie des sciences et techniques) de l’Université Paris 1, (à sa rubrique Philosophie), de leur côté publiaient en avril l’intégralité de la quatrième de couverture de l’ouvrage.
« Rassemblées dans cet ouvrage, les contributions originales de vingt-et-un biologistes, médecins, vétérinaires, philosophes et juristes, montrent combien se sont estompées aujourd’hui les frontières scientifiques, philosophiques, juridiques, pathologiques, prétendument infranchissables, que le cartésianisme avait voulu voir ou ériger entre l’humanité et l’animalité.
La récente et rapide évolution des connaissances dans les diverses branches spécialisées des sciences biologiques et médicales, aboutit au constat qu’il n’existe finalement entre l’homme et les autres espèces animales que de simples différences de degré dans la présence de caractéristiques, de maladies, d’aptitudes comportementales ou de capacités mentales communes, ébauchées chez certaines espèces et plus développées chez d’autres. L’ancienne notion de frontière cède la place à la notion de gradient. La question des frontières entre l’humanité et l’animalité se trouve ainsi reposée sous un angle complètement nouveau.
Après les levées des barrières conceptuelles, scientifiques et philosophiques, qui séparaient depuis des siècles l’homme des animaux, voici que s’entrouvrent à leur tour les barrières de l’Ethique et du Droit que l’on croyait définitivement fermées. Le respect des animaux se lie au respect des hommes entre eux. Une nouvelle appréhension juridique de l’animalité est sur le point de naître. De vieilles certitudes vacillent.
Ne sommes-nous pas finalement au seuil d’une importante (r)évolution dans l’histoire des rapports entre l’espèce humaine et les autres espèces animales ?
Orientera-t-elle les nouveaux choix à venir de la Société des hommes, devenue pleinement responsable non seulement de son propre devenir, heureux ou malheureux, mais aussi de celui de tous les autres animaux de la planète, de leur survie de leur bien-être ou de leur mal-être, qu’ils soient sauvages ou domestiqués ?»
Le bimestriel Les cahiers rationalistes dans son n° 587 de mars/avril 2007 présente pour sa part cette publication dans les termes suivants :
« Le dessin de ce livre est de monter combien se sont estompées les frontières qui séparent l’homme des animaux. Vingt et un biologistes, médecins, philosophes et juristes s’emploient à montrer qu’il n’existe finalement entre l’homme et les autres espèces animales que de simples différences de degré dans la présence de caractéristiques, de maladies, d’aptitudes comportementales ou de capacités mentales communes. Celles-ci sont ébauchées chez certaines espèces, plus développées chez d’autres. L’ancienne notion de frontière cède la place à la notion de gradient. Nous sommes bien loin de l’animal machine du cartésianisme.
Georges Chapouthier montre, tout particulièrement, combien sont floues les limites biologiques entre l’animalité et l’humanité, ce qui ne veut pas dire que l’homme soit un animal exactement comme un autre. Malgré une remarquable parenté génétique (près de 99 % de gènes en commun !), les sociétés humaines présentent dans le domaine culturel, des différences marquées avec les sociétés de chimpanzés car l’homme possède un cerveau puissant, lui-même fruit de l’évolution de la lignée de primates dont il vient. Cependant sur tous les points où l’homme manifeste une spécificité, il existe des ébauches dans l’animalité et notamment chez ses proches parents.
Tout naturellement il découle de cette notion que la levée des barrières conceptuelles, scientifiques et philosophiques qui depuis des siècles séparaient l’homme des animaux implique l’ouverture des barrières de l’éthique et du droit que l’on croyait définitivement fermées. Au même titre que l’homme, l’animal doit être respecté. De vieilles certitudes vacillent et une nouvelle appréhension juridique de l’animalité est sur le point de naître. Nous sommes sans doute au seuil d’une importante évolution de nos rapports à l’animal. L’animal, qu’il soit sauvage ou domestiqué, a des droits et nous devons les respecter. Il doit être protégé.
Un livre très riche qui éveille maintes réflexions ».
Par ailleurs, le mensuel « Bêtes et gens » n° 153 de mars 2007, faisait, lui, le compte-rendu suivant de l’ouvrage :
« Ces dernières années, la Ligue Française des droits de l’Animal a organisé une série de trois colloques sur le thème général : quelles frontières séparent l’humanité de l’animalité ? Un aspect particulier a été étudié chaque année. Toutes les conférences ont été données par des spécialistes compétents. Leurs exposés, parfois assez techniques, restent le plus souvent accessibles à des lecteurs cultivés. L’écrivain Jean Bastaire a parlé sur l’homme et la souffrance animale dans le christianisme.
Ce livre rassemble les contributions originales de vingt-et-un biologistes, médecins, vétérinaires, philosophes et juristes qui sont intervenus lors des trois colloques. Son plan suit l’ordre chronologique : -2003 : frontières scientifiques et philosophiques (six intervenants) ; -2004 : frontières juridiques (quatre intervenants) ; -2005 : frontières pathologiques (sept intervenants). Le professeur Jean-Claude Nouët a ajouté une conclusion.
Ce livre illustre bien la vigueur de la réflexion actuelle sur le monde animal. Il est vraiment dommage que la majorité des théologiens et des moralistes n’en aient pas encore pris conscience ? Ils puiseraient dans l’échange avec ces spécialistes de nombreux éléments pour enrichir l’enseignement de l’Eglise sur les animaux. Sans pour autant, comme moi-même, partager leurs convictions philosophiques qui ignorent la révélation chrétienne, ni admettre que les différences entre les espèces (hommes compris) ne sont que de degrés et non de nature. Mais comme le professeur Nouët, je me réjouis de voir que les barrières traditionnelles entre humains et animaux se soulèvent et qu’une nouvelle conception de leurs rapports voit le jour. »
L’hebdomadaire « La Dépêche vétérinaire », n° 930 du 10 février, de son côté, écrivait à propos de cet ouvrage : « Pistes d’une conscience animale, place des animaux dans les religions, statut juridique de l’animal ou encore évolution comparée des pathologies sont autant de sujets qui apportent au lecteur des arguments décisifs à une meilleure reconnaissance des droits de l’animal ».
Le mensuel « Le Monde diplomatique » de février 2007, quant à lui, dans un article du Professeur Gary L. Francionne, titré comme cet ouvrage, y faisait référence dans ces termes « Vingt et un biologistes, médecins, vétérinaires, philosophes et juristes montrent combien est ténue la frontière entre l’humanité et l’animalité. »
« La Lettre de l’OABA » n°1 de janvier 2007 de son côté écrivait « Cet ouvrage montre combien se sont estompés aujourd’hui les frontières scientifiques, philosophiques, juridiques et pathologiques, prétendues infranchissables entre l’humanité et l’animalité. Cet ouvrage ne manquera pas de susciter et de nourrir les réflexions de tout public ouvert aux questionnements pluridisciplinaires les plus actuels. »
Le bimestriel « La Voix des Bêtes » de janvier /février 2007, pour sa part, rendait compte de cet ouvrage ainsi : « Vingt et un articles de biologistes, philosophes, vétérinaires, médecins et juristes permettent de reconsidérer les rapports étroits qui existent entre les bêtes et leurs frères humains. Une réflexion profonde et intelligente sur notre nature essentiellement animale. »
Le Courrier de l’Ethique médicale, N° 1, 1er semestre 2007, résume ainsi l’ouvrage
« Humanité, animalité : quelles frontières ? Editions Connaissances et Savoirs .Rassemblés dans cet ouvrage, les contributions originales de vingt et un biologistes, médecins, vétérinaires, philosophes et juristes, montent combien se sont estompées aujourd’hui les frontières scientifiques, philosophiques, juridiques, pathologiques, prétendument infranchissables, que le cartésianisme avait voulu voir ou ériger entre l’humanité et l’animalité ».

Vers un label « bien-être animal » dans la grande distribution ?
Le journal du VRAC n° 57 de juillet-août 2007, consacre sous la plume de Didier Gazagne, un cahier juridique de 7 pages sur la nutrition animale qu’il conclut sur la proposition de la Fondation LFDA :
« […] si le bien-être animal ne constitue pas nécessairement le socle de la sécurité alimentaire, ce principe institue des mesures de contrôle sur l’alimentation des animaux et participe à réinstaurer la confiance des consommateurs. A cet effet, la Fondation Ligue française des droits de l’animal a demandé aux directions de la qualité des grandes chaînes de distribution françaises de créer, conjointement avec les producteurs de viande, de volailles et de produits d’origine animale, un label bien-être animal. Ce label est destiné à informer clairement les consommateurs du niveau de bien-être des animaux durant leur élevage. »
Le quotidien Le Berry Républicain- Centre France du 3 avril 2007 mentionne la proposition que la LFDA a adressée aux grandes chaînes de distribution :
« Il serait temps ! La Fondation de la Ligue française des droits de l’animal a demandé aux directions de la qualité des grandes chaînes de distribution, de créer conjointement avec des producteurs de viande, de volailles et de produits d’origine animale, un label « bien-être animal ».Il serait destiné à informer les consommateurs sur le niveau de bienêtre assurés durant leur élevage. Une enquête auprès des consommateurs montre qu’une majorité d’entre eux serait prêt à payer un peu plus cher pour les informations sur les conditions d’élevage. Un bon point pour le Cher : des éleveurs se sont déjà inscrits dans cette démarche. »
Le trimestriel « Terre de Provence » dans son numéro de mars/mai 2007, le mensuel
« Santé Pratique Animaux », n° 44 de février 2007, le bimestriel Echo Nature de janvier 2007 et le semestriel et « La Lettre de l’OABA » n° 1 de janvier 2007 ont publié intégralement le communiqué de presse du 16/10/06 de la Ligue française des droits de l’animal, dans lequel son directeur faisait état de sa demande aux directions de la qualité des 5 grandes chaînes de distribution françaises (Auchan, Carrefour, Casino, Leclerc et Monoprix) de créer, conjointement avec les producteurs de viande, de volailles et de produits d’origine animale, un label BIEN-ÊTRE ANIMAL. Ce label serait destiné à informer clairement les consommateurs du niveau de bien-être assuré aux animaux durant leur élevage, mais aussi durant leur transport et lors des procédures d’abattage. La Ligue française des droits de l’animal fonde sa demande sur deux arguments indéniables, l’un sociologique, l’autre économique. Voir Bulletin d’informations n° 52.
Le mensuel « Végétariens magazine » de mars 2007 et le mensuel « Cuisine actuelle » de février 2007 mentionnent également cette demande de la Fondation LFDA.

Gouvernés sans gouvernants
Sous ce titre, l’éditorial du bimestriel «La Voix des Bêtes» de janvier/février 2007 reproduit le message du président de la Fondation LFDA publié dans le Bulletin d’informations de la LFDA n° 52.

Une proposition de règlement européen sur le commerce des fourrures de chat et de chien contesté par un groupement inter associatif
Le bimestriel « Pharmavet » de mars/ avril 2007 et le mensuel « Animal Distribution » de janvier 2007, reprennent le communiqué de presse inter associatif du 19 décembre 2006 établi en commun par l’AFIPA, la Fondation Ligue française des droits de l’animal, la Fondation 30 millions d’amis, One Voice et la SPA, faisant état du courrier que ces associations avait transmis au Commissaire européen, Markos Kyprianou, pour exprimer leur désaccord sur l’article 4-alinéa 2 de la proposition réglementaire européenne visant à l’interdiction du commerce de la fourrure de chat et de chien dans la communauté. Cet alinéa prévoit en effet qu’il resterait licite de d’importer et commercialiser en Europe des fourrures de chien et de chat ou des produits dérivés dans le cas où l’animal ne serait pas abattu uniquement pour sa fourrure. Les associations craignent les éventuels effets pervers de cette dérogation qui pourrait par exemple susciter l’extension et/ou la multiplication d’élevages à d’autres fins (notamment alimentaires), alors que leur vrai but serait la production de fourrure. Des élevages pourraient se développer pour l’alimentation en Chine et exporter des fourrures en Europe. Ce groupement inter associatif avait par ailleurs sensibilisé l’ensemble des députés européens afin qu’ils déposent un amendement pour retirer cette clause dérogatoire au cas où la Commission européenne ne souhaiterait pas le faire.

Le foie gras maigrit
Le trimestriel Région Verte, n° 84 de janvier 2007, publie sous ce titre un communiqué du Professeur Jean-Claude Nouët, président de la Fondation LFDA :
« L’industrie française du foie gras a beau persister dans sa propagande abusive, elle ne peut nier ou cacher le sévices du gavage forcé. C’est exactement ce qui a motivé l’interdiction, déjà effective ou en cours, de la production de foie gras par de nombreux pays ou états, qui placent le respect dû à l’animal avant le profit commercial : Argentine, Autriche (6 provinces sur 9), République Tchèque, Danemark, Finlande, Allemagne, Irlande, Israël, Italie, Luxembourg, Norvège, Pologne, Suède, Suisse, Pays Bas, Royaume-Uni. Mais également aux Etats-Unis : Californie (en cours), villes de Chicago et bientôt de New-York. La France, reconnaît le cavage comme pratique culturelle ; on a l’exception culturelle que l’on mérite ».

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